Chemin d’Avent

christmas-507818_960_720Pour la partie francophone du Réseau Mondial de Prière du Pape, j’ai rédigé une méditation, notamment tout au long du temps de l’Avent, parue sur sa page Facebook, je vous propose de les retrouver sur ces pages :

La joyeuse attente

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Ce troisième dimanche de l’Avent est le dimanche de la Joie. Cette Joie que nous goûterons dans la nuit de Noël ; celle de savourer que l’Amour de Dieu va jusqu’à nous offrir son Fils pour nous sauver de nos tristesses, de nos insatisfactions, de nos attentes impatientes. C’est d’ailleurs la question centrale de ce dimanche, celle de l’attente. Les disciples de Jean-Baptiste interrogent Jésus : « Es-tu Celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre » ? Cette question Jésus la retournera à ses disciples en leur demandant « Pour vous qui suis-je » ?
Interrogations
Nous qui connaissons Jésus que par la foi, l’enseignement de l’Église et le lecture priante de la Parole, avouons que nous nous interrogeons sur Lui. Pourquoi si Dieu est le Sauveur tant de mal dans ce monde ? Où est cette Joie promise par les Prophètes et annoncé par Jésus ?

Peut-être est-ce parce que nous manquons de foi et de confiance dans la force de l’Esprit.

Missionnaires
Demandons à Dieu d’être davantage signe de sa force, d’espérer contre toute espérance afin de devenir ces missionnaires de l’impossible. Ne laissons pas notre zèle missionnaire être arrêté par des contingences humaines, mais avec l’humilité qui nous vient nous Seigneur, annonçons par nos vies que l’Espérance en Lui ne déçoit pas. Que la lumière du Christ qui vient nous réchauffer, déploie notre dynamisme à la louange de gloire de sa grâce (Ep 1).
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Méditation pour le quatrième dimanche de l’Avent – A >>

 

Pierre Favre : un nouveau saint Jésuite, modèle du Pape François

Pierre FavreLe Pape François vient d’étendre à l’Eglise universelle le culte liturgique rendu au bienheureux Pierre Favre, prêtre jésuite savoyard (1506 – 1546), ordonnant son inscription au catalogue des saints. Ce nouveau saint de la Compagnie, pour lequel j’ai une affection toute particulière, est beaucoup moins connu qu’Ignace de Loyola et François-Xavier. Ces trois hommes qui ont partagé « la même chambrée, la même table, la même bourse. »[1] Lors de leurs humanités au collège Sainte Barbe à Paris en 1529 ils sont devenus des « amis dans le Seigneur ». Ce compagnonnage avec Ignace se révélera décisif pour l’avenir tant pour Pierre que pour François grâce tout particulièrement à l’expérience des exercices spirituels reçus de leur aîné. Pierre Favre n’est pas un homme de gouvernement, ni tendu vers la réalisation de grands exploits, mais c’est un passionné non seulement de la gloire de Dieu mais aussi et surtout de la « cura personalis ».[2] Continuer la lecture de « Pierre Favre : un nouveau saint Jésuite, modèle du Pape François »

Un Apostolat au cœur du monde

Le Christ et Saint Jean
(c) Boutique Théophile

Ce mois de juin est celui du Cœur de Jésus. Évoquer le cœur de Jésus peut, de suite, laisser penser à une spiritualité surannée voire à des images de cœur sortant et irradiant de la poitrine du Christ. Il nous faut aller plus loin et nous laisser toucher par la grâce de Dieu, qui en son Fils, vient nous dire l’absolue densité de son amour pour les Hommes. Nous ne pouvons pas séparer le Cœur du Christ de son Corps Eucharistique. Continuer la lecture de « Un Apostolat au cœur du monde »

Lumière pour éclairer les nations païennes

??????????Nous fêtons le 2 février la présentation de Jésus au Temple. Dans l’Evangile de ce jour-là, nous entendons le cantique de Syméon. Ce texte bien connu de ceux qui fréquentent la liturgie des heures est à retrouver et à méditer. Comme tout texte de la Parole, il vient nous surprendre et éduquer l’oreille de notre cœur. Je retiens une phrase de cet Evangile : « Lumière pour éclairer les nations païennes ». Dans cette déclaration du sage Syméon, nous trouvons un des cœurs de la mission du Christ, à laquelle nous sommes associés : aller vers ceux qui ne le (re)connaissent pas.
Continuer la lecture de « Lumière pour éclairer les nations païennes »

