Chemin d’Avent

christmas-507818_960_720Pour la partie francophone du Réseau Mondial de Prière du Pape, j’ai rédigé une méditation, notamment tout au long du temps de l’Avent, parue sur sa page Facebook, je vous propose de les retrouver sur ces pages :

La joyeuse attente

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Ce troisième dimanche de l’Avent est le dimanche de la Joie. Cette Joie que nous goûterons dans la nuit de Noël ; celle de savourer que l’Amour de Dieu va jusqu’à nous offrir son Fils pour nous sauver de nos tristesses, de nos insatisfactions, de nos attentes impatientes. C’est d’ailleurs la question centrale de ce dimanche, celle de l’attente. Les disciples de Jean-Baptiste interrogent Jésus : « Es-tu Celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre » ? Cette question Jésus la retournera à ses disciples en leur demandant « Pour vous qui suis-je » ?
Interrogations
Nous qui connaissons Jésus que par la foi, l’enseignement de l’Église et le lecture priante de la Parole, avouons que nous nous interrogeons sur Lui. Pourquoi si Dieu est le Sauveur tant de mal dans ce monde ? Où est cette Joie promise par les Prophètes et annoncé par Jésus ?

Peut-être est-ce parce que nous manquons de foi et de confiance dans la force de l’Esprit.

Missionnaires
Demandons à Dieu d’être davantage signe de sa force, d’espérer contre toute espérance afin de devenir ces missionnaires de l’impossible. Ne laissons pas notre zèle missionnaire être arrêté par des contingences humaines, mais avec l’humilité qui nous vient nous Seigneur, annonçons par nos vies que l’Espérance en Lui ne déçoit pas. Que la lumière du Christ qui vient nous réchauffer, déploie notre dynamisme à la louange de gloire de sa grâce (Ep 1).
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Méditation pour le quatrième dimanche de l’Avent – A >>

 

