Cet autre que j’exclus

Ça y est ! C’est l’hiver ! Il fait froid et la France grelotte ! Les journaux et les télévisions parlent, enfin, des personnes exclues accueillies par les associations, paroisses, pouvoirs publics dans différentes structures. Tant mieux ! Au moins elles ne sont pas oubliées ces quelques jours par an et l’État peut ainsi se glorifier de « mettre tout en œuvre pour elles ». Et puis, le Président sortant n’avait-il pas promis qu’avant la fin de son mandat plus aucune personne SDF ne dormirait dehors ? Certes ces personnes sont bien exclues du fait de leur situation concrète et visible, mais soyons sincère avec nous-mêmes : n’ai-je pas tendance, au quotidien, à exclure volontairement des personnes qui ne dorment pas dehors et mangent à leur faim ? Convaincu de la nécessité de bâtir cet « insaisissable vivre ensemble » et résolu de construire, avec d’autres – car je ne suis pas le sauveur du monde- une société plus humaine, plus juste, plus fraternelle, je m’interroge sur ce qu’il faudrait faire, ce qu’il faudrait être pour cela.

Peut être faudrait-il commencer par s’ouvrir davantage à nos contemporains, à ce qu’ils vivent, à leurs combats quotidiens et concrets. Mais comment ? Comment ne pas se sentir dépassé par le champ des possibles ? Une des réponses à ces questions serait d’habiter simplement, notre monde, notre quotidien en ouvrant les yeux sur ce qu’il m’offre, sur ces rencontres prévues ou imprévues qu’il m’est donné d’avoir. C’est au cœur de ces dernières qu’il me sera, sans nul doute, possible de m’ouvrir à cet autre qui semble être en souffrance ou simplement qui ne sera pas reconnu à sa juste valeur.

Avouons que notre société, nos entreprises, nos lieux de vie sont assez peu enclins à donner à l’homme sa place principale. Nous sommes souvent préoccupés, voire poursuivis pas le spectre de la réussite, de la rentabilité et ce qui devrait passer en premier, la dimension humaine, passe trop souvent en dernier. Pour preuve, les services qui ont en charge le personnel des institutions ont pris le nom de Ressources Humaines et non plus de Relations Humaines. Si l’humain est une ressource, il devient logique dans ce cas de ne pas le considérer comme une personne capable de relation mais juste comme un des outils nécessaires à la bonne marche de l’entreprise.

Nos relations sont souvent faussées car empreintes de défiance, de violence non dite ou non proférée mais si évidente que personne n’ose bouger, faire un pas de crainte que cela soit pire que mieux. Il devient important de changer ces mentalités, ces modes d’action. Nous n’arriverons à rien avec cette haine, cette indifférence quotidienne. Il n’est pas question de faire semblant de s’aimer tous mais de se respecter. D’abord soi-même, puis l’autre. L’un conduit à l’autre.

Le respect est sans doute ce qui nous manque le plus. Ce respect qui consiste à considérer l’autre comme mon semblable tout en respectant absolument sa différence. Cette dernière peut nous étonner, nous surprendre mais en aucun cas elle ne doit être un critère de condamnation de cet autre. Nous devons nous persuader et l’être pleinement que cette différence est une véritable chance, une occasion inestimable d’enrichissement.

Prenons donc le temps de nous poser la question de ces rapports humains, laissons-nous interpeller par ces rencontres non choisies et nous nous apercevrons sans aucun doute que nous avons en fait un grand nombre de points communs. Nous devons tenir ferme nos convictions sans pour autant dénigrer celles de l’autre mais avoir l’honnêteté intellectuelle et ontologique de constater que ce qui nous rapproche est plus important que ce qui nous divise. Si nous sommes d’accord sur l’essentiel, le reste devient facultatif mais pas inutile. N’abandonnons jamais le dialogue mais efforçons nous de toujours être des facteurs et des acteurs de réconciliation.

L’Homme : principe et fondement de l’engagement.

