Choisir le Christ pour être heureux

Choisir le Christ pour être heureux
Choisir le Christ pour être heureux

Heureux ! Ce mot parcourt les textes de la liturgie de ce dimanche. Oui ! Heureux sommes-nous de nous retrouver régulièrement autour de la table de la parole et de l’Eucharistie. Pour autant ne tirons aucune gloire d’être ces « heureux ». Continuer la lecture de « Choisir le Christ pour être heureux »

Devenir disponible pour la mission

Devenir disponible pour la mission
Devenir disponible pour la mission

« Qui enverrai-je ? Qui sera notre messager ? », avons-nous entendu dans la première lecture de ce dimanche. Nous entendons la réponse d’Isaïe : « Me voici : envoie-moi ! ». Ces phrases nous invitent à réfléchir à la mission que le Seigneur nous confie. Continuer la lecture de « Devenir disponible pour la mission »

Chemin d’Avent

christmas-507818_960_720Pour la partie francophone du Réseau Mondial de Prière du Pape, j’ai rédigé une méditation, notamment tout au long du temps de l’Avent, parue sur sa page Facebook, je vous propose de les retrouver sur ces pages :

Ainsi soient-ils : Amour, soutane et compassion

Le Jeudi 22 octobre 2015 ont été diffusés les derniers épisodes de la série culte d’Arte : Ainsi soient-ils. Au fil des épisodes nous avons fait route avec des jeunes hommes sentant en eux le de désir rejoindre les hommes et les femmes de ce temps au travers du presbytérat. Du séminaire aux premiers temps de leur exercice ministériel nous avons pu parcourir leurs difficultés et être confrontés aux difficultés, joies, questionnements, conversions de ces hommes devenus prêtres. Sur ce chemin, ce sont aussi des visages d’Église qui nous ont été présentés au travers de cette fiction ô combien réaliste…
Engagement
ainsisoientilsDu séminaire des Capucins aux couloirs de la Conférence des Évêques de France en passant par ceux de Rome ou de presbytères peu accueillants, voilà le décor d’Ainsi soient-ils. Nous pouvons nous étonner par cette atmosphère parfois complotiste où la foi et l’attachement au Christ sont loin. Ou bien encore par ces moments d’hésitation, de retournement intérieurs de nos séminaristes avec leur passé ou de ceux qui ont charge de gouverner l’Église. Des histoires d’amour, de passion… des histoires d’hommes et de femmes qui cherchent un sens à leur engagement au cœur de leur humanité.
Nous pouvons bien sûr juger tel ou tel qui semble « infidèle » à son célibat ou bien se dire que ces fragilités sont belles car nous appellent et nous invitent à relire, revisiter les nôtres. Quel appel fait jaillir en nous cet amour de Yann avec Fabienne, la quête du père Bosco avec son amie magnétiseuse qui lui redonne vie et espérance et en même temps qu’une nouvelle appétence pour la rencontre ? Même les errements du père Abel avec sœur Antonietta sont signes de cette humanité partagée avec ceux qui sont dits « mis à part » du fait de sacrement de l’ordre….
Cette série, qui reste une fiction, est pourtant bien réaliste quant aux combats – gagnés ou même perdus – d’hommes, de femmes appelés à vivre une certaine radicalité dans l’engagement.
D’aucuns dans doute s’en offusquent trouvant scandaleux que l’Église soit une fois de plus décriée au travers d’affaires de pédophilie, d’homosexualité, de secrets d’alcôves sous couvert de soutanes rouges, violettes ou blanches… mais, malheureusement, c’est peu ou prou la vérité. Ainsi soient-ils, pour autant, ne vient pas jeter l’opprobre sur l’Église, ne se focalise pas sur les faits mais vient nous inviter à partager une expérience, à rencontrer, au travers de la caméra, des situations concrètes qui ont été, sont et seront vécues par des vrais gens et pas seulement au cinéma.
Amour
Ainsi soient-ils est une série qui ne fait que parler d’Amour. Amour de Dieu, Amour de l’Église, Amour des uns et des autres, Amour du pouvoir… Nous voyons bien en regardant cette série que rien de ce qui fait la vie des hommes et des femmes de ce temps n’est étranger à ces gens d’Église. La passion du père Fromenger pour aider les séminaristes à choisir par eux-mêmes ou celle de son conseil pour la règle et le dogme nous confrontent à nos propres passions au regard de nos contradictions. C’est une invitation à toujours chercher au plus profond de nous ce qui nous fait vivre davantage en faisant, parfois, fi de la règle. Car, comme Bernanos l’écrit dans Le dialogue des Carmélites : « Ce n’est pas la règle qui nous garde, c’est nous qui gardons la règle ».
Au cœur de cette passion du pouvoir, qui semble être le fer de lance des couloirs de la Conférence des Évêques de France, ou dans le désir d’une Église plus « humaine et plus proche » voulue par le père Fromenger et ses amis, nous voyons s’opposer deux visons de l’Église mais un seul et même mouvement : celui de rendre le Christ présent.
Tensions
Cette Église, que l’on soit proche de l’une ou l’autre vision, peut soit nous faire horreur, soit inviter à nous laisser habiter par nos tensions. Par exemple : pour Yann ,dénoncer son curé pédophile et vivre avec l’amour de Fabienne ; vivre son sacerdoce en cohérence avec son homosexualité pour Guillaume et transcender son curé veule et désagréable pour pouvoir vivre la joie d’une rencontre avec d’autres croyants ou non ; accepter que Tom n’entre pas dans son schéma de pensée pour José ou bien encore pour Mgr Poileaux rester fidèle à son humilité et à ses promesses au risque de perdre le Vatican. Ainsi soient-ils est en fait presque une école de discernement. Un discernement pour vivre davantage de la grâce de la rencontre par delà toutes entraves, fatigues et autres contradictions.
Capucins
L’esprit des Capucins scande les épisodes de cette série. Un esprit, forgé par le père Bosco, qui a réussi à percer la carapace de Mgr Poileaux à la fin du dernier épisode. Cette transformation, cette conversion de ce dernier, parfois hésitant, est due, à mon sens, à la découverte de son désir profond d’annoncer le Christ au-delà de toutes manipulations contrairement à son successeur, présenté comme carriériste et défendant une vision de l’Église quelque peu poussiéreuse. Le retour de Rome de Mgr Poileaux après le Conclave, sa passation de responsabilité de l’Église qui est en France lui a ouvert les yeux, tel Paul sur le chemin de Damas. C’est un chemin de liberté qui lui est ainsi offert, invitant à trouver des compagnons assoiffés comme lui d’une vie qui se déploie, au nom du Christ, par un quotidien, même pétris de contradictions. Mais n’est-ce pas cela la foi ? Entrer dans un mouvement d’amour nous amenant à nous interroger chaque jour davantage sur le poids de son choix et à s’enraciner en ceux qui nous font vivre davantage ?
Cette série des trois saisons est vraiment à visionner. Pour celui ou celle que la foi chrétienne habite c’est une occasion de la confronter avec les situations décrites dans Ainsi soient-ils. Situations qui résonnent sans nul doute avec une réalité passée ou présente. Laissons-nous rejoindre également par tel ou tel personnage, peut-être nous sentons-nous proche de l’un ou l’autre… Les auteurs nous invitent, sans doute à leur insu, à un itinéraire intérieur spirituel. C’est en quelque sorte le message que Mgr Poileaux veut nous faire passer lorsque avec empressement il veut faire revivre l’esprit des Capucins afin de vaincre une Église qu’il dit moribonde. Cet esprit n’attend pas pour annoncer le Royaume du Christ aux hommes et aux femmes de ce temps car comme dirait Mgr Poileaux : « Il est là, devant nous. Ça a toujours commencé ; ça a toujours déjà commencé »