Ainsi soient-ils : Amour, soutane et compassion

Le Jeudi 22 octobre 2015 ont été diffusés les derniers épisodes de la série culte d’Arte : Ainsi soient-ils. Au fil des épisodes nous avons fait route avec des jeunes hommes sentant en eux le de désir rejoindre les hommes et les femmes de ce temps au travers du presbytérat. Du séminaire aux premiers temps de leur exercice ministériel nous avons pu parcourir leurs difficultés et être confrontés aux difficultés, joies, questionnements, conversions de ces hommes devenus prêtres. Sur ce chemin, ce sont aussi des visages d’Église qui nous ont été présentés au travers de cette fiction ô combien réaliste…
Engagement
ainsisoientilsDu séminaire des Capucins aux couloirs de la Conférence des Évêques de France en passant par ceux de Rome ou de presbytères peu accueillants, voilà le décor d’Ainsi soient-ils. Nous pouvons nous étonner par cette atmosphère parfois complotiste où la foi et l’attachement au Christ sont loin. Ou bien encore par ces moments d’hésitation, de retournement intérieurs de nos séminaristes avec leur passé ou de ceux qui ont charge de gouverner l’Église. Des histoires d’amour, de passion… des histoires d’hommes et de femmes qui cherchent un sens à leur engagement au cœur de leur humanité.
Nous pouvons bien sûr juger tel ou tel qui semble « infidèle » à son célibat ou bien se dire que ces fragilités sont belles car nous appellent et nous invitent à relire, revisiter les nôtres. Quel appel fait jaillir en nous cet amour de Yann avec Fabienne, la quête du père Bosco avec son amie magnétiseuse qui lui redonne vie et espérance et en même temps qu’une nouvelle appétence pour la rencontre ? Même les errements du père Abel avec sœur Antonietta sont signes de cette humanité partagée avec ceux qui sont dits « mis à part » du fait de sacrement de l’ordre….
Cette série, qui reste une fiction, est pourtant bien réaliste quant aux combats – gagnés ou même perdus – d’hommes, de femmes appelés à vivre une certaine radicalité dans l’engagement.
D’aucuns dans doute s’en offusquent trouvant scandaleux que l’Église soit une fois de plus décriée au travers d’affaires de pédophilie, d’homosexualité, de secrets d’alcôves sous couvert de soutanes rouges, violettes ou blanches… mais, malheureusement, c’est peu ou prou la vérité. Ainsi soient-ils, pour autant, ne vient pas jeter l’opprobre sur l’Église, ne se focalise pas sur les faits mais vient nous inviter à partager une expérience, à rencontrer, au travers de la caméra, des situations concrètes qui ont été, sont et seront vécues par des vrais gens et pas seulement au cinéma.
Amour
Ainsi soient-ils est une série qui ne fait que parler d’Amour. Amour de Dieu, Amour de l’Église, Amour des uns et des autres, Amour du pouvoir… Nous voyons bien en regardant cette série que rien de ce qui fait la vie des hommes et des femmes de ce temps n’est étranger à ces gens d’Église. La passion du père Fromenger pour aider les séminaristes à choisir par eux-mêmes ou celle de son conseil pour la règle et le dogme nous confrontent à nos propres passions au regard de nos contradictions. C’est une invitation à toujours chercher au plus profond de nous ce qui nous fait vivre davantage en faisant, parfois, fi de la règle. Car, comme Bernanos l’écrit dans Le dialogue des Carmélites : « Ce n’est pas la règle qui nous garde, c’est nous qui gardons la règle ».