2013, année missionnaire

Il y a quelques jours, nous tournions définitivement la page de l’année 2012. Elle fut riche en événements, tant ecclésiaux que politiques. Plusieurs bonnes nouvelles ont permis de se réjouir comme la victoire, tant attendue, de François Hollande à la Présidence de la République ou bien encore le Synode sur la Nouvelle Evangélisation. Pour autant, tout reste à faire. Nous voyons bien les crispations existantes tant dans notre Eglise que dans la vie politique. Beaucoup seraient tentés de se résigner, de jeter l’éponge, mais je préfère, pour ma part, tenir dans l’espérance, cette petite fille chère à Charles Péguy. Même si des attentes ont été déçues, il nous revient, comme chrétiens, de continuer à travailler dans ce monde pour y faire germer des semences de joie, de fraternité et de solidarité.
Une question m’obsède depuis des années : « Comment rejoindre, comme chrétien, madame Dugenou ? Comment lui témoigner l’insondable joie de connaître le Christ et d’essayer de bâtir, avec ses frères et sœurs, la communauté chrétienne ? » Je n’ai, hélas, toujours pas trouvé la réponse ou les réponses à ces questions essentielles. Même si l’enjeu, aujourd’hui, est de montrer la lisibilité de l’Eglise. Trop souvent, c’est une institution qui fait penser à quelque chose d’un peu ancien, sentant l’encaustique et l’encens et scandant des leçons de morale. Le (non) débat actuel à propos du mariage des personnes homosexuelles me donne, à regret, raison. N’il y a-t-il pas d’autres sujets, d’autres enjeux sur lesquels nous pourrions porter de la voix ? J’ai l’impression de me répéter, de prêcher dans le désert à longueur de billet…
Servir et non sévir
Il faut croire que, même dans l’Eglise, pour exister il faut se coucher devant les poncifs et autres obsessions de la hiérarchie. Je ne conteste pas l’importance de ce débat et ses enjeux mais ce ne sont pas les seuls problèmes qui existent en France et dans le monde. Que disent leurs éminences de ces étrangers que l’on a malmenés et que l’on continue de malmener malgré le changement de gouvernement ? Quelles réponses ou quels éléments de réflexions ont-il portés sur la place publique quant au respect de notre terre, au désarment, aux bombes, etc. Je sais bien que des paroles existent, que des organismes chrétiens font de ce combat leur cheval de bataille, mais je n’ai pas l’impression que l’influence de nos hiérarques catholiques les aide dans leurs luttes qui, pourtant, mettent en jeu une vision de la civilisation et de l’humanité. J’aimerais tant entendre de leur part, que, là où toute dignité humaine est bafouée, ils se battront. Non, ce que j’entends c’est que le sexe les obsède et les crispe dans une position d’autorité. Au lieu de reconnaître des divergences qui peuvent aider à construire ce corps qui est l’Eglise, montrer qu’elle est, comme tout à chacun, plurielle tout en cherchant son unification. C’est le commandement militaire : « Je ne veux voir qu’une tête » qui prévaut !
« Abattre le mur »
Emmanuel Cardinal Suhard a voulu, il y a 70 ans, en fondant la Mission de France, « abattre le mur » qui sépare l’Eglise et la Société. Ce mur, malgré de nombreux ouvriers valeureux qui travaillent à sa chute, est encore bien debout. Certains, dans l’Eglise, semblent vouloir le bétonner comme si elle était une réserve de pieux emplis d’une vérité que seuls eux possèdent. Désirer « abattre ce mur » c’est aussi, à mon sens, accepter la pluralité des opinions dans l’Eglise et dans la société. Les chrétiens sont de la même veine que les non chrétiens, ils ne sont pas meilleurs ou pires. Ils cherchent juste à faire résonner leur vie avec le chemin que Dieu a esquissé dans l’Evangile. Un chemin proposé de rencontres respectueuses, de fraternité, au cœur du monde. C’est là où il faut habiter, dans ce monde, avec nos concitoyens, partageant avec eux leurs joies, leurs peines, leurs espérances… Sans chercher ni le consensus, ni la conversion, ni la négation de notre foi. Etre là parmi eux tel Jésus au milieu de ses disciples. Ces derniers, comme nous, aujourd’hui, n’étaient pas forcément tout le temps d’accord. Qu’importe, le Christ a respecté ces divergences et en a fait une force pour l’annonce de sa Bonne Nouvelle.
En ce début d’année 2013, je souhaite que nous, les chrétiens, soyons véritablement missionnaires. Que notre Eglise n’oublie pas tous ces « petits » qui attentent une parole en actes qui réconforte, relève, réchauffe plutôt que de se crisper. Le dialogue est toujours bénéfique, ainsi que le débat.
Soyons en cette année nouvelle des « artisans de paix » comme nous le demande le pape Benoît XVI, dans le sillage du bienheureux Jean XXIII. Souvenons-nous aussi que ce dernier avait souhaité ouvrir grandes les fenêtres de l’Eglise au travers du Concile Vatican II. Ne refermons pas ces fenêtres, n’ayons pas peur des courants d’air ; ils nous inviteront à nous rapprocher les uns des autres… et nous enverront, poussés par l’Esprit, sur les routes des hommes partager leur vie pour la plus grande gloire de Dieu.

