Murmures

Pentecôte : cinquante jours après Pâques, l’Esprit est conféré, en plénitude, aux disciples. La tradition catholique en fait la naissance de l’Église. C’est l’ouverture à l’universalité, à toutes langues, peuples et disciples. L’image connue directement tirée des Actes des Apôtres est ces langues de feu qui apparaissent au dessus des disciples reclus dans la chambre haute. Feu qui les brule pour aller porter au monde la Bonne Nouvelle reçue du Christ : Il est ressuscité, nous avec Lui, pour continuer à vaincre tout ce qui nuit à la dignité des hommes et des femmes de ce monde. Pour autant, cette force donnée et reçue à ceux qui la reconnaissent n’est pas non plus une formule magique mais un gage pour savourer le pain de la route devenu corps du Christ et supporter fatigues, contradictions et épreuves que nous rencontrons au fil de nos jours. Il s »agit pour nous de faire l’expérience d’Elie à l’Horeb. C’est l’ensemble du chapitre 19 du premier livre des Rois. Continuer la lecture de « Murmures »

Entre deux temps

« Christ est ressuscité ! Alleluia, Alleluia » chantons nous depuis la fête de Pâques. Oui, la Vie est vainqueur de la mort par la sortie de Christ vivant du tombeau. Cependant, ce temps de Pâques n’est pas une fin en soi, il nous emmène vers l’Ascension et la Pentecôte. Nous sommes comme dans un entre temps où Christ vient se manifester à quelques témoins pour les fortifier dans leur foi. L’apparition à Thomas qui touche les mains et le côté du Ressuscité, qui en profite pour lui reprocher son incrédulité peut nous aider à comprendre que la foi n’est pas du ressort du tangible mais de l’intime rencontre spirituelle avec le Fils de Dieu grâce notamment à la prière. Sachons profiter de ce temps où la Parole nous fait rencontrer Jésus ressuscité parmi ses frères, pour nous enraciner dans l’expérience de la proximité de Jésus. Retenons aussi que c’est avec un corps marqué par les souffrances subies sur la croix que le Christ se manifeste. La résurrection n’a pas effacé ses stigmates, Christ en demeure marqué dans sa chair. Cela peut nous faire comprendre le lien indissociable qui existe entre la croix et la résurrection ; l’une ne va pas sans l’autre. Il en est de même dans nos existences lors d’événements douloureux que nous réussissons à surmonter, ils demeurent dans notre expérience et nous marquent mais nous en sommes sorti vivants. Prenons le temps de savourer ce tombeau vide signe de la vie, ne nous précipitons pas trop vite vers les fêtes de l’ascension et de la Pentecôte. Le Ressuscité demeure encore un peu de temps parmi nous, savourons sa présence.