Lorsque nous prenons le temps de nous informer, nous avons comme l’impression que tout va mal et que cette crise ou plus ces crises sont bien loin d’être finies. Le mouvement premier devant ce constat est un repli sur soi comme pour mieux de protéger. Comme croyants, comme disciple du Christ, nous ne pouvons pourtant pas rester dans notre cocon. Nous avons le devoir d’agir et de nous engager.
S’engager au service de l’autre, c’est entrer dans une dimension qui dépasse tout calcul. Etre avec l’autre, cheminer à ses côtés dans un quotidien nous apprend que la seule vraie richesse c’est cette humanité partagée. Cette découverte doit nous conduire à une vigilance extrême sur la place que notre société veut donner à l’Homme. Bien trop souvent, c’est à une valeur marchande qu’il est renvoyé : « Dis-moi combien tu gagnes, je te dirais comment je te considère ». Les critères sont monétaires alors qu’ils devraient s’appuyer sur la richesse de l’expérience, des connaissances apprises. La question que nous devrions nous poser après avoir rencontré une personne est « qu’est-ce qu’elle m’a apporté dans mon humanité ? Comment l’autre m’a aidé, à pu éclairer sur mon chemin ?». C’est à un renversement de raisonnement qu’il nous faut opérer en se positionnant comme une personne qui a toujours à apprendre de l’autre quel que soit sa condition sociale.
Agir avec amour et vérité
 « Allez vers l’autre » est l’essentiel d’une attitude chrétienne mais, à la seule et unique condition, que ce soit guidé par un désir de rencontre et non pour faire bonne figure ou simplement par « charité » et « condescendance. C’est une véritable exigence que d’oser prendre le risque de rencontrer l’autre dans la plénitude de ce que je suis et de ce qu’il est. Laisser les masques au vestiaire pour se révéler dans un cœur à cœur pourrait, sans aucun doute, changer beaucoup de choses dans notre société. Le centre de gravité de cette dernière réside dans le cœur des hommes et des femmes. Pourquoi ne prendrions-nous la décision intérieure de vivre et d’agir en vérité avec nos contemporains ?
Etre avec l’autre
L’harmonie de notre société ce n’est pas une unanimité obtenue par une force de conviction ou de manipulation mais grâce à un consentement libre et éclairé acquis dans le dialogue et le débat. Dans notre investissement au cœur de la société, au service de nos frères et sœurs en humanité, ne soyons pas hypnotisés par l’efficacité. C’est ma manière d’être avec l’autre qui est le critère d’une vie réussie. C’est en comptant les uns sur les autres, dans la confiance, et en tâchant de se comprendre mutuellement qu’il sera possible de bâtir un monde nouveau. C’est à cette qualité d’être qui nous donnera les clefs pour sortir indemne de ces crises.
Ne cherchons pas ailleurs les solutions, elles résident dans le cœur de l’Homme souvent bien compliqué.

Paroles pour Parole

Pendant que Nicolas Sarkozy et Angela Merkel revêtent leur tenue de sauveur de l’Euro et des banques, sans oublier de sauver la Grèce de la faillite (ce qui est tout de même une bonne nouvelle), les déclarations idiotes, iniques et ubuesques de certains ministres français demeurent. Il est vrai que la campagne pour 2012 s’est intensifiée, que le sortant sort du bois et que, celui que je soutiens, François Hollande, est en capacité de le remplacer. Cependant, une parole de l’Ecriture, entendue récemment, me semble être un point d’appui essentiel si nous voulons reprendre notre dignité et surtout, permettre à ceux que notre mépris ou tout simplement notre peur en prive, la retrouve.

