Joyeux Carême

Temps de lecture : 3 minutes

Le sourire du RessucitéLe compte à rebours est lancé : depuis le mercredi 13 février, nous sommes entrés en Carême. Ce temps sonne souvent comme une période triste, terne, ténébreuse. Pourtant, c’est tout le contraire. Nous sommes invités à nous préparer à festoyer aux noces de l’Agneau. Disposons nos cœurs à cette joie durant ces 40 jours qui nous séparent de Pâques. N’hésitons pas, courons à la rencontre du Christ, avec endurance, pour nous convertir et croire davantage à l’Evangile, comme nous avons été invité lors du mercredi des Cendres. Continuer la lecture de « Joyeux Carême »

Actifs comme l’Abbé Pierre

Temps de lecture : 3 minutes

En 2012, l’Abbé Pierre décédé il y a 5 ans aurait eu 100 ans. La Fondation qui porte son nom a 20 ans cette année. C’est l’occasion, à l’invitation du Jour du Seigneur, de revenir sur cette figure ecclésiastique peu commune et de réfléchir sur cette manière d’être et d’agir en liberté.
L'Abbé PierreS’il est une personne connue, reconnue et respectée par l’ensemble de la classe politique mais aussi par le grand public c’est bien l’Abbé Pierre. Ce franciscain à la barbe nourrie et au verbe haut a marqué l’histoire de ces dernières années. Les propos de l’Abbé Pierre toujours pertinents et décalés ne lui attiraient pas les ires des autorités ecclésiastiques contrairement à ceux de Jacques Gaillot, évêque in partibus de Partenia »
Un réveil salutaire
La figure de l’Abbé Pierre est légendaire, du fait principalement de son appel de 1954. Cette notoriété m’interroge car faut-il, dans nos sociétés occidentalisées, une parole offensive pour que les consciences bougent ? Faut-il agiter le chiffon rouge de l’indifférence pour que la solidarité se mette en marche ? Faut-il que les médias se fassent le relai des situations scandaleuses et précaires pour que l’on se souvienne que l’autre est notre contemporain ?

Celui qui en avait ramassé beaucoup n’a rien eu de plus, et celui qui en avait ramassé peu n’a manqué de rien 2 Co 8,15

L’Abbé Pierre a permis un réveil salutaire et nous ne pouvons que lui en être reconnaissants. Cependant, combien d’ « Abbé Pierre » se sont levés dans la discrétion et l’anonymat pour non seulement attirer l’attention sur les conditions de vie précaires de leurs frères et sœurs en humanité mais surtout les aider à mieux vivre ? Un grand nombre ! Mais ces anonymes, ces soldats inconnus ne font pas la une des journaux et n’ont pas le droit à des hommages nationaux. Ils sont des citoyens ordinaires, des sortes de saints du quotidien, des frères et sœurs du palier. Et c’est une belle et bonne chose.
Faire mémoire de l’Abbé Pierre est pertinent si cela permet de parler de ceux qui ne parlent pas ou du moins que l’on ne veut pas entendre. Ceux qui ont été jusqu’à récemment accusés d’être des sortes de profiteurs du système, détournant à leurs profits les maigres subsides que leurs donne l’Etat : les personnes en situation de pauvreté. Les précaires étaient au cœur du ministère de ce prêtre au cœur de Dieu, c’est en cela que nous pouvons lui en être reconnaissants.
Le plus grand service que nous pourrions rendre à sa mémoire serait de nous engager à notre mesure, avec nos propres charismes et moyens dans la lutte contre l’exclusion. Il ne s’agit pas de lui ressembler, mais plutôt de ressembler davantage au Christ, en manifestant une vraie et active compassion envers les plus fragiles de ceux qui sont nos frères et sœurs en humanité mais aussi en Christ.