Au cœur de cette passion du pouvoir, qui semble être le fer de lance des couloirs de la Conférence des Évêques de France, ou dans le désir d’une Église plus « humaine et plus proche » voulue par le père Fromenger et ses amis, nous voyons s’opposer deux visons de l’Église mais un seul et même mouvement : celui de rendre le Christ présent.
Tensions
Cette Église, que l’on soit proche de l’une ou l’autre vision, peut soit nous faire horreur, soit inviter à nous laisser habiter par nos tensions. Par exemple : pour Yann ,dénoncer son curé pédophile et vivre avec l’amour de Fabienne ; vivre son sacerdoce en cohérence avec son homosexualité pour Guillaume et transcender son curé veule et désagréable pour pouvoir vivre la joie d’une rencontre avec d’autres croyants ou non ; accepter que Tom n’entre pas dans son schéma de pensée pour José ou bien encore pour Mgr Poileaux rester fidèle à son humilité et à ses promesses au risque de perdre le Vatican. Ainsi soient-ils est en fait presque une école de discernement. Un discernement pour vivre davantage de la grâce de la rencontre par delà toutes entraves, fatigues et autres contradictions.
Capucins
L’esprit des Capucins scande les épisodes de cette série. Un esprit, forgé par le père Bosco, qui a réussi à percer la carapace de Mgr Poileaux à la fin du dernier épisode. Cette transformation, cette conversion de ce dernier, parfois hésitant, est due, à mon sens, à la découverte de son désir profond d’annoncer le Christ au-delà de toutes manipulations contrairement à son successeur, présenté comme carriériste et défendant une vision de l’Église quelque peu poussiéreuse. Le retour de Rome de Mgr Poileaux après le Conclave, sa passation de responsabilité de l’Église qui est en France lui a ouvert les yeux, tel Paul sur le chemin de Damas. C’est un chemin de liberté qui lui est ainsi offert, invitant à trouver des compagnons assoiffés comme lui d’une vie qui se déploie, au nom du Christ, par un quotidien, même pétris de contradictions. Mais n’est-ce pas cela la foi ? Entrer dans un mouvement d’amour nous amenant à nous interroger chaque jour davantage sur le poids de son choix et à s’enraciner en ceux qui nous font vivre davantage ?
Cette série des trois saisons est vraiment à visionner. Pour celui ou celle que la foi chrétienne habite c’est une occasion de la confronter avec les situations décrites dans Ainsi soient-ils. Situations qui résonnent sans nul doute avec une réalité passée ou présente. Laissons-nous rejoindre également par tel ou tel personnage, peut-être nous sentons-nous proche de l’un ou l’autre… Les auteurs nous invitent, sans doute à leur insu, à un itinéraire intérieur spirituel. C’est en quelque sorte le message que Mgr Poileaux veut nous faire passer lorsque avec empressement il veut faire revivre l’esprit des Capucins afin de vaincre une Église qu’il dit moribonde. Cet esprit n’attend pas pour annoncer le Royaume du Christ aux hommes et aux femmes de ce temps car comme dirait Mgr Poileaux : « Il est là, devant nous. Ça a toujours commencé ; ça a toujours déjà commencé »