 A croire que nous sommes sans cesse dans cet effet de balancier qui vise à ce que tout ce qui peut être positif se transforme en négatif. C’est une des forces majeures de ce gouvernement : la course à la proposition la plus immensément démagogique sans aucun lien avec le bien-être des personnes. Mais, à bien y réfléchir, nos gouvernants ne vivent peut être pas dans le même monde que nous. Ils ne connaissent pas les fins de mois difficiles, ni la nécessité de payer des factures toujours plus fortes pour ceux qui ont des revenus de moins en moins élevés. J’en veux pour preuve la déclaration de M. Wauquiez  (leader de la droite sociale – sic)  de « réserver une partie des logements sociaux à ceux qui travaillent. ». Faut-il comprendre que pour ce ministre de la République, chargé de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, les personnes sans emploi le font, non seulement exprès, mais sont en plus des profiteurs qui ont un magot leur permettant d’avoir une résidence principale confortable à… Neuilly ? Ou bien encore dernièrement l’évocation par certains parlementaires de créer un nouveau de taux de TVA pour renflouer les caisses de l’Etat. Si j’en crois les informations entendues récemment ce serait sur des produits qui aujourd’hui sont à 5.5% comme les plats préparés. Comme par hasard, une fois encore ( ?) ce sont des produits souvent achetés par des personnes aux revenues modestes… Nous marchons vraiment sur la tête et il est vraiment temps que nous changions de méthode de gouvernement, de gouvernants et, plus largement de manière de considérer nos concitoyens. Le Général de Gaulle avait dit que les Français étaient des veaux… Alors faisons honneur à cette expression et saisissons-nous de notre instinct grégaire pour affirmer démocratiquement, en 2012, notre volonté de changement.

 Il est de notoriété publique que je soutiens François Hollande. C’est un soutien raisonné car je crois qu’il est capable de battre Nicolas Sarkozy et de proposer un autre modèle aux Français. Pour autant, je ne crois pas aux miracles, ni aux belles déclarations. Je crois le candidat du PS lorsqu’il dit, dans son discours d’investiture, avoir entendu (et écouté j’espère) les souffrances des plus fragiles, de ceux qui travaillent et ne peuvent vivre que difficilement de ces revenus. Egalement, lorsqu’il manifeste sa confiance dans la capacité de mobilisation et de sursaut des Français. Mais, et il y a toujours un mais, s’il est élu, quelle sera sa capacité d’action, quelles marges de manœuvres aura-t-il dans une économie qui est de plus mondialisée où la finance a bien (trop) souvent plus de poids que le politique. Aura-t-il non pas la volonté mais cette désobéissante pugnacité de mener à bien son désir que « le rêve français », dont il est l’ardent défenseur, devienne réalité ? Ses quatre principes présentés lors de son investiture, comme candidat du PS, semble l’augurer et cette volonté de vérité, transparence, volonté et justice me permette de le croire. Alors, avec François Hollande partons à l’assaut et tâchons de permettre à cette espérance qu’il promeut de devenir réalité.

 Toutefois et conscient de l’impératif de séparation des pouvoirs entre le spirituel et le temporel et celui de non confusion des champs d’investissement, je ne peux m’empêcher de penser que l’Ecriture peut être utile dans un discernement chrétien en vue de l’action politique. Un passage de l’écriture me reste ancré dans le cœur depuis la fin de la semaine dernière. Il s’agit d’une lecture tirée du livre de l’Exode (22, 20-26) :

Quand Moïse transmettait au peuple les lois du Seigneur, il disait : « Tu ne maltraiteras point l’immigré qui réside chez toi, tu ne l’opprimeras point, car vous étiez vous-mêmes des immigrés en Égypte. Vous n’accablerez pas la veuve et l’orphelin. Si tu les accables et qu’ils crient vers moi, j’écouterai leur cri. Ma colère s’enflammera et je vous ferai périr par l’épée : vos femmes deviendront veuves, et vos fils, orphelins.
Si tu prêtes de l’argent à quelqu’un de mon peuple, à un pauvre parmi tes frères, tu n’agiras pas envers lui comme un usurier : tu ne lui imposeras pas d’intérêts. Si tu prends en gage le manteau de ton prochain, tu le lui rendras avant le coucher du soleil. C’est tout ce qu’il a pour se couvrir ; c’est le manteau dont il s’enveloppe, la seule couverture qu’il ait pour dormir. S’il crie vers moi, je l’écouterai, car moi, je suis compatissant ! »

C’est en quelque sorte la profession de foi de Dieu. Dans ce texte, Dieu fait saisir à son peuple qu’il ne le laissera maltraiter le plus démuni, celui qui est immigré, affamé, transit de froid. Ce texte n’est pas non plus angélique mais juste ; il met au centre de l’action l’homme. Au delà de toute dette ce qui doit être préservé c’est l’intégrité de l’homme, ne pas l’accabler ni lui faire rendre gorge parce qu’il doit quelques subsides. Cette attitude de respect à l’égard du prochain et surtout du « blessé de la vie » devrait nous faire réfléchir bien au-delà de la sphère ecclésiale et de la prédication domicile plus ou moins bien réussie. Il s’agit d’un enjeu d’humanité : celui de considérer l’autre de la même manière que j’aimerai être considéré par lui. C’est un présupposé chrétien mais surtout un présupposé humain.

