Devenir disponible pour la mission

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Devenir disponible pour la mission

« Qui enverrai-je ? Qui sera notre messager ? », avons-nous entendu dans la première lecture de ce dimanche. Nous entendons la réponse d’Isaïe : « Me voici : envoie-moi ! ». Ces phrases nous invitent à réfléchir à la mission que le Seigneur nous confie. Continuer la lecture de « Devenir disponible pour la mission »

Franchir les frontières

Quel contraste entre avent_2la première lecture et l’Évangile de ce deuxième dimanche de l’Avent. Isaïe nous présente un monde idyllique de fraternité et Matthieu les paroles vigoureuses de Jean-le-Baptiste.
Réconciliation
Dieu aurait-il changé durant les 8 siècles qui séparent ces deux lectures ? Bien-sûr que non. Le premier nous présente ce que serait le monde réconcilié de l’Homme avec Dieu et le second les modalités de cette réconciliation.

Se réconcilier avec Dieu, se convertir, c’est accepter de se mettre en route à la suite de l’appel que Dieu.

Il ne cesse de nous appeler au quotidien même dans les déserts de nos vies, même dans la sécheresse de notre vie spirituelle.
Conversion
Nous n’avons jamais fini de nous convertir, car nous n’avons jamais fini de découvrir l’immensité de l’amour de Dieu. Alors, mettons en marche pour partir à la rencontre du Seigneur qui ne dévole que dans cet accueil mutuel que nous décrit Paul dans la seconde lecture.
Frontière
Que le Seigneur nous donne la grâce en ce dimanche et tout au long de cette semaine de quitter nos zones de sécurité, de confort pour franchir la frontière qui nous sépare de l’autre. Ainsi, « d’un même cœur, d’une seule voix, nous rendrons gloire à Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ »
<< Méditation du premier dimanche de l’Avent  – A

Méditation du troisième dimanche de l’Avent – A >>

 

Marcher, veiller et espérer

Nouavent_1s entrons ce dimanche dans le temps de l’Avent. Les textes que nous propose la liturgie nous entrainent à marcher, veiller et espérer. C’est la dynamique de ce temps d’attente qui nous conduira vers cette fête de Noël.
Entrainement
Laissons-nous entrainer pas l’invitation du prophète Isaïe de venir vers la lumière du Seigneur, c’est elle seule qui peut illuminer nos cœurs et rendre nos vies davantage fécondes.
Joie
Notre quotidien nous entraine souvent à courir, à remplir nos agendas pour assumer nos missions et le temps passant nous oublions l’essentiel : tâcher de trouver la joie de Dieu au coeur de nos vies.Le psalmiste nous dit sa joie lorsqu’il lui est annoncé le but de sa marche : aller vers la maison du Seigneur. Et nous ?

Sommes-nous capables de ressentir une joie profonde, un appel qui nous entraine sur le chemin de l’espérance ?

Relecture
Durant tout ce temps de l’Avent, prenons le temps de relire nos vies chaque jour pour y trouver une raison d’espérer et d’entrer dans l’action de grâce de nous savoir aimé par Dieu qui, par amour, pour chacun de nous, nous offre son Fils unique.

>> Méditation pour le second dimanche de l’Avent – A

Combattre pour la justice

« Les yeux fixés sur Jésus-Christ, entrons dans le combat de Dieu ». Cette antienne de ce temps de carême, nous place au cœur même du désir de Dieu combattre pour et avec lui en compagnie de son Fils. Mais quel peut bien être ce combat ? Il est sans aucun doute vaste, mais une constante apparaît à la lecture de sa Parole notamment chez le Prophète Isaïe (58, 6-7), lorsqu’il est question du jeûne qui plait à Dieu : « faire tomber les chaînes injustes, délier les attaches du joug, rendre la liberté aux opprimés, briser tous les jougs. N’est-ce pas partager ton pain avec celui qui a faim, recueillir chez toi le malheureux sans abri, couvrir celui que tu verras sans vêtement, ne pas te dérober à ton semblable ? ». En d’autres mots, se mettre à la suite du Christ et entrer dans le combat en faveur de la justice sociale qui est inévitablement lié au service de la foi.

Pour le Chrétien, le combat en faveur de la justice sociale prend sa source dans la Parole de Dieu : « Ce que vous avez fait à l’un de ces plus petits, c’est à moi que vous l’avez fait ». Il n’est pas optionnel, c’est une question de crédibilité et de cohérence inhérente à notre attachement au Christ.