Combattre avec Dieu

Temps de lecture : 3 minutes

Cette marche vers la clarté de Pâques que nous entreprenons tout au long du carême nous entraîne au combat pour retrouver le chemin de Dieu. Tout au long de notre vie de foi nous sommes invités à nous conversion, à changer nos habitudes, nos comportements, notre manière de pensée pour essayer de ressembler davantage au Christ. Le carême nous invite donc d’une manière toute particulière à nous exercer au combat spirituel.
Le combat spirituel est bien expliqué par l’apôtre Paul dans son épître aux Ephésiens (6, 10,20). A travers la métaphore de l’équipement du combattant, il nous fixe des repères à la fois pour se protéger mais aussi pour entrer en lice contre tout se qui nous risque de nous détourner de notre vocation chrétienne. Ce combat est à mener au travers de plusieurs grandes batailles qui toutes visent à redonner à la personne humaine sa dignité de Fils de Dieu. La première d’entre elle est la lutte contre le mal. Il s’agit d’un ennemi particulièrement sournois et fourbe qui se loge un peu partout et surtout dans tout ce qui pourrait permettre de croître. Un des signes de l’action de l’ennemi est le découragement et la désespérance. Dans ces moments, il faut redoubler de prudence et s’armer de patience sans oublier d’intensifier sa prière et le partage avec des frères et sœurs.
Le choix des armes est important dans ce combat. Il est important tout d’abord de demander au Seigneur la grâce d’être rempli de sa paix, de sa joie; c’est lui le Maitre que l’on désire faire régner dans nos vies. Il est l’Eternel Seigneur de toutes choses en qui le Père a mis tout son amour révélé par l’Esprit. Il est l’auteur de la notre Mission et le Maitre de la Joie. Ainsi armés nous pouvons partir au combat sous l’étendard de la Croix. Cette lutte il nous faut d’abord la mener en nos cœurs et à nos âmes. Comment pouvons-nous essayer d’annoncer le Prince de la Paix si nous sommes en guerre à l’intérieur de nous ? Prenons le temps de nous laisser pacifier par celui que nous servons car les ruses de l’ennemi de la nature humaine sont rudes et nombreuses.
Notre désir est d’apporter à ce monde le salut qui nous vient de Dieu. Ce salut qui consiste à délier les chaînes de ceux qui sont prisonniers de leur vie, de leur situation. Nous ne devons pas nous satisfaire du provisoire, du précaire, de l’a peu près. Nous sommes appelés à annoncer la Vie, à donner la Vie alors pourquoi nous contenterions-nous d’un feu de paille alors que le feu de l’Amour nous est donné en héritage ? Cela demande aussi un enracinement dans le concret, une attention de chaque instant et aussi d’accepter la responsabilité de nos actions. Il faut être également très prudent à l’égard de notre désir de reconnaissance et de la culture ambiante des résultats. Notre ambition est autre et notre plaisir ne consiste pas en des résultas chiffrés. Il faut se rappeler la joie qu’évoque Luc dans son chapitre 15 à propos de la brebis perdues. Cela nous place dans la perspective de tout faire pour ceux vers lesquels nous sommes envoyés et mais aussi de savoir leur laisser toute la liberté d’agir. Nous ne sommes pas à leur place, nous ne vivons pas pour eux, ni par eux ; seulement avec eux. Nous sommes appelés à une fraternité universelle ce qui signifié être à côté dans un compagnonnage et non dans une fusion/absorption.
Ce ne sont là que quelques pistes pour entrer dans ce combat où Dieu nous attend pour bâtir son règne. Il faut résolument vivre en communion avec les trois personnes divines qui nous montrent le vrai mode de relation qui est un échange permanent. C’est dans cet attachement à la fois personnel et communautaire à ce Dieu trinité que nous trouverons l’enthousiasme, la force et l’énergie d’entrer en résistance afin que la dignité de l’être humaine ne soit jamais bafouée. Notre foi qui entraîne notre action doit favoriser des conditions de vie de chacun de ceux qui sont nos frères et sœurs afin et qu’il puisse vivre en plénitude dans la paix, la joie et l’allégresse.