Allons de l’Avent

Lumière d'Avent - DRAvec ce dimanche du Christ-Roi nous entrons dans les derniers jours de l’année liturgique. Dimanche prochain, il sera temps, pour chacun d’entre nous, d’orienter nos pas et nos cœurs vers l’événement clé de ce mois de décembre qui arrive : la fête de la Nativité. Dieu qui vient parmi nous est l’occasion de réfléchir sur la manière dont nous pouvons apporter Dieu à notre monde. Pour avancer dans cette question essentielle, la nouvelle Evangélisation, dont le Pape a fait une priorité, et celle de la Diaconie, le service du prochain, sont des outils précieux. Sachant qu’il nous revient de faire rayonner la justice et l’amour en ce monde en vue de la croissance du Royaume.
Ces derniers temps, l’actualité médiatique de l’Eglise a plus été centrée sur sa participation aux manifestations anti mariage pour tous qu’à alerter.  Elle a été peu entendue sur les sujets concernant de réelles urgences sociétales comme le budget européen et notamment le risque de voir le financement de l’aide alimentaire aux plus démunis se réduise en peau de chagrin ou bien encore cette question de l’hébergement des personnes qui dorment à la rue. Des initiatives existent ici et là comme dans le diocèse de Saint-Denis-en-France et bien sûr les mises à disposition de locaux par l’Etat aux associations spécialisées. Pour autant, cela fait des années et des années que ces lieux ouvrent et il y a chaque année davantage de personnes qui sont en demande. Lutter contre les précarités de ces hommes, femmes, enfants ressemble à s’y méprendre au mythe de Sisyphe.
Je fais un rêve
Je rêve que tous ces hommes et femmes qui ont défilé dans les rues pour/contre le mariage pour tous soient autant actifs pour défendre la dignité de leurs contemporains qui n’ont pour espérance que le bol de soupe offert le soir sous le métro aérien. A quand tant de buzz, tant de statuts facebook, de tweets… pour dire que cela suffit, qu’il est temps de trouver des solutions. Qu’il est scandaleux de laisser au XXIe siècle des personnes au ban de la société pour diverses raisons, bien souvent complexes. Peu importent ces raisons, cherchons ensemble professionnels, politiques, hommes et femmes de bonne volonté, les manières concrètes d’agir durablement.
Bâtir ensemble
Ce Jésus que nous portons dignement dans des ostensoirs richement ornés est le même qui, dans les Evangiles, est né au creux d’une mangeoire, sur la paille d’une étable. Les premiers pas de Jésus, Dieu incarné, est celui d’un exclu. Nulle part, il y avait de la place pour Marie et Joseph .Combien de « saintes familles » aujourd’hui frappent à la porte des auberges de notre temps et sont éconduits car ils ne sont pas dans un profil établi ? Il ne s’agit pas de faire de nos logements, des lieux d’habitation pour ces exclus mais de les aider à trouver un lieu qui soit leur chez eux. Cela passe d’abord par les considérer comme des hommes et des femmes à part entière. Comme chacun de nous, ils sont animés par des passions, ont le sens du goût… Nous serions sans doute très étonnés, si nous prenions vraiment le temps des les écouter, par leur bon sens et leurs connaissances. Cessons d’ajouter à leur précarité économique de la précarité culturelle. Par la culture, il y a sans doute un moyen de contribuer à bâtir avec eux un « vivre ensemble ».
Amener l’Evangile au monde
Entrer, au nom de sa foi en Jésus le Christ dans ce combat c’est aussi un moyen de vivre l’Evangile et de l’amener aux hommes et aux femmes de ce temps que nous rencontrons au quotidien. Ce témoignage par le concret est un vrai chemin pour l’annonce de la foi, comme l’a dit Claude Dagens, évêque d’Angoulême dans une conférence donnée récemment :

C’est donc à l’intérieur même de cette société, à l’intérieur de ses incertitudes, de ses fragilités et de ses peurs qui sont aussi les nôtres, que nous avons à croire au Christ Jésus, à le prier, à écouter sa Parole, à nous nourrir de sa vie et à témoigner de cette vie avec Lui.

Les banderoles et autres agitations sont de beaux exutoires à la colère mais rien ne remplacera jamais une action nourrie de la rencontre qui fera émerger ce huitième sacrement : celui du frère, de la sœur.
Missionnaire de la Joie
Ce temps de l’Avent qui va nous amener à Noël doit nous aider à tenir dans l’espérance que tout n’est pas vain, que cela vaut la peine de se battre avec ceux qui sont les plus fragiles. Apprenons du Christ à faire avec les personnes et non seulement pour elles. L’autonomie est source de croissance, sinon Dieu ne nous aurait pas créé libres. Aidons-nous à garder l’espérance chevillée au corps, elle est, elle aussi, source de croissance. Notre monde n’a pas besoin de prophètes de malheur, de chrétiens qui paraîtraient revêches ou même d’une Église qui passe pour être obsédée par les questions de sexualité. Nous avons besoin d’être des apôtres de la joie, que nous chanterons avec dynamisme dans le « Gloire à Dieu » des anges la nuit de Noël. Soyons prophètes, apôtres et missionnaires de la joie qui nous vient de Dieu pour chacun de ceux qui sont nos frères et sœurs en humanité.

6 réflexions sur « Allons de l’Avent »

  1. Super article…je le transfère à certains de mes contacts. T’es d’accords ? Mes enfants et quelques autres ok ? J’attends ton feu vert A demain
    Envoyé depuis un mobi

  2. La fragilisation de la famille depuis la fin des années 60 est la cause majeure de la précarité des individus isolés et abandonnés. Le projet de loi en cause ne fera qu’accentuer la perte de repères. En manifestant aujourd’hui contre cette loi on manifeste contre la pauvreté qu’elle risque encore d’engendrer. Il faut tenir les deux.

  3. Merci, je partage totalement, c’est ce que j’ai dit à plusieurs reprises sur mon blog: évidemment que le débat sur le mariage est essentiel; mais ne nous fait-il pas négliger d’autres débats tout aussi essentiels? Cordialement

Les commentaires sont fermés.