François : n’oublie pas les pauvres

François : N’oublie pas les pauvresAujourd’hui, le Président de la République, François Hollande, va rencontrer dans le cadre d’une visite privée le Chef de l’État du Vatican, le Pape François. Continuer la lecture de « François : n’oublie pas les pauvres »

Pour une diplomatie de la paix en Syrie

(c) JRS InternationalDepuis 3 ans, la situation de la Syrie ne fait que s’aggraver. Le Pape François avait au cœur cette situation catastrophique lors de son message de Noël. Ce sont 8 millions de personnes qui sont déplacés soit l’équivalent de la ville de New-York. Des centaines de milliers de Syriens sont assignés à résidence dans des zones contrôlées par les forces gouvernementales et assiégées par des groupes de l’opposition. Continuer la lecture de « Pour une diplomatie de la paix en Syrie »

Voeux 2014 : suivre Pierre et François

François en l'Église du GésuVendredi 3 janvier 2014 à 9h, le Pape François a présidé une messe au Gésus à Rome, l’Église-mère de la Compagnie de Jésus, ordre religieux auquel il appartient. C’est la seconde fois, depuis son élection comme successeur de Pierre qu’il y préside l’Eucharistie. La première fois fut, cet été le 31/07 à l’occasion de la fête de la Saint Ignace, fondateur des Jésuites. Continuer la lecture de « Voeux 2014 : suivre Pierre et François »

Le jésuite Pierre Favre : modèle du Pape François

Pierre FavreEn 2013, le Pape François a fait passé Pierre Favre du statut de Bienheureux à celui de saint . Ce nouveau saint de la Compagnie, est beaucoup moins connu qu’Ignace de Loyola et François-Xavier. Ensemble, ilsont devenus des « amis dans le Seigneur ».

