Le baptême du Seigneur : témoignage de l’Amour du Père

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Aujourd’hui, nous fêtons le baptême du Seigneur. C’est, en quelque sorte, l’inauguration de son ministère public. Ce baptême, qu’il reçoit de son cousin Jean-le-Baptiste, est le témoignage de son intimité avec le Père. Il veut s’en recevoir. Le Christ se laisse conduire par l’Esprit, qui est cette communion entre Lui et le Père, pour entrer dans le même chemin que ses contemporains. Il se situe au milieu d’eux. Le Christ est certes devant nous, pour nous guider, mais aussi au milieu de nous pour nous aider à devenir un peuple témoin de l’Amour et de la douceur de Dieu.

Invitation

Dans la première lecture, nous entendons quatre fois « Venez ». Nous sommes invités, par les paroles d’Ésaïe, à entrer dans la gratuité de Dieu. Sa grâce n’est pas l’affaire d’un commerce sonnant et trébuchant. Nous n’avons pas à payer Dieu, ou qui que ce soit, pour recevoir ses bonnes grâces. Son Amour est gratuit et débordant. Il ne tient qu’à nous d’entendre cette invitation et nous déborderons de viandes savoureuses, de bons vins… Mais, surtout, nous entrerons dans une qualité de relation qui forgera notre témoignage.

Témoignage

Vouloir suivre Jésus, ce n’est pas suivre un catéchisme ou des vérités de foi. C’est d’abord entrer dans un compagnonnage avec Celui qui s’est fait l’un de nous. Ce qui peut nous mettre en route, ce sont d’abord des femmes et des hommes qui nous transmettent leur témoignage de leur rencontre avec le Christ. C’est cette histoire singulière qui peut nous conduire à découvrir Dieu. Il ne se dit que dans les interstices d’une rencontre. La Parole de Dieu vient nous raconter l’histoire de la rencontre entre Dieu et de son Peuple, par le témoignage inspiré par l’Esprit. Il est cette personne qui parcourt la Parole de Dieu. Il est Celui qui révèle la Paix de Dieu, Celui par lequel le Fils, le Christ notre Seigneur, est aimé. L’Esprit est la boussole qui dirige l’action du Fils en communion avec le désir du Père.

Baptême

Cette scène du baptême du Seigneur, nous pouvons prendre le temps de la contempler. Jésus est au milieu de la foule qui veut se faire baptiser. Jean baptise ceux qui se présentent à lui et les exhorte à changer de vie. Il les baptise dans la promesse d’un don plus fort. Nous connaissons la radicalité de Jean. Sa rusticité est à la l’image de la rigueur de sa prédication. Il a été saisi par Dieu pour préparer la route du Fils. Mais  il est le premier surpris de la simplicité de Jésus. Cet homme qui se présente, comme les autres, vient demander d’être plongé dans la force de Dieu.

Humilité

Étonnante humilité que cette posture du Christ qui vient perturber le ministère baptismal de Jean. Cela peut nous rappeler ces paroles d’Élisabeth, sa mère : « D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? ». Cette rencontre in utero des deux cousins était la propédeutique à ce baptême. Le « Je ne suis pas digne de m’abaisser pour défaire la courroie de ses sandales » en est l’accomplissement. Nul n’est digne du Christ, si nous prenons les catégories humaines. Dieu demeure Dieu et est, par définition, l’au-delà de tout. Pourtant, le Dieu dans lequel nous avons mis notre foi, vient rendre caduque cette inaccessibilité.

Proximité

Le témoignage de l’Évangile nous fait saisir qu’il est un Dieu de proximité, d’humanité et d’humilité. « Un Dieu qui s’est fait homme pour que l’homme se fasse Dieu », selon la célèbre phrase d’Irénée de Lyon. Pour preuve, le témoignage d’amour du Père à son Fils lors de ce baptême. Les cieux qui se déchirent sont le signe de l’ouverture du Royaume de Dieu aux Hommes. Comme Dieu nous a rejoints en son Fils, lors de la Nativité, il vient aujourd’hui nous offrir le don de l’Esprit. Depuis Noël, Dieu, en son Fils, a noué avec nous une alliance irrévocable. Rien de ce que vit le Christ n’est étranger à l’Homme. Il vient assumer pleinement son projet de création et le transformer en vivante offrande à la louange de sa Gloire.

Adoption

Avec le Christ, nous sommes nous aussi plongés dans l’eau du Jourdain. Ce baptême qu’il vit aujourd’hui est une préfiguration de celui que nous avons reçu. Nous avons été plongés dans l’Amour de Dieu, c’est le sens du mot « baptême », et nous sommes devenus ses enfants adoptifs, comme nous le rappelle la prière d’ouverture de ce dimanche. Notre baptême, tout comme Celui du Christ, a eu lieu un jour du temps. Mais ce n’est pas un événement révolu. Certes, il y a la célébration en tant que telle, mais sa réalité demeure au-delà du temps.

Vitalité

Cette vitalité de notre baptême doit nous conduire à devenir, pour les femmes et les hommes de ce temps, un vibrant témoignage de l’Amour de Dieu. Notre baptême, à l’image de celui du Christ, est un envoi en mission. C’est une consécration de la réalité de notre filiation divine. Alors, aujourd’hui, réjouissons-nous d’accompagner le Christ dans son baptême. Réjouissons-nous d’entendre le témoignage d’amour du Père à son Fils, par la venue de l’Esprit, comme nous invite Jean dans la seconde lecture. Entrons, poussés par l’Esprit, dans le projet d’amour de Dieu.

Acceptons l’invitation qui nous est faite par le prophète Ésaïe dans la première lecture d’être associés au festin de Dieu. Que l’Eucharistie renforce et réaffirme notre participation à la divinité du Christ. Qu’il nous aide à déployer, au cœur de ce monde, dans le service désintéressé des uns et des autres, la grâce reçue lors notre baptême pour la plus grande gloire de Dieu et le Salut du monde.