Lutter contre le mal qui rôde

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Lutter contre le mal qui rôdeCe 16e dimanche ordinaire se poursuit avec les paraboles agraires de Jésus. Après la parabole du semeur de la semaine dernière, c’est celle du « bon grain et de l’ivraie » et du « grain de moutarde » que nous sommes amenés à méditer ((Mt 13, 24-43). C’est en fait le mystère du mal et celui du don de la foi que nous pouvons creuser ce dimanche. Avec le « bon grain », nous entrons dans l’assurance que Dieu nous a créés fondamentalement bons, à sa ressemblance. Notre mission est d’établir son Royaume en ce monde et en ce temps.

Liberté

Cette liberté est telle que même le mal est libre dans sa perversité. Mystère de l’amour de Dieu qui permet qu’il soit porté atteinte à sa création. Le paroxysme est que ce qui lui porte atteinte est cela même qu’il a été créé. L’ivraie de l’Évangile de ce dimanche en est comme l’illustration parfaite. Mais alors comment faire ? Même si l’Homme crée est bon, il est à la fois capable de Dieu et capable du mal, est-il condamné à la dualité dans son action ? Peut-être alors faut-il nous en remettre à l’Amour incommensurable de Dieu.

Promesse

Son Alliance est une promesse sans date de péremption. Elle est comme la graine de moutarde, invisible et pourtant capable d’aider à faire croître et germer. Même si nous pouvons être en proie au mal, que nous commentons et que nous rencontrons, gardons au cœur une des caractéristiques de Dieu : sa miséricorde. Les premiers mots du psaume de ce dimanche nous le rappellent : « Toi qui es bon et qui pardonnes, plein d’amour pour tous ceux qui t’appellent ».

Espérance

Nous ne devons donc jamais désespérer de la dynamique de l’amour de Dieu, de la force de son Esprit qui nous aident à dépasser l’étroitesse de nos vies. Il vient nous insuffler les mots, les manières de vivre et de parler pour être en harmonie avec son désir. Si nous prenons le temps d’écouter les mots que Dieu sème dans notre cœur, si nous sommes attentifs aux signes des temps, nous pourrons lutter contre le mal.

Action

Contempler la vie de Jésus, sa manière de se comporter, peut aussi nous donner des indices sur notre manière d’être. Il peut être facile d’utiliser sa force, sa domination, sur ceux dont nous avons la responsabilité. Pour autant, est-ce une manière digne d’être des « fils du Très Haut ». La douceur – qui n’est pas la mollesse, l’empathie et l’attention à l’autre sont des attitudes qui plaisent à Dieu. Avec elles, nous il est possible de construire davantage le Royaume de Dieu. Nous pouvons ainsi devenir  ces « théophores » (porteurs de Dieu) conférés lors de notre baptême.

Conversion

Cette manière de procéder, de vivre, est de l’ordre du combat spirituel, de la conversion permanente à laquelle Dieu ne cesse de nous appeler. Cela nous aidera à faire de l’ivraie de nos vies, un ballot que nous pourrons brûler au feu de l’amour de Dieu. Rien ne lui est impossible, mais il choisit de faire de nous ses coopérateurs pour rendre cet impossible, possible.

Temps

Nous trouvons, sans doute, que les effets de sa grâce sont longs. Nous aimerions, peut être, qu’il agisse de manière quasi-magique et fasse disparaître les effets du mal du monde et de nos vies. Nous serions alors semblables à Lui mais il nous manquerait le cœur de son œuvre créatrice : la liberté. N’essayons pas de nous changer d’une manière volontariste, nous risquerions de louper notre cible. Apprenons à d’abord compter sur la grâce de Dieu pour nous aider à identifier le mal de notre vie.

Ce répons de l’office des lectures que nous propose la liturgie de ce dimanche peut nous aider à lutter contre le mal qui rôde tel un lion à la recherche de sa proie : « Menez une vie digne de l’Évangile, fermes dans un même esprit, luttant d’un cœur unanime. Sans vous soucier de vos propres affaires, ayez à cœur celles de vos frères, à l’exemple du Christ Jésus. »

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