Pleins feux sur les pauvres

Ces dernières semaines, les projecteurs ont été mis sur l’actualité de l’Eglise catholique en France. Ses positions fermes et définitives quant au refus du mariage pour tous préparé par le gouvernement ont été fortement relayées. Pourtant, il y aurait tant à dire sur des initiatives qui germent ici ou là quant à l’accueil de l’autre, d’autant plus lorsqu’il est en situation de pauvreté et de précarité. Il serait bon de se rappeler que l’Eglise, ce n’est pas que le Pape, les cardinaux et consorts, mais tous ceux et toutes celles qui se reconnaissent dans cette fraternité offerte par le Christ. Ce que l’Eglise appelle la diaconie.

Dès les premières pages de l’Evangile, nous voyons Jésus choisir les apôtres pour « être avec lui ». Cette notion est, pour moi, le cœur de toute annonce de la Parole, de toute action au service de notre prochain. « Etre avec », c’est respecter l’autre, le considérer comme un alter ego, une personne digne d’intérêt. C’est parfois difficile au quotidien, et plus encore lorsque nous sommes auprès de personnes en situation de pauvreté, dont certaines mendient. C’est une vraie question que cette pauvreté pour celui qui se dit disciple du Christ. Lui-même nous a laissé une phrase choc : « Des pauvres, vous en aurez toujours » Mt 26,3. Même s’il y aura toujours un écart entre les riches et les pauvres, cela n’est aucunement satisfaisant. Depuis des années, des hommes et des femmes disciples du Christ se battent pour que des personnes parmi les plus démunies le soient moins, qu’elles puissent vivre dans des conditions les moins mauvaises possibles. Hélas, ce combat semble perdu d’avance, année après année, lorsqu’on lit les derniers rapports du Secours Catholique ou ceux du Samu Social, qui n’arrive pas à endiguer le flux de personne qui demandent un hébergement d’urgence. Que faire, si ce n’est ouvrir toujours plus de lieux d’accueil ? Or, l’espace n’est pas extensible et la ou les solutions sont sans doute autre part. Accueillir, héberger, mettre à l’abri est une bonne chose en vue, si possible, d’une insertion et d’un nouveau départ mais c’est un peu comme vider la mer à la petite cuillère.

Se battre en faveur de la justice

La phrase de Marx « les problèmes des pauvres ne trouveront pas leur solution dans l’aumône mais dans l’exigence que justice soit faite » peut nous aider à saisir qu’il s’agit bien plus d’agir en amont, de réfléchir sur les causes que d’aménager cette pauvreté. Un des axes est d’abord de mettre un point d’arrêt à la stigmatisation : les personnes en situation de pauvreté n’ont pas choisi délibérément de vivre dans cette situation, contrairement à ce que certains discours politiques de ces dernières années ont laissé entendre. Ensuite, c’est essayer de comprendre comment elles en sont arrivées là, quel est leur parcours de vie, où sont la ou les pierres qui l’ont fait trébucher. Ce dialogue patient et attentif peut aider à trouver les lieux des fractures sociales et de mettre en place des dispositifs alternatifs. La société véhicule également des modèles de réussite qui peuvent être stigmatisants et anéantir toute volonté de mener à bien un projet personnel du fait du regard de l’autre ou de la méconnaissance de dispositifs adaptés …. Tous ces éléments sont des champs d’investissement et d’investigation sur lesquels les chrétiens ont leur mot à dire. C’est une réelle question de justice. En 1971, les évêques réunis en synode sur ce thème ne disaient pas autre chose :

Agir au nom de la justice et participer à la transformation du monde sont, à nos yeux, une dimension constitutive de l’annonce de l’Evangile ou, ce qui revient au même, de la mission de l’Eglise pour la rédemption du genre humain et sa libération de toute forme d’oppression.

C’est lorsque ce souci de la justice et de la justesse de l’attitude, enracinée dans l’Evangile, sera au cœur des dispositifs que notre investissement vis-à-vis des personnes en situation de pauvreté produira des fruits pérennes.

Servir les pauvres

Le service de l’autre, c’est le service du Christ. Nous ne servons pas le pauvre pour être en règle avec l’Eglise mais parce que le Christ nous fait saisir que dans cet autre, plus fragile, se dit le véritable enjeu de la relation humaine. Cette relation est de l’ordre du don, qui n’a pour récompense que la joie du service accompli, espérant en même temps être utile à l’autre. Ce terme de service, dans l’Eglise, nous vient du grec « diakonia ». Peter-Hans Kovenbach, ancien général de la Compagnie de Jésus, en donne une très bonne définition dans un article paru en 2007 :

la signification complète de ‘diakonia’ n’est pas seulement de servir à table mais d’être un intermédiaire. Il s’agit de la personne envoyée par quelqu’un pour faire quelque chose au bénéfice de quelqu’un d’autre.