La justice sociale, avant d’être un champ d’action, c’est d’abord une passion, une obsession et une préoccupation de chaque instant. C’est aussi et surtout un devoir de solidarité les uns par rapport aux autres, au-delà de toutes différences et de toutes sortes de frontières. Elle consiste à ne pas se satisfaire du fait que des hommes et des femmes puissent être instrumentalisés, ignorés, méprisés ; qu’au plus près de chez nous, nos contemporains soient contraints à vivre dans des conditions contraires à la dignité humaine. En fait, c’est une manière de considérer l’autre comme mon semblable, titulaire comme moi de droits, de devoirs mais surtout de dignité. Ce doit être une dominante de notre engagement au service de nos contemporains. Il nous revient de la faire dialoguer avec d’autres catégories comme notamment la bonté et bien sûr la dignité.

Promouvoir la justice sociale, en faire une priorité dans nos actions et dans nos vies est un véritable défi. Cela demande de notre part, une attention sans cesse renouvelée à ce qui se passe autour de nous. Nous devons aussi essayer de réfléchir avec d’autres à des solutions concrètes à mettre en place pour instaurer cette justice sociale et aider ainsi nos contemporains. Un véritable travail en réseau est pour cela nécessaire ; c’est une force devant les enjeux de notre société. Une vigilance accrue est indispensable, en premier dans notre travail, mais également dans notre pays pour que cette « justice sociale » soit davantage instaurée sans oublier une ouverture sur le monde. Il y a bien des lieux, des situations que nous ne connaissons pas forcément qui méritent notre attention et notre investissement. Par exemple tout ce qui concerne le trafic des êtres humains ou bien encore l’accès à l’eau et à des conditions sanitaires dignes. Sans oublier ceux qui fuient leur pays en guerre pour trouver un espace de paix et de tranquillité même au prix de condition de vie précaire. Même si cela n’impacte pas directement et immédiatement nos conditions de vie, cela porte tout de même à conséquence. Nous ne pouvons pas rester indifférents à ces enjeux.

Pour autant, ce combat quotidien pour la justice sociale demande de notre part de nous tenir informé des nouveaux enjeux de notre société. En fait, être attentif à la justice sociale c’est l’être aussi au « vivre ensemble ». Il s’agit de manifester de la reconnaissance à nos contemporains et de les aider à être reconnus comme sujet. C’est-à-dire saisir, agir et comprendre, là où nous sommes, avec ce que nous sommes, qu’ils sont avant toutes choses des hommes et des femmes qui ont une histoire personnelle avant d’être dans telle ou telle situation particulière. C’est en faisant attention à tout ce qui se vit au quotidien même, et surtout, dans ce qui ne se dit pas que nous pourrons avoir une action efficace et efficiente.

D’ailleurs, les évêques lors du synode sur la justice de 1971 résumaient ainsi cet engagement : « La mission de pêcher l’Evangile exige, aujourd’hui, l’engagement radical pour la libération de l’homme, dès maintenant, dans la réalité même de son existence en ce monde. Si le message chrétien d’amour et de justice ne se réalise pas, en effet, dans l’action pour la justice dans le monde, il paraîtra difficilement crédible aujourd’hui ». Ce temps de carême qui vient de s’ouvrir il y a peu, est l’occasion de se rappeler cette exigence. Nous sommes appelés à prendre notre part à cette annonce de l’Evangile dont nous ont parlé les évêques. Cette annonce est destinée à des hommes et des femmes que nous devons servir à la suite du Christ.

N’oublions pas que la seule valeur ajoutée de notre société est la dignité humaine. Ce doit être une valeur repère qui doit guider nos choix. En cette période électorale, il est bon de ne pas oublier cette dominante essentielle et primordiale s’il on désire bâtir « un monde juste, durable, digne, inclusif qui favorise la vie collective ».

« Il y a une part de divin à rechercher dans chaque personne »

 

Henri Gesmier, dit Riton, éducateur spécialisé depuis 30 ans à la prison de FleuryMérogis et prêtre de la Communauté Mission de France, a accordé un entretien à l’auteur de ce blog pour les revues de l’Armée du Salut

Votre ministère de prêtre consiste à être éducateur spécialisé à la prison de Fleury. Pourquoi ce choix d’exercer votre métier en prison ?

