Prier ce n’est pas jouer avec la laïcité

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A quelques jours de la fête de l’Assomption, le 15 août, je reviens pour les chrétiens de gauche sur la  » Prière pour la France » proposée par André Cardinal Vingt-Trois, archevêque de Paris à ses frères dans l’épiscopat.
Beaucoup d’avis ont été postés sur le net à ce propos, souvent de façon caricaturale ou polémique. Il est difficile de se contenter d’une telle position ; les évêques ne cherchent pas à faire de cette prière un sujet politique mais à aider les catholiques à unir leur prière devant tant d’enjeux cruciaux pour l’avenir de notre société et de notre pays.
Ce sont quatre intentions de prière que propose le cardinal Vingt-Trois. Elles sont assez classiques dans les thèmes abordés et ressemblent à celles prononcées chaque dimanche. Soulignons que la première d’entre elles concerne tous ceux que la crise touche. Le devenir des hommes et des femmes de ce temps est aussi le souci de l’Eglise, et donc des évêques. Certains ont, à plusieurs reprises, exprimé leur préoccupation à cet égard. L’Eglise, par ses évêques, est pleinement dans son rôle lorsqu’elle défend la solidarité et la justice.
Certes, elle n’a pas de légitimité « démocratique » comme le dit le Secrétaire national du Parti radical de gauche en charge de la laïcité, Pascal-Eric Lalmy. Mais l’Eglise est porteuse des paroles de l’Evangile où Dieu se révèle comme l’ami des pauvres et des petits, alors comment pourrait-elle ignorer ceux qui sont les victimes d’une économie davantage tournée vers le profit que vers le service de l’homme ?
Ensuite, c’est la vocation de l’Eglise, peuple de Dieu, de prier. Alors pourquoi lui reprocher ce qui est dans sa nature ? C’est donc un faux procès qui est fait ici par le PRG. L’Eglise n’est pas et n’a pas à être le bouc-émissaire d’une laïcité mal comprise.
La suite est A la table des chrétiens de gauche

Splendeur de l’Amour de Dieu

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Pendant les quarante jours où nous nous préparons à la fête de Pâques, nous sommes invités à entrer avec le Christ dans sa Passion. Chemin d’humanité, chemin de vérité, chemin d’authenticité qui nous invite à mieux le connaître et mieux l’aimer, mais aussi à découvrir davantage combien nous sommes souvent prompts  à lui tourner le dos.

Il y a toujours un avenir avec Dieu
Il y a toujours un avenir avec Dieu

Lorsque nous prenons le temps de regarder les événements qui conduisent Jésus à sa Passion et sa Résurrection nous pouvons être étonnés du comportement des foules, voire scandalisés par leur manque de constance et leur retournement, leur renoncement à leur foi très rapide. Ainsi, lorsque Jésus entre solennellement à Jérusalem (Lc 20), il est accueilli en Messie, la foule l’acclame, nappe de manteaux le chemin qu’Il emprunte assis sur l’âne royal. Quel enthousiasme, quelle consécration, Jésus est enfin accueilli comme il se doit, pouvons-nous penser. Cependant, l’Evangile n’est pas un conte de fées, avec un happy end, il est puissance de contestation de nos comportements et de nos fonctionnements complexes.
En effet, Jésus, dans ce passage, ne fait pas de triomphalisme, il demeure pleinement dans sa mission prophétique et nous renvoie à notre propre réalité. Ce qui compte, ce n’est pas de le célébrer avec tambours, trompettes et acclamations, c’est juste de l’accueillir pour recevoir la joie et la consolation. Sa Parole nous dérange souvent, même les pharisiens veulent le faire taire, mais il nous fait saisir qu’elle vient d’ailleurs, qu’elle est vie, force, dynamisme. Il n’est pas possible de taire cette Parole qui est acte, et qui veut nous construire en maison de paix, en rempart contre l’injustice, le mensonge et l’égoïsme. Accueillir Jésus, tel qu’il est, même dans ce qui me dérange, c’est être en mesure d’accueillir l’autre tel qu’il est, dans la simplicité du quotidien. Mais, pour cela, il nous faut nous enraciner dans la constance d’une foi en Dieu, en ce Dieu fait homme qui ne cesse de nous appeler à devenir sa ressemblance (1 Jn 3, 2). Ce n’est pas plus facile pour nous aujourd’hui, que pour les disciples  de Jésus qui vivaient avec lui au quotidien.
Quelques versets plus loin, nous prenons conscience de la versatilité des contemporains de Jésus. Une foule vient l’arrêter et parmi elle, Judas, un de ses intimes, de ses compagnons de chemin. Quelle déception doit habiter Jésus, mais au lieu de s’y appesantir, au lieu de lui faire un reproche, lui rappelant sa condition de disciple, Jésus le remet devant ses responsabilités : « c’est par un baiser que tu trahis le fils de l’homme » (Lc 22,48). Même comportement devant les gardes qui veulent l’arrêter manu militari. Jésus ne cesse de remettre l’homme devant ses inconséquences, ses contradictions. Il met en lumière la fragilité de nos prises de position, non pour les condamner définitivement et nous y enfermer mais pour nous inviter à nous appuyer d’abord sur Lui (cf . ps 8, 5). Là, est la pierre de fondation, sur le Christ, sur sa Parole qui nous invite à regarder plus loin, à oser affronter nos peurs, nos doutes, nos questions. L’apôtre Pierre ne s’y est pas trompé, lorsqu’il a pleuré, après s’être rendu compte qu’il avait trahi son maître et ami. Pierre comme Judas a trahi, mais la différence est que le premier s’en est repenti, ses pleurs et son mouvement en sont le signe. Pierre prend conscience de l’importance de la Parole du Christ et en la faisant sienne accepte de sortir de son refus, d’assumer son appartenance au Christ. Il y a toujours un avenir avec Dieu, il suffit d’accepter de lui faire confiance, de se remettre devant lui, à l’écoute de sa Parole.
C’est cela la puissance de Pâques, l’ouverture à l’inouï de la splendeur de l’Amour de Dieu. Il ne cesse de venir en notre monde, en nos vies, afin de les transformer, les transfigurer, les inonder de sa lumière jaillissante. Cette lumière du matin de Pâques nous fait tenir dans les difficultés, les doutes, les désespoirs car elle vient nous remettre debout, nous ressusciter.