Fragile Nativité

Nous voici à quelques heures de Noël. Les rues sont illuminées, les publicités ne cessent de promouvoir l’acquisition de cadeaux et l’actualité surfe sur ce marronnier allègrement. Exceptées ces quelques caractéristiques, qu’est-ce qui différencie cette période d’une autre ? Sincèrement, je crains que ce ne soit pas grand chose. Sauf peut être la liturgie que l’Église catholique nous propose spécifiquement en cette nuit de Noël. Les textes nous ouvrent à l’intimité du mystère de la naissance de celui que nous reconnaissons comme Fils de Dieu. Continuer la lecture de « Fragile Nativité »

Une Église d’étrangers

Dès les premières pages de la Bible, le croyant est confronté au déracinement, à la nécessité de quitter sa terre pour marcher vers une terre promise. Le fait de partir, de chercher à découvrir une « terre promise » est comme inscrit dans les gènes de celui qui a mis sa foi dans le Dieu d’Abraham, d’Isaac, de Jacob et de Jésus.  C’est peut être également une invitation à ne pas rester au connu et à continuer de s’aventurer sur les routes humaines, à la rencontre de nos contemporains. Continuer la lecture de « Une Église d’étrangers »

Dignité pour les Roms

CCommunauté Mission de Franceela va faire bientôt un an que François Hollande a été élu. Sur la politique économique les choses sont certainement complexes et longues à permettre un changement. En revanche, nous aurions pu attendre une véritable inclinaison des politiques de lutte contre les exclusions et sur la manière dont les personnes Roms sont traitées. Aujourd’hui encore, des campements sont expulsés manu militari. Alors, le changement, là encore c’est pour quand ? Continuer la lecture de « Dignité pour les Roms »

Au service de sa divine Majesté

Le siège de Pierre est vacantLe siège de Pierre est vacant. Benoît XVI, souverain pontife émérite, après avoir souhaité bonne nuit à la foule réunie à Castel Gandolfo s’est retiré dans la paix pour se consacrer à l’étude, à la prière et… à son piano. Voilà une situation inhabituelle pour l’Église catholique et ses fidèles : faire comme si le souverain pontife n’était plus de ce monde, alors qu’en fait il est mais émérite. Ces derniers jours du Pape sortant ont été d’une grande intensité et pas seulement dans le registre de l’émotion. Benoît XVI est resté cet « humble serviteur à la vigne du Seigneur » et a invité les fidèles de l’Église qu’il a servie durant presque huit ans comme successeur de Pierre à se tourner vers Celui qu’il n’a jamais cessé de servir : le Dieu père, fils et Esprit Saint.
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Benoît XVI : serviteur dans l’humilité

Benoît XVIAvec stupeur, j’ai appris que le Successeur de Pierre avait pris la décision de démissionner. Cette nouvelle brutale met toutes les rédactions en émoi et les chaînes d’informations continues sont configurées en édition spéciale. Au-delà de l’événement et du choc de cette nouvelle, le bouleversement que cela procure a de quoi nous réjouir. L’Eglise n’est pas morte, elle fait encore bouger et la place que tient, dans notre société, la barque de Pierre conduite par le Vicaire du Christ est solide. Au lieu d’entrer dans les spéculations des bookmakers, je tiens à partager ce que je retiens de ce Pape dont j’ai pu suivre l’élection en direct, non pas de Rome, mais de Metz. Continuer la lecture de « Benoît XVI : serviteur dans l’humilité »