Compagnonnage

Ce compagnonnage avec Ignace se révélera décisif pour l’avenir tant pour Pierre que pour François. Pierre Favre n’est pas un homme de gouvernement, ni tendu vers la réalisation de grands exploits. C’est un passionné non seulement de la gloire de Dieu mais aussi et surtout de la « cura personalis ».[2] Il donne des cours à Ignace de Loyola avant que ce dernier l’initie aux choses spirituelles par le biais notamment des Exercices Spirituels qu’il fit en 1534. Il les suit le premier. Pierre Favre est aussi le premier des compagnons d’Ignace à être ordonné prêtre.

Voeux

Le 15 août 1534, il se rendit avec Ignace, François-Xavier et quelques autres compagnons à Notre-Dame de Montmartre. Au cours de la messe qu’il présida, ils formèrent le vœu de se rendre à Jérusalem et au retour de se mettre au service du Pape. Cela montre bien la volonté du nouveau saint jésuite de suivre radicalement le Christ dans la radicalité de sa vie et se mettre au pleinement au service du travail apostolique[3]. C’est une manière de mettre en application la « contemplation dans l’action » chère aux fils et filles d’Ignace.

Proposer à tous la Parole

La majeure partie du ministère de Pierre Favre consiste surtout à parcourir les villes d’Europe. Il y prêche et donne les Exercices Spirituels, spécifiquement en Allemagne.  Le zèle de la mission était pour lui essentiel au risque d’être compris que par peu de gens[4].

Chercher Dieu en toutes choses

Pour Pierre Favre, tout travail pour le Seigneur, doit se traduire en « ferveur et en acte ». Ceci n’est pas sans rappeler le « principe et fondement » des Exercices Spirituels[5]. Notre jésuite est très attaché à ce que les hommes reconnaissent Dieu comme principe et fin de toute chose. Il supporte difficilement les compromissions que certains font en mélangeant vie spirituelle et vie de la chair. Pour Pierre Favre centrer son esprit sur Dieu, mettre Dieu au cœur de sa vie, c’est rejoindre Dieu au cœur même de son existence.

Agir et prier

« Chercher Dieu » voilà le désir que manifeste souvent Pierre Favre au long de ses relectures. Il est tendu par les deux mouvements contradictoires que sont d’une part les œuvres et d’autre part la prière en elle-même. Faut-il chercher l’une plus que l’autre, quelle est en fait la meilleure manière de servir Dieu ? L’action est un service de l’oraison, et cette dernière un lieu d’unification pour l’action. L’action et la prière sont ordonnées l’une à l’autre. Pour cela, il faut tendre dans l’oraison vers la bonne manière de servir plutôt que d’essayer d’obtenir dans l’action ce qui s’obtient par la prière[8].

Prière

La prière en vue de l’action est non seulement pour notre Jésuite d’unifier l’action mais aussi de laisser le maître nous enseigner. Il nous donne ce que nous avons besoin pour être sa présence au milieu du monde. Pierre Favre qu’il est nécessaire d’ouvrir largement son cœur à Dieu, de l’accueillir véritablement au cœur de notre vie.

Répandre le bien

L’apostolat de notre jésuite était aussi celui d’être le ministre sacramentaire de la réconciliation avec le Seigneur. Ce fut pour Pierre Favre le moyen de comprendre l’immense miséricorde du Seigneur. Il développe ici une manière d’être au monde qui s’enracine dans l’action comme service de Dieu.

Ne pas courir le monde

Pierre Favre met aussi en garde contre le « désir de gagner le monde au risque d’y perdre sa vie ». Il ne s’agit pas tant de chercher à faire de grandes choses, à espérer de Dieu sa grâce pour « courir le monde et vaincre des montagnes » mais de s’attacher aux choses les plus petites et d’espérer la grâce de Dieu pour les servir. Il est nécessaires qu’elles soient toutes « ordonnées à servir la gloire de Dieu, au salut de son âme et au bien du prochain. »[10]

Aujourd’hui

Pierre Favre encourage aussi à s’enraciner dans l’aujourd’hui, à ne pas désirer demain en rêvant à faire des grandes choses, c’est dans le quotidien que l’on sert Dieu, en se mettant au travail dès maintenant avec tout ce que le Seigneur donne. C’est Dieu lui-même qui peut mettre au cœur de l’homme le désir de faire de grandes choses au quotidien « sans paresse et sans crainte ».