Je pense que l’on choisit un métier en fonction de son histoire, de ses rencontres. J’ai été élevé dans un orphelinat, en province et certains de mes copains ont fait de la prison. Je n’avais pas d’idées précises de ce que c’était. A leur contact, j’ai souhaité la connaître de l’intérieur alors je me suis formé comme éducateur spécialisé en prison. L’éducateur est celui qui prend la clef des cellules, qui va à la rencontre des détenus pour entamer avec eux un dialogue, un accompagnement social. Choisir d’y être prêtre c’est témoigner de la présence de Dieu et de l’Eglise au monde, en étant comme «  monsieur tout le monde ». J’ai fait le choix d’être prêtre au travail conscient du mur qu’il y a entre l’Eglise et le Monde et de cette incroyance. Etre prêtre au travail c’est rejoindre ces deux dimensions qui coexistent l’une à côté de l’autre.
Ce qui est terrible en prison, c’est le face à face avec soi-même et être pleinement présent à l’autre et lui permettre de trouver d’autres interlocuteurs, c’est l’aider à s’en sortir, à reprendre pied lorsqu’il sera dehors.. Il est aussi important  de ne jamais s’habituer aux situations, il y a toujours quelque chose de nouveau.

Comment vivez-vous votre ministère de prêtre en prison ?

Prendre du recul est tout aussi indispensable que de faire silence. C’est là que j’entretiens ma relation personnelle avec Dieu, dans la prière seule ou avec d’autres croyants. Rencontrer des amis en dehors de mon cercle professionnel est aussi important.
C’est aussi allez vers celui qui souffre. Un détenu souffre et je suis là, comme travailleur social, pour l’aider à s’en sortir, à regarder ses erreurs pour préparer sa sortie. Cette sortie est à préparer dès son arrivée. Aider l’autre à penser activement à sa sortie, c’est lui permettre de ne pas se focaliser sur le passé. Pour comprendre le présent, bien sûr que le passé est important mais à la seule condition qu’il éclaire l’avenir.
Il y a une part de divin à rechercher dans chaque personne. Il y a d’innombrables richesses chez l’autre, parfois enfouies du fait de son histoire ou des circonstances de la vie.

La prison est souvent un lieu dur, où la dignité de l’homme peut être malmenée. Quel regard portez-vous sur la prison ?

Tout système social crée ses lieux d’exclusion pour essayer de répondre aux problèmes que pose la société. Il y a eu pour les enfants abandonnés, la création d’orphelinats, pour les malades mentaux, les asiles…Je ne sais si c’est bien… Cependant, la prison fait partie de ces lieux d’exclusion. Mais, je pense qu’il est toutefois nécessaire qu’il existe des lieux afin que des personnes soient misent à l’écart par rapport aux actes réalisés afin qu’elles puissent trouver une raison et un sens à ce qu’elles ont fait. Ce qui est important, pour la prison, c’est qu’un maximum d’interlocuteurs y entrent et rencontrent les détenus. Les associations, partenaires sociaux  etc. permettent de répondre, grâce aux faces à faces,  à cette solitude que dévoile l’enfermement. Il est fondamental que la prison soit humanisée et l’entrée de visages différents, par diverses interventions, est un bon moyen.
Il est fondamental de ne pas tomber dans un système sécuritaire en prison. Cela peut générer la récidive. La prison développe les réflexes de Pavlov à cause du rythme imposé par le règlement. Il faut que les détenus s’essayent à l’autonomie de vie, à apprendre à vivre par eux-mêmes afin de préparer leur sortie et le retour à la vie en société où ils seront pleinement autonomes. D’où l’importance de conditions de vie décente qui peut commencer par pouvoir bénéficier d’une cellule individuelle.

Quelle phrase de l’Ecriture vous fait vivre ?

« La femme oublie-t-elle son petit enfant, est-elle sans pitié pour le fils de ses entrailles ? Même si les femmes oubliaient, moi je ne t’oublierai pas ! Vois, je t’ai gardé dans la paume de mes mains, tes remparts sont devant moi sans cesse ». » Is 49. 15-16

Nous remercions la rédaction de la revue « Avec vous, Le journal interne de la Congrégation de l’Armée du Salut et de ses amis », de nous autoriser à publier ici l’entretien réalisé par Pierre-Baptiste Cordier, paru dans le numéro 76 de février 2010. Le site : www.armeedusalut.fr

Henri Gesmier, éducateur spécialisé depuis 30 ans à la prison de Fleury-Mérogis et prêtre de la Mission de France.

