Noël : une révolution

Noël : une révolutionEn cette nuit de Noël, Dieu choisit de faire en nous sa demeure pour que nous nous établissions en Lui.  Dieu a choisi de s’allier avec nous en se faisant homme. Voilà la vraie révolution, celle que nous promet Dieu. Ce choix de Dieu est inaliénable et profondément gratuit. Pour autant, si nous reconnaissons l’enfant de la crèche comme « Celui qui vient libérer nos vies » cela exige de notre part de reconnaître que Sa confiance nous entraîne, nous émonde, nous édifie. Cette confiance de Dieu doit nous conduire à vivre de sa Joie, guidés par sa lumière.
Tout au long du temps de l’Avent qui vient de se terminer, la tradition veut que chaque dimanche une bougie soit allumée. Cette lumière nous la retrouvons dans la première lecture de cette nuit de Noël. Nous avons entendu « Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière, sur le pays de l’ombre une lumière a resplendi » dans le livre d’Isaïe. Même si nous avons la foi, la connaissance de la divinité du Christ mort et ressuscité dont nous célébrons la naissance cette nuit, nos vies sont parfois ténébreuses. Le quotidien nous pèse, les soucis nous envahissent, même à la messe. Nous avons du mal à faire de la place à l’annonce de la Bonne Nouvelle. Reconnaissons humblement ces pauvretés, ces contingences qui font notre humanité. Mais, ne cédons pas à la culpabilité. Dieu vient nous retrouver dans ces espaces d’ombre. Il vient – pourvu que nous l’accueillions – les habiter pour que nous-même nous acceptions de faire cohabiter notre vie avec le don de Dieu. Il vient se révéler aujourd’hui dans le silence et la simplicité de cette mangeoire. Il s’offre à nous pour que nous nous offrions à Lui. Ainsi, nous serons assuré de cette joie que nous annoncent les textes de la liturgie.
Jalons
Lumière et joie sont les deux mots que nous pouvons retenir pour cette nuit de Noël. Ce sont deux mots, jalons pour notre route à la suite du Christ, ce sont comme deux bâtons pour nous aider dans notre marche à la rencontre de nos contemporains. Cette lumière est ce qui nous permet de tenir dans cette joie à la fois promise et donnée. La Joie de Dieu n’est pas forcément l’exubérance, le rire aux éclats et autres manifestations plus ou moins brillantes. Cette joie est ce don offert et sans cesse renouvelé, qui nous enracine dans l’espérance. C’est cette assurance d’un amour par dessus tout, qui nous aide à tenir dans la fidélité non seulement à la foi reçue des apôtres mais surtout à tout ce que nous avons promis, à ce à quoi nous nous sommes engagés. Nous tenons parce qu’un autre nous fait tenir. Tels Marie et Joseph qui se sont engagés à suivre les demandes de Dieu par les paroles des Anges.
Confiance
« Ne crains pas » leur a dit l’Ange. Nous pourrions comprendre fais-moi confiance car  Dieu nous dit que sa parole est une Parole de Vie qui nous emmènera bien plus loin que nous pouvons imaginer. Faire confiance à Dieu est aussi une révolution. C’est-à-dire que cela nous conduit à venir à l’origine, au fondement de ce qui nous fait devenir chaque jour davantage « Enfant de Dieu » : l’Amour inconditionnel de ce Dieu qui nous offre cette nuit son Fils unique. Croire en l’Amour c’est bien souvent ce qui nous manque pour que notre vie puisse être pleinement déployée et que nous vivions de cette vie en abondance promise et annoncée par le Christ. Noël c’est aussi accueillir l’inouï de la vie que le Père nous donne en la naissance de son fils, cet enfant que nous contemplons aussi dans l’humble mangeoire de la crèche.
Accueillir, faire confiance à Dieu c’est donc marcher avec Lui qui est la lumière par excellence pour que nos vies soient porteuses de Sa Joie. Voici donc la proposition que Dieu nous fait en cette nuit particulière. Entrons donc avec un cœur émerveillé dans cette invitation que le Seigneur nous fait ce soir. Avec Lui et en communion les uns avec les autres autres, aidés par le Saint Esprit, nous goûterons à sa tendresse qu’il ne cesse de nous offrir, jour après jour.