« Discerner le mauvais esprit »

Notre Jésuite met également en garde contre ce qu’il appelle « l’esprit du mauvais ange ». Il pousse l’homme à désespérer et à voir une situation délicate comme impossible à résoudre. Pierre Favre nous pousse à discerner ce mauvais esprit et à nous remettre dans une humble confiance en Dieu. Faire confiance à Dieu ne signifie pas lui laisser faire le travail, mais nous mettre au travail en devenons ses bons instruments, de fidèles serviteurs de son esprit. Pour cela, ce premier compagnon d’Ignace, invite à tourner notre regard vers les réalités d’en haut. C’est un appel à nous décentrer et à nous recevoir pleinement de Dieu. Il faut être davantage tournés vers la louange de Dieu et le service du prochain. Cela est possible à la seule condition d’être habités par l’Esprit de Dieu.  C’est lui qui nous insuffle ce désir et nous donne de l’accomplir.

Présence

Pierre Favre est attentifà ceux qui n’espèrent plus ou qui se trouvent dans la détresse. Il en fait souvent l’objet de sa prière en s’y sentant poussé par Dieu. Pierre Favre sent très fort intérieurement que seul le Seigneur peut donner la vraie joie. Lui seul est le véritable consolateur. Il invite chacun, lui compris, à déposer le poids de ses jours au pied de Dieu. « Être à Dieu seul pour être tout entier aux hommes » pourrait être une des devises de notre Jésuite.

Le balai du Christ

Pierre Favre s’est déclaré vouloir être le « balai du Christ ». Cette expression confirme que Pierre Favre s’est toujours considéré comme un serviteur de la gloire de Dieu. C’est cependant une joie pour notre jésuite d’être au service du Christ comme balai des « demeures spirituelles ». Il s’offre au Christ pour être au service du nettoyage des demeures spirituelles. Il demande que toute la Compagnie de Jésus oeuvre à la vraie réforme de l’Eglise.

Proximité

Comme  Ignace et François-Xavier  il s’est fait proche de chacun témoignant ainsi de la proximité de Dieu pour chacun. Il souhait que les hommes découvrent l’amour et la volonté de Dieu de le connaître.

Préface

Tu as fait naître dans le cœur du Bienheureux Pierre Favre un amour brûlant pour ton Eglise, Théologien de grande renommée, défenseur de la vérité, Premier prêtre de la Compagnie de Jésus, Accompagnateur spirituel plein de douceur et de discernement. Envoyé souvent auprès des grands de ce monde, il ne renia jamais ses origines modestes, gardant une tendresse particulière pour les pauvres et les petits, et une grande dévotion pour les processions, les saints et les anges. ». Puisse son intercession nous aider à mieux aimer et servir nos contemporains en qui la figure du Christ se révèle.


[1] Mémorial n°12

[2] Lettre de Peter-Hans Kolvenbach, supérieur général de la Compagnie de Jésus, 2005/01, p.3

[3] Mémorial, p. 116 – note 2

[4] Mémorial n°112

[5] Ignace de Loyola, Exercices Spirituels. Traduit du texte autographe par E. Gueydan, sj. Collection CHRISTUS 1961, Desclée de Brouwer – Belarmin, p. 449 – par la suite nous utiliserons l’abréviation E.S.

[6] Mémorial n°109

[7] E.S. n°53

[8] Mémorial n°126

[9] Mémorial n°340

[10] E.S. n°23

Une Église d’étrangers

Dès les premières pages de la Bible, le croyant est confronté au déracinement, à la nécessité de quitter sa terre pour marcher vers une terre promise. Le fait de partir, de chercher à découvrir une « terre promise » est comme inscrit dans les gènes de celui qui a mis sa foi dans le Dieu d’Abraham, d’Isaac, de Jacob et de Jésus.  C’est peut être également une invitation à ne pas rester au connu et à continuer de s’aventurer sur les routes humaines, à la rencontre de nos contemporains. Continuer la lecture de « Une Église d’étrangers »

Ambassadeurs de la grâce du Christ

« Christ est ressuscité, Alleluia ! » a été proclamé samedi au cœur de la vigile pascale. Ce cri de joie qui déchire la nuit du tombeau est le cœur de la foi chrétienne. « Si le Christ n’est pas ressuscité, vaine est notre foi » nous dit Paul dans son épître aux Corinthiens. Avouons que cette affirmation qui change tout à notre vie, qui nous dynamise et dont nous avons, pour certains, fait l’expérience, a de quoi étonner. Cette résurrection, cette sève, cette joie qui parcourt la vie des chrétiens est parfois bien terne et difficilement explicable. Comment ne pas penser à tous ceux et celles qui souffrent en ce jour de Pâques au-delà de nos frontières comme sur les lits de nos hôpitaux, dans les maisons de retraite ou bien encore ceux qui souffrent de solitude, de pauvreté, d’exclusion… Pâques est pourtant aussi pour eux mais comment leur donner de goûter à Celui qui nous sauve, alors que leur vie peut ressembler au vendredi saint et à cette autre cri qui a déchiré les cieux : « Mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné » ? Continuer la lecture de « Ambassadeurs de la grâce du Christ »