La joie de suivre le Christ est possible

Ce dimanche, la liturgie nous donne de réfléchir au sens des choses, au sens de notre engagement à la suite du Christ. Sommes-nous des chrétiens par choix, par foi, par tradition ou par loi ?Qu’est-ce qui fait notre essentiel dans notre quotidien de croyants ? Ce sont ces questions qui sont au cœur des lectures de ce dimanche. Nous sommes invités à prendre le temps de contempler le Christ, dans son agir pour faire le tri dans ce qui habite notre cœur. Nous y trouverons la direction pour continuer la route de notre vie dans la cohérence. Nous y entendrons la résonance à cet appel, reçu lors de notre baptême, avec ce que nous sommes profondément. Nous deviendrons alors davantage ressemblance du Christ.
Dans le récit de la rencontre de Jésus et de l’Homme riche, il est intéressant de noter que ce dernier interpelle Jésus alors qu’il est de sortie. Jésus n’est pas dans le temps, ni en train d’enseigner, il est sur la route avec ses disciples. Il est de sortie, au milieu du monde. C’est un appel pour nous à nous interroger sur notre identité de chrétien. Le sommes-nous seulement chaque dimanche ou lors des réunions de paroisse, mouvement etc ou habitons-nous cette identité ? Sommes-nous vraiment des femmes et des hommes qui ont le désir de suivre le Christ avant toutes choses ? Notre lien avec l’Église est-il coutumier, du ressort de la tradition ou est-ce pour nous une occasion de faire corps pour faire vivre le corps mystique du Christ ?
Respecter
Respecter la loi est confortable. C’est un garde-fou tranquillisant. Pour autant la relation avec le Christ n’est pas du ressort de la loi. La grâce n’est pas une récompense parce que nous avons fréquenté les sacrements et respectons à la lettre les codes et autres pratiques législatives de notre Église. Les sacrements sont là pour nous aider à rencontrer le Christ, ils sont la force qui consolide notre pauvre foi et nous donne l’élan pour être davantage missionnaires. Quant à la grâce, elle nous devance et nous précède.
Posséder
Pour suivre Dieu, il faut se décentrer, se déposséder de ce qui nous entrave plus spirituellement que matériellement. La pauvreté que le Christ exige de l’homme riche de l’Évangile est une libération de ce qui l’empêche de vivre une relation avec le Dieu de bonté. La bonté de Dieu est sa capacité à aimer au-delà de nos catégories humaines, de ce qui nous empêche d’avancer, de faire un premier pas vers la liberté. La bonté de Dieu est la consolation de nos tristesses à la condition que nous acceptions d’être consolés, réconciliés avec nous-mêmes. La bonté de Dieu, est comme son amour, permanente, mais il nous faut l’accueillir dans une radicalité de nos modes de vie, de pensée et d’agir. Nous pouvons bien faire l’expérience de Dieu mais si nous ne lui laissons pas un peu de place dans nos cœurs, dans nos vies ce ne sera qu’un beau souvenir et non un compagnonnage quotidien.
Pour suivre le Christ nous avons besoin de plus de joie et moins de loi. La Joie de Dieu se dit dans la loi de l’Amour, dans ce regard de tendresse que le Christ pose sur chacun de nous. Cet intérêt personnel pour nous du Fils de Dieu est un appel à poser, par nos yeux et par nos vies, un regard d’amour sur les autres. Reconnaissons sans mal que c’est difficile et que nous avons vraiment besoin de nous convertir, de changer notre regard. Demandons donc cette grâce au Seigneur dans notre prière . Qu’il transforme nos impossibles en possibles et nous permette de trouver au cœur de nos jours ce qui fait sens, ce qui est du côté de la vie, de cette vie que le Christ est venu nous donner en abondance.