Resplendir de la lumière de l’Étoile

Nous sommes encore dans la joie de Noël et toujours invités à contempler le verbe fait chair par amour du Père pour nous. Ce dimanche, nous fêtons l’Épiphanie, la manifestation glorieuse de Dieu à toute l’humanité. C’est encore une fête de la joie. Même si pour beaucoup c’est le partage de la galette – ce qui est une bonne chose – c’est d’abord une invitation à manifester au monde notre foi chrétienne. Dieu, en ce son Fils, est venu rendre témoignage à la gloire de Dieu pour qu’éclairés de sa lumière nous en vivions au cœur du monde. La venue de Dieu en notre monde est un envoi en mission. Il s’agit d’une invitation à se mettre en route, comme le firent les mages, pour chercher l’étoile qui nous conduira vers le Christ, lumière du monde.

Rencontre

Les mages qui ont pris la route vers Jésus s’attendaient à rencontrer un fils de roi d’où leur visite à Hérode. Ils ne se sont pas trompés dans leur compréhension de la prophétie mais le « roi des juifs » est un humble petit enfant couché dans une mangeoire. A l’Épiphanie, dans le déplacement des mages – symbole de toute l’humanité – Dieu vient nous dire qu’il n’est pas Celui que nous pensons. Il est toujours cet « autre » sur lequel nous ne pouvons mettre la main car il nous dépasse. Dieu est toujours devant pour nous guider, nous éclairant de sa lumière qui nous invite à marcher, à prendre la route sans trop connaître les détails du chemin.

Sacrifices

Qui aurait pu penser – sinon Dieu – que son Fils naîtrait dans le « dernier des chefs lieux de Juda » dans un mangeoire au cœur d’une étable. Voilà ce « roi » recherché par les savants aux bras débordants de cadeaux. Nous pouvons y entendre un appel à revenir à la racine même de notre foi et nous interroger sur ce que nous y cherchons ? Est-il un « dieu » à amadouer avec des cadeaux et des richesses, qui se satisferait de nos sacrifices apportés comme pour l’apaiser ? Est-il un « tout puissant » jetant son courroux sur des « mauvais serviteurs » ou bien plutôt un Dieu humble, patient et miséricordieux qui attend que notre cœur se dévoile de sa tristesse, de sa suffisance, de sa grisaille ? Nous avons tous des représentations diverses de Dieu. Il nous faut cependant revenir toujours à l’Évangile pour le découvrir différent. Laissons nous surprendre par sa lumière qui veut briller au cœur de nos nuits pour nous remplir de Joie et partir annoncer sur nos lieux de vies sa Bonne Nouvelle.

Amour

Laisser Dieu nous rejoindre au quotidien voilà un beau défi pour cette nouvelle année. Se laisser toucher par sa présence, par sa grâce que nous avons à accueillir chaque jour. Nous laisser rejoindre par le don de sa grâce qu’il ne cesse de nous offrir comme la myrrhe, l’or et l’encens des mages. Accepter que Dieu se donne dans la discrétion ; voilà le message de cette Épiphanie qui se dit comme en ombre chinoise. Nous pouvons essayer de tout posséder mais nous ne posséderons jamais Dieu car il se donne par amour. Ce don dépasse nos jalousies et déplace nos stratégies. Nous le voyons bien dans le songe des mages. Dieu se dit dans nos repos pour nous apporter le répit et nous indiquer la direction de la vie, de sa vie qui consiste à demeurer, avec Lui pour et avec les autres.

La lumière de l’étoile a permis aux mages de rejoindre Jésus. Prenons le temps en ce jour de faire mémoire de toutes ces étoiles passées ou présentes qui nous ont aidés ou qui nous aident à nous mettre en route pour découvrir Jésus. Cette découverte nous fait devenir partie prenante de la lumière de Dieu et nous appelle à conduire les femmes et les hommes de ce temps vers la resplendissante clarté de son aurore.