Peut être que nos édiles et surtout ceux qui aspirent à la magistrature suprême devraient lire et relire ce texte le matin en se rasant. Ils y trouveraient, sans aucun doute, de quoi nourrir leur action politique et démocratique. Mais, la condition à la fois ultime et première est que ces mots aient véritablement un sens pour eux.

A Dieu Bernard !

Bernard StasiBernard Stasi est décédé dans la nuit du 3 au 4 mai 2011. Brutale nouvelle qui vient assombrir notre paysage politique. Ce grand homme fait partie des rares politiques qui ne cherchaient pas à flatter l’électeur, telle une vache au Salon de l’agriculture, à la recherche de voix. Il cherchait à dire ce qui lui semblait le plus utile, le plus vrai, le plus authentique pour ceux qu’il était appelé à servir.
A Epernay, il tâchait de favoriser les populations marginales, ce qui ne plaisait pas à la droite. Sur la scène nationale, il était le héraut du combat contre les idées nauséabondes du Front National. C’était véritablement un homme politique, un homme tourné vers la Cité pour ses concitoyens. Soucieux des plus fragiles, de ceux qui étaient en péril, il n’a jamais hésité à prendre une parole authentique, quitte à se faire des ennemis et à perdre des voix voire un mandat.
J’ai eu la chance de côtoyer Bernard Stasi. Il a été le maire de ma commune et surtout le Président du Centre des Démocrates Sociaux de la Marne. Il m’a donné le goût de l’engagement public et politique. Il m’a aidé à comprendre que les convictions intérieures ne doivent pas entrer en conflit avec les convictions politiques. L’une et l’autre doivent entrer en dialogue pour trouver ce qui est meilleur pour le service de la cité. Si aujourd’hui je cherche où servir, c’est bien parce cet exemple d’authenticité de l’action me hante. Où aujourd’hui s’engager, dans quelle formation politique trouvons nous cette audace du « dire ce qui déplaît », cette volonté de déplacer les montagnes pour faire vivre cet « indéniable vivre ensemble ?»
Sa voix s’est éteinte, il était déjà silencieux depuis quelques années, affecté par la maladie d’Alzheimer. L’image que je garde de lui c’est cet homme affaibli qui avait fait le déplacement à Reims pour le meeting présidentiel de Bayrou. Porté à bout de bras par quelques proches, il avait été acclamé par l’assistance. Lui aussi croyait que Bayrou était l’homme de la situation, d’ailleurs il avait pris fait et cause pour lui dans un article du Monde. Ensuite, c’est cet ouvrage : Tous français, formidable analyse de notre société qui mériterait d’être sur la table de nuit de beaucoup de responsable politique et sur les gondoles des librairies. Un livre à la hauteur de cet homme au langage simple mais non simpliste, clair et percutant. Un livre dont le contenu est tiré du terrain, de l’expérience.
Bernard Stasi, nous manque déjà. Même si sa maladie nous a habitué au silence, son souvenir lui, j’espère, ne le restera pas. Ce qu’il incarné, tout ce qu’il a défendu mérite bien mieux que de belles phrases funèbres et in memoriam. Ses combats faisaient le respect et l’unanimité de tous, même le Parti Communiste adresse son respect par ces mots : « attaché aux valeurs fondamentales de la République et au sens de l’Etat qui ne se perdit jamais dans les compromissions électoralistes avec les franges les plus xénophobes de la droite ». C’est dire la grandeur de cet homme.
Des hommes comme Bernard Stasi font l’honneur de la France, de son système d’intégration et de la grandeur de l’engagement politique. Reste maintenant que ses « successeurs » sauront garder intact cet héritage. Nous avons besoin de consensus, de sens, de conscience intelligente morale comme l’était Bernard Stasi.
Gageons que ceux qui lui rendront hommage sauront marcher dans ses traces et faire honneur à cet homme qui avait la « Politique au Cœur ».