J’aime bien cette notion de « faire quelque chose au bénéfice de ». Cela oriente l’action, qui est toujours tournée vers le bien, vers une amélioration. Le service des plus pauvres est non seulement une manière de se rendre utile mais aussi d’offrir quelque chose de plus à celui que l’on sert au nom d’un autre. A l’heure où l’Eglise réfléchit à l’annonce de l’Evangile, il est important de ne pas oublier que son seul but est d’aider les hommes et les femmes de ce temps à rejoindre le Christ. Nous ne devons pas être des obstacles à cette rencontre mais, à notre manière, des relais qui disent en actes et en paroles, malgré nos propres pauvretés, quelque chose de la tendresse de Dieu.

Etre avec les pauvres

S’engager au service des pauvres ne doit pas nous faire oublier que tout service est relation. Cela doit être une invitation à nous laisser débarrasser de tout désir de pouvoir, de prendre l’avantage sur l’autre parce que je le sers. Ce service de l’autre demande une véritable écoute, une véritable attention de chaque instant. Il y a des échanges qui ne sont pas forcément de l’ordre du parler, dans cette relation qui se tisse au fur et à mesure. Ce service est avant tout une rencontre et dans cette rencontre, c’est l’humanité qui passe avant tout. Jésus, dans l’Evangile, se laisse déplacer par ses rencontres. Il invite certes à emprunter le chemin qui mène à son Père mais n’en impose pas l’itinéraire. C’est cette idée que nous devons avoir en tête dans toutes nos relations, et notamment dans celles avec des personnes en situation de pauvreté. Acceptons qu’elles puissent nous révéler des chemins pour lutter avec elles contre ces injustices qui mènent aux situations de pauvreté. Leurs paroles peuvent être tout aussi expertes, leurs opinions sont très souvent aussi, voire plus pertinentes que celles des commentateurs ou éditorialistes que l’on voit à longueur de temps sur les chaînes de télévision.

A l’heure où l’Eglise catholique réfléchit sur la manière d’annoncer ce trésor de la foi aux hommes et aux femmes de ce temps, il me semble urgent qu’elle concentre ses efforts sur cette notion vitale du service du frère, de cette diaconie plutôt que sur le mariage pour tous. Elle est en ce dernier domaine sans aucun doute victime du prisme des médias, qui ne s’intéressent à l’Eglise que lorsqu’elle parle d’(homo)-sexualité. Je pense qu’elle a suffisamment de  relais dans les sphères d’influence pour peser de tout son poids sur les décideurs et faire bénéficier de son savoir-faire, de son savoir-être et de son expertise en matière de lutte contre les exclusions. Alors, messieurs les évêques, à vous de jouer. Montrez-nous concrètement que les pauvres doivent occuper les premieres places tant dans les églises que dans les colonnes des journaux et les préoccupations des responsables politiques, en vue de trouver des solutions justes et pérennes.

Envoyés et réconciliés pour la Mission

Du 7 au 28 octobre 2012, 262 évêques du monde entier entourés d’experts dont certains laïcs, se sont réunis en synode autour du thème de la nouvelle évangélisation. Ils ont abouti au bout d’un long processus à 58 propositions qu’ils ont remises au Pape et un message qu’ils ont adressé au Peuple de Dieu. Un texte fort qui manque malgré tout d’audace et d’ouverture.

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De Rome au monde, l’annonce de l’Evangile est une priorité

 

Le début de ce texte invite à s’enraciner dans l’espérance et à demeurer acteur d’une recherche qui puisse conduire à une plénitude. Il s’agit d’une invitation à prendre le chemin du Christ notamment lorsqu’il rencontra la Samaritaine. J’aime particulièrement ces premiers paragraphes qui font l’éloge de la rencontre personnelle qui peut ouvrir à un questionnement, à une recherche du Sauveur, qui se dit dans l’aujourd’hui, dans le quotidien. Le texte parle de « rendre présent le Seigneur » à la vie des personnes. Bien sûr c’est indispensable mais ce qui l’est d’autant plus c’est de ne pas chercher à convertir, à convaincre. L’évangélisation dans ce côte à côte doit être désintéressée, se placer dans un cheminement où chacun se laisse interroger par l’autre. Révéler le Christ c’est accepter que le chemin de l’autre soit différent du mien. Je ne suis pas favorable à une évangélisation de recrutement mais à celle de proposer, de susciter de prendre le chemin de l’Evangile, dans l’absolue liberté. Peut-être, alors, qu’à un temps du chemin, certains reconnaîtront le Christ comme celui qui leur permet d’avoir le cœur brûlant tels les disciples d’Emmaüs. Le but de l’évangélisation, à mon sens, n’est pas d’imposer une vérité ou de sortir d’un potentiel aveuglement nos contemporains – nos yeux ne sont pas meilleurs du fait de notre foi. Il s’agit de témoigner, par notre vie, que cette Bonne Nouvelle nous enracine dans une joie intérieure et nous invite à nous engager au service de chacun. Il s’agit d’entrer dans le dynamisme du lavement du pied, celui du Fils de Dieu qui a choisi de prendre la place du serviteur. Ce qui fait la cohérence de notre foi, c’est la capacité de servir et de nous laisser interroger par tout ce qui en notre monde entrave les plus fragiles. Le message du Synode n’est d’ailleurs pas en reste sur la dimension diaconale.