Combattre avec Dieu

Cette marche vers la clarté de Pâques que nous entreprenons tout au long du carême nous entraîne au combat pour retrouver le chemin de Dieu. Tout au long de notre vie de foi nous sommes invités à nous conversion, à changer nos habitudes, nos comportements, notre manière de pensée pour essayer de ressembler davantage au Christ. Le carême nous invite donc d’une manière toute particulière à nous exercer au combat spirituel.
Le combat spirituel est bien expliqué par l’apôtre Paul dans son épître aux Ephésiens (6, 10,20). A travers la métaphore de l’équipement du combattant, il nous fixe des repères à la fois pour se protéger mais aussi pour entrer en lice contre tout se qui nous risque de nous détourner de notre vocation chrétienne. Ce combat est à mener au travers de plusieurs grandes batailles qui toutes visent à redonner à la personne humaine sa dignité de Fils de Dieu. La première d’entre elle est la lutte contre le mal. Il s’agit d’un ennemi particulièrement sournois et fourbe qui se loge un peu partout et surtout dans tout ce qui pourrait permettre de croître. Un des signes de l’action de l’ennemi est le découragement et la désespérance. Dans ces moments, il faut redoubler de prudence et s’armer de patience sans oublier d’intensifier sa prière et le partage avec des frères et sœurs.
Le choix des armes est important dans ce combat. Il est important tout d’abord de demander au Seigneur la grâce d’être rempli de sa paix, de sa joie; c’est lui le Maitre que l’on désire faire régner dans nos vies. Il est l’Eternel Seigneur de toutes choses en qui le Père a mis tout son amour révélé par l’Esprit. Il est l’auteur de la notre Mission et le Maitre de la Joie. Ainsi armés nous pouvons partir au combat sous l’étendard de la Croix. Cette lutte il nous faut d’abord la mener en nos cœurs et à nos âmes. Comment pouvons-nous essayer d’annoncer le Prince de la Paix si nous sommes en guerre à l’intérieur de nous ? Prenons le temps de nous laisser pacifier par celui que nous servons car les ruses de l’ennemi de la nature humaine sont rudes et nombreuses.
Notre désir est d’apporter à ce monde le salut qui nous vient de Dieu. Ce salut qui consiste à délier les chaînes de ceux qui sont prisonniers de leur vie, de leur situation. Nous ne devons pas nous satisfaire du provisoire, du précaire, de l’a peu près. Nous sommes appelés à annoncer la Vie, à donner la Vie alors pourquoi nous contenterions-nous d’un feu de paille alors que le feu de l’Amour nous est donné en héritage ? Cela demande aussi un enracinement dans le concret, une attention de chaque instant et aussi d’accepter la responsabilité de nos actions. Il faut être également très prudent à l’égard de notre désir de reconnaissance et de la culture ambiante des résultats. Notre ambition est autre et notre plaisir ne consiste pas en des résultas chiffrés. Il faut se rappeler la joie qu’évoque Luc dans son chapitre 15 à propos de la brebis perdues. Cela nous place dans la perspective de tout faire pour ceux vers lesquels nous sommes envoyés et mais aussi de savoir leur laisser toute la liberté d’agir. Nous ne sommes pas à leur place, nous ne vivons pas pour eux, ni par eux ; seulement avec eux. Nous sommes appelés à une fraternité universelle ce qui signifié être à côté dans un compagnonnage et non dans une fusion/absorption.
Ce ne sont là que quelques pistes pour entrer dans ce combat où Dieu nous attend pour bâtir son règne. Il faut résolument vivre en communion avec les trois personnes divines qui nous montrent le vrai mode de relation qui est un échange permanent. C’est dans cet attachement à la fois personnel et communautaire à ce Dieu trinité que nous trouverons l’enthousiasme, la force et l’énergie d’entrer en résistance afin que la dignité de l’être humaine ne soit jamais bafouée. Notre foi qui entraîne notre action doit favoriser des conditions de vie de chacun de ceux qui sont nos frères et sœurs afin et qu’il puisse vivre en plénitude dans la paix, la joie et l’allégresse.