 Merci, Bernard !

Etre du Centre

La talentueuse journaliste et blogueuse Natalia Trouiller m’a tagué, ainsi que quelques autres, à propos du centre, dans sa conception politique. Le temps a passé mais je n’ai pas oublié cette main tendue, déjà saisie par certains comparses – je n’ose pas dire camarades ni même compagnons – à participer au débat.

A vrai dire, je ne sais pas si je dois utiliser le terme « centre » ou « les centres » tellement la situation actuelle de notre paysage politique est embuée par l’obsession, la pseudo nécessité d’occuper cet espace entre la droite et la gauche. Ce serait risible si cela ne risquait pas de mettre en péril la confiance – déjà bien mal en point –  de notre démocratie. Mais là n’est pas le propos. Se revendiquer du centre, c’est pour moi affirmer que la politique est d’abord une affaire de consensus, de rencontres, de partages aidant à se forger une d’opinion. Je suis et demeure convaincu qu’en politique, comme en beaucoup d’autres choses d’ailleurs, il n’y a pas de vérité absolue mais des vérités qui se forgent au gré de la rencontre et la confrontation d’idées sources et motrices.

Une des miennes, qui est peut être une obsession, c’est la centralité de l’homme comme sujet. Il doit être le point de départ, le poids nodale de toutes réflexions, de tous socles. Ce que le politique est amené à bâtir doit résolument être ordonné au bien-être des personnes, à favoriser le vivre ensemble. Il ne s’agit pas de bâtir un communautarisme mais une communauté au sens où Emmanuel Mounier l’entendait. De cette base initiale, il peut être mis en œuvre des politiques publiques en faveur du dynamisme économique, des réformes fiscales et sociales etc… La seule condition et la seule question qui doit se poser, à l’heure de ces réflexions, est le principe d’égalité ou, à l’extrême rigueur, veiller à ce que les mesures prises soient le moins nuisibles possibles. J’ai bien conscience non seulement qu’il est difficile de satisfaire chaque concitoyen mais aussi qu’il existe des différences entre les uns et les autres. Pourtant, se réclamer du centre, pour moi, c’est être extrêmement vigilant à ne pas favoriser une catégorie plus qu’une autre. Cela serait pour moi de la démagogie et de l’électoralisme. Cependant, j’ai conscience de la difficulté de tenir sur le terrain ce discours mais c’est pour moi un présupposé, un critère de discernement de l’action politique.

Choisir le centre, pour moi, c’est le refus d’entrer dans une stigmatisation et une catégorisation outrancière de l’homme. C’est essayer de croire, malgré tout, malgré moi, qu’il y a toujours un avenir pour chacun, qu’il n’y a pas de fatalité où nous enfermerions les personnes dans leur situation et ainsi avoir la conscience tranquille. Choisir de vivre ces valeurs qu’incarnent pour moi le centre, telle que mon mentor Bernard Stasi, l’a vécu, à ce que j’en ai compris lors de mes jeunes années de militantisme, c’est accepter d’aller jusqu’au bout de ses convictions au risque de tout perdre. Le compromis est possible en politique, il est même souhaitable et sain mais la compromission est en revanche délétère tout comme les petits arrangements, les petits renoncements, pour avoir juste un poste, un titre ou un siège. Même si, il ne faut pas se le cacher, il y a une part d’orgueil, de recherche de la satisfaction d’être utile lors d’un engagement politique ce n’est pas cela qui doit être premier et motiver ce choix.

Une fois encore, le service de l’homme, de tous les hommes, de chaque homme doit être le moteur premier, si j’ose dire, de cet engagement au service de la cité. Le centre n’a bien sûr pas le monopole de cette manière de vivre et de penser mais c’est pour moi, aujourd’hui, le seule positionnement qui peut permettre aux uns et autres, démocrates et républicains (dans l’acception étymologique de leur sens) de faire de la politique, de servir la cité, autrement dit en vue du bien public et du bien commun.