L’accueil, porche de l’évangélisation

Dans les propos que les pères synodaux adressent au Peuple de Dieu, il est question de la qualité de communion, d’accueil, etc, de la part des communautés chrétiennes. Peut-être faudrait-il d’abord bâtir les communautés, aider les uns et les autres, ceux notamment qui sont en dehors des groupes formels tels le catéchisme, les équipes liturgiques, etc, à se rencontrer, à s’apprivoiser. Un véritable effort est à faire dans l’accueil afin que chacun puisse se sentir accueilli et attendu comme membre d’une même famille. Cela est d’autant plus important que cet accueil est le premier contact avec la paroisse ; cela peut autant décourager que favoriser la rencontre. Dans les grandes agglomérations, il est facile de choisir sa paroisse et donc son style et les gens que l’on rencontre. Mais dans les communes plus petites, de quelles manières l’unité de l’Eglise dans la liturgie peut-elle se faire ?. Certaines paroisses sont déjà heureuses d’avoir un « vieux » prêtre qui puisse présider l’Eucharistie voire en avoir une tous les quinze jours. Je n’ose pas imaginer les pays dits « de mission » où la messe est célébrée épisodiquement. Soyons donc réalistes sur ce domaine.

En revanche, pour ce qui est d’encourager le contact avec la Parole de Dieu c’est de l’ordre de l’urgence absolue. C’est grâce à cette fréquentation continue, voire à cette confrontation avec la Parole, que les chrétiens le deviendront en plénitude à la condition d’accepter de la partager avec d’autres venant d’horizons divers. Il faut pour cela, comme le dit en son numéro 5 ce message des pères synodaux « vaincre la peur par la foi, le découragement par l’espérance, l’indifférence par l’amour ».

Dedans mais dehors

Sur la partie qui concerne la famille, le message reste très, trop classique même s’il met l’accent sur l’accompagnement des couples avant et après le mariage. Nous noterons au passage, l’affirmation fréquente, dans ce texte, du mariage comme celui d’un homme et d’une femme. Rien de plus traditionnel que cette distinction mais cela prend une épaisseur particulière dans le contexte français où l’Eglise combat de pied ferme le mariage pour tous… Il y a sur ce thème de la famille quelque chose de décevant dans ce texte notamment quant aux couples divorcés-remariés. La discipline de l’interdiction d’accéder aux sacrements de l’Eucharistie et à celui de la Réconciliation est réaffirmée en même temps que leur pleine participation à la communauté ecclésiale. Cela m’interroge. Comment peut-on appartenir à une communauté qui vous prive de l’accès à sa source. La douleur de de la rupture doit être, j’imagine, suffisamment lourde et difficile à porter, sans que ceux qui veulent participer à la vie de l’Eglise soient chargés d’un nouveau fardeau. Même si les sacrements ne sont pas des droits, ils sont ce qui nous aide, par la seule grâce de Dieu, à devenir davantage disciple et nous invitent à être configurés à Sa ressemblance. Certes, la grâce transcende les sacrements et la puissance de Dieu n’est pas contenue dans ces derniers. Mais ce refus constitue, pour moi, un grave signe de fermeture et fait entrave à cette dynamique d’accueil et d’ouverture mentionnée à de nombreuses reprises dans leur texte. C’est d’autant plus surprenant que ceux qui édictent ces préceptes sont les ministres officiels de la miséricorde et surtout sont, par choix et par obligation canonique, célibataires… pour le Royaume. Espérons que dans un proche avenir, l’Eglise aura le courage de revenir sur cette discipline et s’ouvre davantage à la réconciliation. Cette dernière ne doit pas concerner que les intégristes de la fraternité Saint Pie X… mais tous ceux et toutes celles qui, attachés à l’Evangile sont comme au ban de l’Eglise. Je pense aux divorcés-remariés, mais aussi aux prêtres qui ont quitté le sacerdoce presbytéral pour se marier etc.