2013, année missionnaire

Il y a quelques jours, nous tournions définitivement la page de l’année 2012. Elle fut riche en événements, tant ecclésiaux que politiques. Plusieurs bonnes nouvelles ont permis de se réjouir comme la victoire, tant attendue, de François Hollande à la Présidence de la République ou bien encore le Synode sur la Nouvelle Evangélisation. Pour autant, tout reste à faire. Nous voyons bien les crispations existantes tant dans notre Eglise que dans la vie politique. Beaucoup seraient tentés de se résigner, de jeter l’éponge, mais je préfère, pour ma part, tenir dans l’espérance, cette petite fille chère à Charles Péguy. Même si des attentes ont été déçues, il nous revient, comme chrétiens, de continuer à travailler dans ce monde pour y faire germer des semences de joie, de fraternité et de solidarité.
Une question m’obsède depuis des années : « Comment rejoindre, comme chrétien, madame Dugenou ? Comment lui témoigner l’insondable joie de connaître le Christ et d’essayer de bâtir, avec ses frères et sœurs, la communauté chrétienne ? » Je n’ai, hélas, toujours pas trouvé la réponse ou les réponses à ces questions essentielles. Même si l’enjeu, aujourd’hui, est de montrer la lisibilité de l’Eglise. Trop souvent, c’est une institution qui fait penser à quelque chose d’un peu ancien, sentant l’encaustique et l’encens et scandant des leçons de morale. Le (non) débat actuel à propos du mariage des personnes homosexuelles me donne, à regret, raison. N’il y a-t-il pas d’autres sujets, d’autres enjeux sur lesquels nous pourrions porter de la voix ? J’ai l’impression de me répéter, de prêcher dans le désert à longueur de billet…
Servir et non sévir
Il faut croire que, même dans l’Eglise, pour exister il faut se coucher devant les poncifs et autres obsessions de la hiérarchie. Je ne conteste pas l’importance de ce débat et ses enjeux mais ce ne sont pas les seuls problèmes qui existent en France et dans le monde. Que disent leurs éminences de ces étrangers que l’on a malmenés et que l’on continue de malmener malgré le changement de gouvernement ? Quelles réponses ou quels éléments de réflexions ont-il portés sur la place publique quant au respect de notre terre, au désarment, aux bombes, etc. Je sais bien que des paroles existent, que des organismes chrétiens font de ce combat leur cheval de bataille, mais je n’ai pas l’impression que l’influence de nos hiérarques catholiques les aide dans leurs luttes qui, pourtant, mettent en jeu une vision de la civilisation et de l’humanité. J’aimerais tant entendre de leur part, que, là où toute dignité humaine est bafouée, ils se battront. Non, ce que j’entends c’est que le sexe les obsède et les crispe dans une position d’autorité. Au lieu de reconnaître des divergences qui peuvent aider à construire ce corps qui est l’Eglise, montrer qu’elle est, comme tout à chacun, plurielle tout en cherchant son unification. C’est le commandement militaire : « Je ne veux voir qu’une tête » qui prévaut !
« Abattre le mur »
Emmanuel Cardinal Suhard a voulu, il y a 70 ans, en fondant la Mission de France, « abattre le mur » qui sépare l’Eglise et la Société. Ce mur, malgré de nombreux ouvriers valeureux qui travaillent à sa chute, est encore bien debout. Certains, dans l’Eglise, semblent vouloir le bétonner comme si elle était une réserve de pieux emplis d’une vérité que seuls eux possèdent. Désirer « abattre ce mur » c’est aussi, à mon sens, accepter la pluralité des opinions dans l’Eglise et dans la société. Les chrétiens sont de la même veine que les non chrétiens, ils ne sont pas meilleurs ou pires. Ils cherchent juste à faire résonner leur vie avec le chemin que Dieu a esquissé dans l’Evangile. Un chemin proposé de rencontres respectueuses, de fraternité, au cœur du monde. C’est là où il faut habiter, dans ce monde, avec nos concitoyens, partageant avec eux leurs joies, leurs peines, leurs espérances… Sans chercher ni le consensus, ni la conversion, ni la négation de notre foi. Etre là parmi eux tel Jésus au milieu de ses disciples. Ces derniers, comme nous, aujourd’hui, n’étaient pas forcément tout le temps d’accord. Qu’importe, le Christ a respecté ces divergences et en a fait une force pour l’annonce de sa Bonne Nouvelle.
En ce début d’année 2013, je souhaite que nous, les chrétiens, soyons véritablement missionnaires. Que notre Eglise n’oublie pas tous ces « petits » qui attentent une parole en actes qui réconforte, relève, réchauffe plutôt que de se crisper. Le dialogue est toujours bénéfique, ainsi que le débat.
Soyons en cette année nouvelle des « artisans de paix » comme nous le demande le pape Benoît XVI, dans le sillage du bienheureux Jean XXIII. Souvenons-nous aussi que ce dernier avait souhaité ouvrir grandes les fenêtres de l’Eglise au travers du Concile Vatican II. Ne refermons pas ces fenêtres, n’ayons pas peur des courants d’air ; ils nous inviteront à nous rapprocher les uns des autres… et nous enverront, poussés par l’Esprit, sur les routes des hommes partager leur vie pour la plus grande gloire de Dieu.