« Il y a une part de divin à rechercher dans chaque personne »

Votre ministère de prêtre consiste à être éducateur spécialisé à la prison de Fleury. Pourquoi ce choix d’exercer votre métier en prison ?

Je pense que l’on choisit un métier en fonction de son histoire, de ses rencontres. J’ai été élevé dans un orphelinat, en province et certains de mes copains ont fait de la prison. Je n’avais pas d’idées précises de ce que c’était. A leur contact, j’ai souhaité la connaître de l’intérieur alors je me suis formé comme éducateur spécialisé en prison. L’éducateur est celui qui prend la clef des cellules, qui va à la rencontre des détenus pour entamer avec eux un dialogue, un accompagnement social. Choisir d’y être prêtre c’est témoigner de la présence de Dieu et de l’Eglise au monde, en étant comme «  monsieur tout le monde ». J’ai fait le choix d’être prêtre au travail conscient du mur qu’il y a entre l’Eglise et le Monde et de cette incroyance. Etre prêtre au travail c’est rejoindre ces deux dimensions qui coexistent l’une à côté de l’autre

Ce qui est terrible en prison, c’est le face à face avec soi-même et être pleinement présent à l’autre et lui permettre de trouver d’autres interlocuteurs, c’est l’aider à s’en sortir, à reprendre pied lorsqu’il sera dehors.. Il est aussi important  de ne jamais s’habituer aux situations, il y a toujours quelque chose de nouveau.

Comment vivez-vous votre ministère de prêtre en prison ?

Prendre du recul est tout aussi indispensable que de faire silence. C’est là que j’entretiens ma relation personnelle avec Dieu, dans la prière seule ou avec d’autres croyants. Rencontrer des amis en dehors de mon cercle professionnel est aussi important.

C’est aussi allez vers celui qui souffre. Un détenu souffre et je suis là, comme travailleur social, pour l’aider à s’en sortir, à regarder ses erreurs pour préparer sa sortie. Cette sortie est à préparer dès son arrivée. Aider l’autre à penser activement à sa sortie, c’est lui permettre de ne pas se focaliser sur le passé. Pour comprendre le présent, bien sûr que le passé est important mais à la seule condition qu’il éclaire l’avenir.

Il y a une part de divin à rechercher dans chaque personne. Il y a d’innombrables richesses chez l’autre, parfois enfouies du fait de son histoire ou des circonstances de la vie.

La prison est souvent un lieu dur, où la dignité de l’homme peut être malmenée. Quel regard portez-vous sur la prison ?

Tout système social crée ses lieux d’exclusion pour essayer de répondre aux problèmes que pose la société. Il y a eu pour les enfants abandonnés, la création d’orphelinats, pour les malades mentaux, les asiles…Je ne sais si c’est bien… Cependant, la prison fait partie de ces lieux d’exclusion. Mais, je pense qu’il est toutefois nécessaire qu’il existe des lieux afin que des personnes soient misent à l’écart par rapport aux actes réalisés afin qu’elles puissent trouver une raison et un sens à ce qu’elles ont fait. Ce qui est important, pour la prison, c’est qu’un maximum d’interlocuteurs y entrent et rencontrent les détenus. Les associations, partenaires sociaux  etc. permettent de répondre, grâce aux faces à faces,  à cette solitude que dévoile l’enfermement. Il est fondamental que la prison soit humanisée et l’entrée de visages différents, par diverses interventions, est un bon moyen.

Il est fondamental de ne pas tomber dans un système sécuritaire en prison. Cela peut générer la récidive. La prison développe les réflexes de Pavlov à cause du rythme imposé par le règlement. Il faut que les détenus s’essayent à l’autonomie de vie, à apprendre à vivre par eux-mêmes afin de préparer leur sortie et le retour à la vie en société où ils seront pleinement autonomes. D’où l’importance de conditions de vie décente qui peut commencer par pouvoir bénéficier d’une cellule individuelle.

Quelle phrase de l’Ecriture vous fait vivre ?

« La femme oublie-t-elle son petit enfant, est-elle sans pitié pour le fils de ses entrailles ? Même si les femmes oubliaient, moi je ne t’oublierai pas ! Vois, je t’ai gardé dans la paume de mes mains, tes remparts sont devant moi sans cesse ». » Es 49. 15-16

 

 

Propos recueillis par Pierre-Baptiste Cordier.