Se convertir pour vivre pleinement

L’invitation du Christ dans son Evangile est pour tout à chacun sans jugement sur sa manière d’être ou d’agir. Il invite à la conversion pour que la vie soit pleinement vécue. Cette conversion doit être avant tout une conversion de regard et de cœur avant d’être un enfermement dans une discipline telle n’importe quelle structure humaine. Il est paradoxal d’affirmer en même temps cette « limite » à la participation à la vie de l’Eglise et d’écrire un peu plus loin :

Témoigner de l’Evangile n’est le privilège de personne. Ainsi reconnaissons-nous avec joie la présence de tant d’hommes et de femmes qui par leur vie se font signe de l’Evangile au milieu du monde.

Faudrait-il comprendre que l’Evangile peut faire signe dans la vie de chacun mais que l’Eglise ne peut le reconnaître que dans la vie de ceux qui respectent ses codes disciplinaires ? Il y a là, à mon sens, un réel paradoxe. Comme Adolfo Nicolàs, préposé général de la Compagnie de Jésus, je pense « Que le pardon et la réconciliation sont les raccourcis les plus efficaces vers le cœur de l’Evangile. ».

Coresponsable mais pas vraiment

J’aimerai revenir aussi sur ce terme de coresponsabilité entre clercs et laïcs. Il est noble de l’affirmer mais dans ce cas pourquoi tant de prêtres voient les laïcs comme des auxiliaires voire des concurrents. La mission reçue d’annonce de l’Evangile est la même pour tous au travers des sacrements de l’initiation chrétienne ; c’est juste la modalité du ministère qui change. Le Concile Vatican II l’a dit mais cela a du mal à faire son chemin parmi certains évêques et les prêtres.

Vaste monde ma paroisse ?

L’Eglise se doit d’être au milieu du monde et ses ministres ordonnés aussi. Je ne suis pas certain que le modèle paroissial que vante ce document soit vraiment l’avenir. Beaucoup de ne s’y retrouvent pas ou plus. Le déplacement des personnes dû notamment à la recherche de travail ne favorise pas ce modèle et l’intégration dans le tissu paroissial est lent et fastidieux surtout lorsqu’il est tenu depuis de longues années pas les mêmes personnes. En revanche, les mouvements et services d’Eglise sont des occasions de dynamisme pour vivre la mission du Christ. C’est aussi une occasion de reprendre, relire son vécu, son action pour y discerner la présence de Dieu et ses appels pour vivre et annoncer sa Parole dans son quotidien. Mais cela demande que les évêques acceptent cette manière de concevoir l’Evangélisation…

Des ministres disponibles

Cet appel à ce que les laïcs prennent pleinement part à cette nouvelle évangélisation aux côtés de ministres ordonnés sous-entend que ces derniers soient disponibles. Trop souvent nous les voyons ployer sous la charge malgré la présence de laïcs à leur côté. Il faudrait, d’une part, qu’ils comprennent que cette indisponibilité constante n’est ni appelante ni accueillante mais surtout que les évêques saisissent que leurs prêtres ne sont pas des surhommes. Cet appel que font les pères synodaux à mettre la personne humaine au centre du développement économique, penser ce développement lui-même comme une occasion  de croissance du genre humain dans la justice et l’unité est valable aussi pour les prêtres. Un prêtre, jeune ordonné, qui devant la lourde tâche à accomplir, la difficulté de la vie fraternelle avec les prêtres de la ville…, s’est tourné vers son évêque pour lui faire part de ses difficultés dans le ministère. Ce dernier ne lui a pas manifesté beaucoup de compassion et d’écoute et lui ai fat des réponses toutes faites peu réalistes et difficilement praticable. Aujourd’hui, ce prêtre cherche toujours comme vivre son presbytérat en fidélité avec l’appel qu’il perçoit du Seigneur, loin de son église locale… La vie ministérielle est tout aussi difficile que la vie quotidienne de chacun d’entre nous. Si ceux qui ont la charge spécifique, par l’ordination, d’être attentifs à toute la portion du peuple de Dieu qui leur est confiée ne sont pas vigilants à leurs plus proches, comment le reste du peuple de Dieu peut entendre cet appel à considérer l’autre comme son propre frère ?

Attentifs ensemble

Dans tous les domaines de notre vie, peu importe la responsabilité, le ministère que l’on porte ou qui nous est confié, nous sommes plus que jamais les gardiens de nos frères. Ne ternissons pas l’appel du Christ par notre comportement volontaire ou par omission ; nous en sommes coresponsables. Ce « Voyez comme ils s’aiment » de Tertullien, cité d’ailleurs dans le message des pères synodaux est un impératif : comment pouvons-nous aimer Dieu, le monde si nous ne nous aimons pas d’abord nous mêmes et si nous n’aimons pas nos frères qui partagent la même foi. Cet amour doit nous engager à aller à la rencontre des hommes et des femmes de ce temps dans cette gratuité d’une annonce qui se dit par notre comportement et notre vie.

