Rejoindre la joie de Dieu

Nous entrons ce dimanche dans le dernier du temps ordinaire. Dimanche prochain sera le dernier de l’année liturgique et nous célébrerons le Christ-Roi de l’Univers. Aujourd’hui l’Église nous donne des textes qui nous parlent des derniers jours du temps et nous demande d’être vigilants à contempler pour discerner les signes des temps. Les apocalypses, ce qui veut dire, révélation, que nous font percevoir le prophète Daniel, dans la première lecture, et Jésus dans l’Évangile, ont de quoi nous surprendre. Les temps décrits par Daniel semblent être bien noirs et bien inquiétants et la venue de l’archange Michel n’a rien de bien rassurant non plus.

Enracinement

Ces temps ont déjà eu lieu au long de l’histoire humaine et ceux qui viendront ne seront pas plus paradisiaques. Le monde dans lequel nous vivons ne pourra se transformer qu’à la condition que des femmes et des hommes continuent de se lever pour faire luire la lumière de l’espérance. Des femmes et des hommes enracinés en Christ, qui auront au cœur le souci de témoigner de manière active qu’il est le sauveur du monde ; qu’il transforme toute peine en « débordement de joie et éternité de délice, comme nous le dit le psaume 15. C’est de cette intelligence, cette compréhension du mystère de l’amour de Dieu dont nous parle le prophète Daniel dans la première lecture. Elle doit être radicalement au service du peuple de Dieu, des femmes et des hommes de ce temps qui cherchent continuellement sens à leur vie. Ils cherchent ce qui peut les faire tenir dans ce monde en plein bouleversement. Sachant toutefois que notre monde n’est ni pire, ni meilleur que celui d’avant. Il est ce lieu où doit se dire l’espérance chrétienne, où la justice doit être le souci constant de nos relations et où la charité doit présider à tous nos choix et toutes nos décisions.

Offrande

Ce monde nous avons, nous les chrétiens, à l’offrir dans chacune de nos Eucharisties. Elles sont le lieu où nous y amenons notre vie, ce qui fait notre quotidien avec ses joies, ses peines, ses tristesses et angoisses. Cette offrande de nos vies devient, par le don de l’Esprit, corps et sang du Christ, vie de notre monde en devenir. Cette sanctification de notre quotidien, par la mémoire de l’unique sacrifice du Christ célébré dans l’Eucharistie doit nous conduire à la Joie. Dieu parmi nous, nous réconcilie avec la Joie, transforme notre grisaille en une « multitude d’étoiles qui brillent pour toujours » comme nous dit le prophète Daniel dans la première lecture. Ce don du Christ dont se fait écho l’épître aux Hébreux doit nous amener à comprendre l’Eucharistie non comme un rassemblement de pécheurs mais celui de pécheurs pardonnés.

Pardon

Ce pardon, offert une fois pour toutes, doit nous aider à marcher dans la joie de l’Amour de Dieu. Notre péché est bien plus souvent un manque de joie, un manque de foi en la folle espérance que Dieu nous aime radicalement et inconditionnellement. C’est de cela qu’Il vient nous pardonner. Nous n’avons pas assez foi en Lui pour aimer ce monde comme Dieu l’aime. Difficile d’être aimé par un tel amour ! Laissons-nous rejoindre par Celui qui a tout donné sur le Croix pour nous aimer passionnément. Un amour qui dépasse toutes nos croix pour les conduire vers la plénitude de la joie de la Résurrection.

N’attendons pas un jour favorable, demain pour nous confier à l’Amour de Dieu, pour vivre notre vie, toute Eucharistie comme une occasion de rendre grâce, de nous réjouir de la proximité de Dieu. Offrons-lui nos journées, dans une humble prière, pour que par Lui, avec Lui et en Lui, elles soient transformées en « vivante offrande à louange de la Gloire de Dieu » ; en plénitude d’une joie qui ne passe pas.