Ensemble luttons contre la pauvreté

(c) DR
Le logement est plus qu’une urgence

La semaine qui vient de se terminer a connu une actualité sociale particulièrement agitée, entre les remous du feuilleton dramatique d’Arcelor-Mittal, la manifestation du collectif des associations unies pour le logement, la commémoration des morts de la rue et les propos maladroits de Cécile Duflot par rapport à l’engagement de l’Eglise envers les plus pauvres –

la charité n’a pas d’heure disait le fondateur du Secours Catholique : Jean Rodhain (sic).

Celle qui arrive s’ouvre par un événement politiquement important : la Conférence contre la pauvreté et pour l’inclusion sociale. Gageons que cette dernière permettra de notables avancés dans la prise en compte de ces 8 millions de personnes les plus défavorisées. J’espère aussi, même si j’ai quelques doutes, que cela permettra au gouvernement en place de se démarquer des 5 années de mépris que nous venons de connaître, notamment sur ces questions.
La neige s’abat un peu partout sur la France, le froid poursuit son offensive et de nombreuses personnes emmitouflées, bonnet vissé sur la tête, courent dans les sanctuaires de notre modernité pour faire le plein de cadeaux pour ceux qui leurs sont chers. Pourtant, pendant ce temps là, nous pouvons voir ici ou là, dans le renfoncement d’un porche d’immeuble (quand des décorations idoines ne l’empêchent pas), les couloirs du métro…. des personnes, elles-aussi, emmitouflées, non dans des manteaux mais dans des couvertures de fortune. Quand mon chemin les croise, un malaise m’envahit. Comment est-ce possible qu’aujourd’hui des personnes puissent en être réduites à se mettre à l’abri ainsi ? Quelle est donc cette société, soi disant riche, qui laisse derrière elle ses plus fragiles. Certes les places d’hébergement d’urgence sont saturées, le 115 ne répond pas, les associations ne savent pas trop comment faire. Bref, c’est un peu la chienlit en France pour les pauvres. Pour autant, le Président Hollande nous a promis le changement, de sortir de cette politique de l’urgence hivernale pour entrer dans une vraie politique de l’hébergement et la construction de 150000 logements sociaux. Mais, telle sœur Anne, nous ne voyons rien venir
Le logement durable c’est pour quand ?
Un des problèmes majeurs dans la lutte contre la précarité c’est ce manque de logement ou du moins d’offres de logement qui soient adaptées aux revenus faibles. Souvent, pour louer un logement, il faut faire preuve d’une solidité à toute épreuve associée à des garants et à un CDI. C’est déjà difficile pour un salarié dans la moyenne alors pour une personne en précarité, je n’ose imaginer. D’autant plus que les cautions publiques ne sont pas forcément acceptées dans le secteur privé. Une vraie réflexion est à poser et à approfondir sur ce nécessaire accès au logement. Un autre souci, dans cette même thématique est le dispositif social qui ressemble à un mille feuille. Du fait, notamment, du manque de logement autonome, des personnes restent dans des dispositifs type Centre d’Hébergement et de Réinsertion Sociale ou dans des hôtels sociaux alors qu’ils ont simplement besoin d’un accompagnement social léger par exemple pour gérer leur budget ou retrouver un travail. Ce mode de fonctionnement cantonne les personnes dans une dépendance qui ne leur permet pas de (re)trouver une autonomie et une dignité suffisantes à mon sens. Gageons que là aussi cette conférence du début de la semaine prochaine change les pratiques actuelles et fasse du logement une vraie priorité nationale.
Accueil et accompagner
Si nous parvenons à une véritable politique du logement d’abord, initiée par le précédent gouvernement, souhaitée par les associations, ce sera une véritable avancée.  Cependant, il ne suffit pas de loger les gens correctement pour que tout se passe bien. Nous voyons bien ce qui se passe à la fin de la période hivernale où l’on ouvre gymnases, casernes, salles paroissiales et autres abris de fortune. Ces personnes accueillies sont remises gentiment, poliment à la rue. Tout de monde est désolé mais il fait moins froid, le gouvernement ne donne plus de moyens car la trêve est rompue alors « au revoir et… à l’année prochaine ». Même si, lorsque ce sont des professionnels de l’action sociale qui gèrent ces lieux, certaines personnes peuvent raccrocher avec le cours ordinaire d’une vie de citoyen. Ajoutons que c’est, hélas, conditionné au fait qu’ils possèdent des papiers voire la nationalité française. Soulignons, au passage, l’abrogation du forfait de 30€ pour les sans papier voulant consulter un médecin.
Il ne suffit donc pas seulement d’accueillir, il faut absolument mettre tout en place pour accompagner les personnes hébergées. Elles sont besoin d’un toit, de repas chauds, de vêtements propres mais surtout d’une écoute professionnelle bienveillante qui puisse les orienter convenablement. Ici encore la bonne volonté, la grandeur de cœur et l’ouverture d’esprit ne suffisent pas. Il est nécessaire que l’exclusion, enfin l’inclusion, tout comme l’hébergement soient au premier rang des politiques publiques. N’oublions pas également que les premiers concernées, c’est-à-dire, les personnes accueillies et qui sont en situation d’exclusion, puissent et doivent avoir voix au chapitre. Accompagnées par des professionnels de l’action sociale, elles sont capables d’exprimer des pistes pour une politique publique efficace qui réponde à leurs besoins.
Au bout de six mois de présidence de François Hollande, le bilan est plutôt mitigé voire décevant. J’attendais de grandes décisions sociales, fidèles aux valeurs de gauche. Je ne vois que de timides errements et hélas, pour seule grande réforme sociale, le mariage homosexuel. Une fois encore ce débat mérite d’avoir lieu mais la souffrance des personnes les plus fragiles et démunies devrait être la priorité numéro un. Alors, j’exhorte ce Président que j’ai élu, soutenu depuis la primaire à l’Elysée, à ne pas décevoir ceux qui attendaient un vrai changement dans l’exercice du pouvoir. Ce ne sont pas de mesurettes dont les Français ont besoin mais de signe fort en faveur des moins favorisés. S’occuper de la crise économique est important, des minorités sexuelles aussi, mais des minorités au niveau du pouvoir d’achat et de la vie quotidienne tout autant. Alors, monsieur le Président, je vous le demande, n’oubliez pas les pauvres.