De belles idées habitent de ce message des pères synodaux mais il ne va pas assez loin àmon goût. A sa lecture, nous reconnaissons l’impulsion d’évêques français tels Yves Patenôtre, prélat de la Mission de France et archevêque de Sens-Auxerre ou bien encore Claude Dagens, évêque d’Angoulême sur cette importance de vivre au milieu des hommes, témoin de ce Christ et de cette Eglise qui a choisi de proclamer dans Vatican II que

Les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps, des pauvres surtout et de tous ceux qui souffrent, sont aussi les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des disciples du Christ, et il n’est rien de vraiment humain qui ne trouve écho dans leur cœur.

Je perçois aussi dans ce textes des crispations notamment sur les ministères, sur ceux qui se sont éloignés de l’Eglise ou bien encore sur le modèle paroissial. Cependant, je retiens cette volonté d’aller à la rencontre des hommes et des femmes de ce temps, conscient qu’ils ont quelque chose à nous dire du Christ même s’ils ne le confessent pas. Espérons que le Pape, dans sa future exhortation, pourra reprendre avec force cette volonté même si cette idée même d’exhortation est un coup de canif dans la collégialité et l’autonomie des évêques voulues par Vatican II.

Mettre l’Evangile en action

Ces derniers jours Rome a attiré l’attention des médias avec l’ouverture du procès du majordome de Benoît XVI. D’autres pulsations de la vie de l’Église catholique sont intéressantes comme le voyage du Successeur de Pierre à Lorette, sur les pas du Bienheureux Jean XXIII. Ce déplacement est signe de la volonté de Benoît XVI de remettre l’humain, hommes et femmes, au cœur de la société, au cœur de l’annonce de la Bonne Nouvelle.

Dans la crise actuelle, qui ne concerne pas seulement l’économie, mais plusieurs secteurs de la société. Incarnation du Fils de Dieu nous dit combien l’homme est important pour Dieu et Dieu pour l’homme.

Basilique saint Pierre à Rome - (c) PBCCes mots du Successeur de Pierre à Lorette replace la foi des chrétiens, en ce Dieu fait homme, dans une responsabilité commune. L’importance de l’amour de Dieu pour l’homme exige de lui qu’il en rende compte par sa vie et ses actions. Aimer c’est témoigner. Il ne s’agit pas d’ensemble de prescriptions, de règles à respecter mais bien d’incarner, de témoigner par son quotidien que Dieu s’intéresse à l’homme et que toutes ses activités sont donc dignes d’intérêt.
L’Église n’est pas et n’a pas à être coupée de la société
Alors que vont s’ouvrir mercredi prochain, les festivités autour des 50 ans du début du Concile Oecuménique Vatican II, il est bon de se souvenir que ce dernier fait le lien avec la vie des hommes et des femmes de ce temps. C’est d’ailleurs ce que dit dès le début un des textes de ce Concile : la Constitution Pastorale sur l’Église en ce monde et en ce temps dit :

Les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps, des pauvres surtout et de tous ceux qui souffrent, sont aussi les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des disciples du Christ, et il n’est rien de vraiment humain qui ne trouve écho dans leur cœur. Leur communauté, en effet, s’édifie avec des hommes, rassemblés dans le Christ, conduits par l’Esprit Saint dans leur marche vers le Royaume du Père, et porteurs d’un message de salut qu’il faut proposer à tous. La communauté des chrétiens se reconnaît donc réellement et intimement solidaire du genre humain et de son histoire.

L’Église n’est pas et n’a pas à être coupée de la société, elle doit être au cœur même de la vie des hommes pour y amener celui que les Chrétiens ont découvert comme celui qui les sauvait.
Élargir l’espace de sa tente
Dieu nous invite sans cesse à élargir l’espace de sa tente, à faire l’expérience de la rencontre de ses contemporains.. Dans ce texte du Concile j’entends vraiment l’appel à se mettre en route sans cesse vers ceux d’abord qui façonnent mon quotidien. Ce Salut que le Concile nous amène, à la suite du Christ, à apporter au Monde est à vivre dans cette banalité du quotidien qui se succède. Cette banalité peut se révéler extraordinaire si, avec la grâce de Dieu et la prière de nos frères et sœurs, nous tâchons de nous souvenir de cette exigence de non-condamnation de l’autre. Il ne s’agit pas de tout accepter mais d’exercer une intime bienveillance. Ce qui doit guider l’action ce n’est pas d’imposer une quelconque vérité mais de servir  de la personne humaine dans toutes ses dimensions.
Qu’est-ce qu’évangéliser ?
Benoit XVI dans son homélie d’ouverture du Synode pour la Nouvelle Évangélisation a dit que « L’Église existe pour évangéliser ». J’espère que les Pères Synodaux se poseront la question de savoir ce que cela signifie en premier lieu. Si c’est favoriser la catéchèse, la liturgie et parler boutique c’est, à mon sens, faire erreur. En revanche, si cela nous invite à « fixer le regard sur le Seigneur Jésus » et à trouver en ce monde, les signes des temps nécessaires pour rejoindre nos contemporains sur leur chemin de vie, c’est une bonne nouvelle. L’évangélisation doit d’abord passer par cette ouverture au monde voulue par Jean XXIII. Sa phrase célèbre :« Je veux ouvrir la fenêtre de l’Eglise, afin que nous puissions voir ce qui se passe dehors, et que le monde puisse voir ce qui se passe chez nous » nous y pousse. Vatican II nous invite à devenir des missionnaires de l’annonce mais cette dernière doit, à mon sens, passer par capillarité, par nos modes de vie, de pensée, par une fraternité manifestée à tout à chacun.
S’enraciner dans la Parole puis agir
Cela demande d’assumer pleinement notre héritage chrétien, d’être vraiment enraciné dans la Parole pour la vivre dans notre quotidien, telle la boussole qui indique le nord. Lire, goûter, savourer la Parole est l’oxygène du chrétien, elle nous aide à mieux entrer dans le projet de salut que Dieu nous offre. Bien que cela soit nécessaire, essentiel et indispensable, cela n’est pas suffisant pour nous qui sommes dans ce monde. Si nous voulons que le règne de Dieu s’y installe il me parait logique que nous agissions en son sein pour ceux auxquels nous sommes envoyés. C’est-à-dire qu’il faut s’atteler chaque jour davantage à ce que nos frères et sœurs en humanité, puissent vivre dans des conditions où la justice ne soit pas bafouée, où le droit ne soit pas ignoré, où la fragilité, le handicap, la dépendance ne soient pas perçus comme des freins au développement mais comme une véritable chance. Enfin, évangéliser c’est sans aucun doute tout faire pour que l’humain ne soit pas une variable d’ajustement, ni même une ressource mais un coopérateur pour permettre à Dieu de se révéler anonymement dans les petites choses, les petits gestes quotidiens.

Sauvés pour servir

Le service de l’autre, au nom de l’Evangile, est une priorité pour celui qui désire être disciple du Christ. C’est une manière concrète de vivre ce salut offert gratuitement par Dieu  à chaque être humain.

Servir l’autre ce n’est pas se substituer à sa liberté, ni à son autonomie. Il s’agit de l’accompagner, de l’aider pour un temps et une tâche déterminée. Quelle peut bien être l’utilité du service, de la main tendue dans nos sociétés qui semblent s’enfermer dans une sorte d’égoïsme, de repli, même s’il demeure ici où là  des îlots de générosités?
L’autre est source de richesse
Servir c’est d’abord se décentrer, reconnaître l’importance de l’altérité ; que la présence de l’autre est signe pour moi d’un monde où la richesse est avant tout relationnelle. Il est important de passer par la gratuité dans nos échanges. Les relations tissées ne sont pas des marchandises dont nous devons négocier le prix. Nous devrions avoir en tête la singularité des personnes rencontrées avant toute autre chose, c’est une question de respect non seulement de l’autre mais aussi de moi. C’est à cette seule condition que le service aura une pertinence.
Oser la rencontre
Servir c’est aussi reconnaître que je suis différent du fait de mon histoire, de mes connaissances, de mon savoir tout autant que l’autre. Servir ce n’est pas se croire supérieur à l’autre mais penser en terme de complémentarité dans une altérité bien ajustée. Cela nécessite de prendre le temps de connaître celui que je sers et inversement. Ne restons pas à l’apparence, au regard qui juge promptement et risque le mépris et l’ignorance. La peur du regard de l’autre ou même la peur de mon propre regard sur l’autre peut parfois être un obstacle à la rencontre. Un effort est alors nécessaire pour briser la glace naturelle des relations. C’est une longue et bénéfique marche qu’il faut alors entreprendre pour un accomplissement serein du lien qui se noue.
Se laisser rejoindre
Accomplir un service, c’est s’engager librement. Cela demande de l’abnégation, du courage et surtout de consentir à la cause pour laquelle on s’engage. Cette liberté est importante, sinon l’action ne sera pas pérenne et le but ne sera pas atteint. Lorsque l’on se fait serviteur de l’autre, ce n’est pas un hobby, une occupation pour tuer le temps mais une action qui compte et engage toute la personne dans l’ensemble des dimensions de son être. C’est une dynamique de don de soi à l’autre qui va au-delà du service que l’on rend. C’est un double mouvement, celui qui reçoit donne aussi à l’autre et souvent bien plus. Nous ne sommes pas dans du donnant-donnant équilibrant une relation mais dans un accueil réciproque.
Servir c’est accepter non seulement d’être dépossédé de ce que l’on donne à l’autre et surtout d’être rejoint par ce dernier dans l’inattendu des événements.