L’Homme : principe et fondement de l’engagement.

Lorsque nous prenons le temps de nous informer, nous avons comme l’impression que tout va mal et que cette crise ou plus ces crises sont bien loin d’être finies. Le mouvement premier devant ce constat est un repli sur soi comme pour mieux de protéger. Comme croyants, comme disciple du Christ, nous ne pouvons pourtant pas rester dans notre cocon. Nous avons le devoir d’agir et de nous engager.
S’engager au service de l’autre, c’est entrer dans une dimension qui dépasse tout calcul. Etre avec l’autre, cheminer à ses côtés dans un quotidien nous apprend que la seule vraie richesse c’est cette humanité partagée. Cette découverte doit nous conduire à une vigilance extrême sur la place que notre société veut donner à l’Homme. Bien trop souvent, c’est à une valeur marchande qu’il est renvoyé : « Dis-moi combien tu gagnes, je te dirais comment je te considère ». Les critères sont monétaires alors qu’ils devraient s’appuyer sur la richesse de l’expérience, des connaissances apprises. La question que nous devrions nous poser après avoir rencontré une personne est « qu’est-ce qu’elle m’a apporté dans mon humanité ? Comment l’autre m’a aidé, à pu éclairer sur mon chemin ?». C’est à un renversement de raisonnement qu’il nous faut opérer en se positionnant comme une personne qui a toujours à apprendre de l’autre quel que soit sa condition sociale.
Agir avec amour et vérité
 « Allez vers l’autre » est l’essentiel d’une attitude chrétienne mais, à la seule et unique condition, que ce soit guidé par un désir de rencontre et non pour faire bonne figure ou simplement par « charité » et « condescendance. C’est une véritable exigence que d’oser prendre le risque de rencontrer l’autre dans la plénitude de ce que je suis et de ce qu’il est. Laisser les masques au vestiaire pour se révéler dans un cœur à cœur pourrait, sans aucun doute, changer beaucoup de choses dans notre société. Le centre de gravité de cette dernière réside dans le cœur des hommes et des femmes. Pourquoi ne prendrions-nous la décision intérieure de vivre et d’agir en vérité avec nos contemporains ?
Etre avec l’autre
L’harmonie de notre société ce n’est pas une unanimité obtenue par une force de conviction ou de manipulation mais grâce à un consentement libre et éclairé acquis dans le dialogue et le débat. Dans notre investissement au cœur de la société, au service de nos frères et sœurs en humanité, ne soyons pas hypnotisés par l’efficacité. C’est ma manière d’être avec l’autre qui est le critère d’une vie réussie. C’est en comptant les uns sur les autres, dans la confiance, et en tâchant de se comprendre mutuellement qu’il sera possible de bâtir un monde nouveau. C’est à cette qualité d’être qui nous donnera les clefs pour sortir indemne de ces crises.
Ne cherchons pas ailleurs les solutions, elles résident dans le cœur de l’Homme souvent bien compliqué.

Vivre l’Esprit de Noël

La fête de Noël fait souvent irruption dans notre quotidien, sans que nous ayons pris le temps de nous y préparer. Noël est la fête de la patience récompensée, de la gratuité d’un amour venu à nous. Noël, c’est le temps où l’on peut prendre conscience que le don est l’essentiel de notre vie.

Pour beaucoup de nos contemporains, Noël est avant tout une fête de famille et non une fête religieuse. Chacun a sans doute parcouru les villes débordantes de monde à la recherche du cadeau à offrir. Trouver le cadeau idoine qui fera plaisir à la grande tante ou au petit frère qui à tout.

Ne pourrions-nous pas plutôt réfléchir à ceux qui n’ont pas abondance de biens et s’efforce à offrir qu’une petite chose à Noël ? Il ne s’agit pas d’offrir beaucoup, de dépenser de grosses sommes d’argent mais d’essayer, par notre attitude, notre présence de dire quelque chose de l’amour, de l’affection, de l’intérêt que l’on porte à la personne à qui l’on offre un présent. Le plus beau cadeau que l’on puisse lui offrir, ne serait-ce pas que nous puissions pleinement être disponibles à la rencontre avec lui, à découvrir sa beauté intérieure ?

Entrer dans la dynamique du don

Cette fête de Noël doit nous aider à essayer d’éradiquer de notre cœur tout ce qui est puissance, autoritarisme et tout ce qui peut nous conduire à l’égoïsme. Notre société met en avant le chacun pour soi et oublie le chacun pour tous. Le chrétien doit lutter de toutes ses forces contre cette tentation. Il est invité au respect bienveillant avec chacun et surtout le plus fragile, celui qui n’a pas de grands moyens pour se défendre.

Le Père a choisi de donner son fils aux Hommes dans l’humilité de la crèche, rejeté de toutes les auberges. Notre Dieu rejette tout ce qui est puissance à la manière des Hommes. Sa force réside dans la douceur de son Amour. Cet Amour qui l’a conduit à offrir son propre fils pour chacun de nous.

Découvrir la joie d’être aimé

Même à Noël, les visages de nos contemporains ont l’air triste et préoccupé. Bien sûr, il y a beaucoup de bonnes raisons pour être inquiets et tourmentés. Notre monde ne va pas forcément au mieux et beaucoup s’interrogent, avec pertinence, sur l’avenir. A Noël, nous devrions pouvoir être capables de nous laisser dépasser ce quotidien, le temps d’une journée, pour nous ouvrir à la joie. Cette joie que nous avons d’être considéré comme aimables car nous ne serons pas seul ce jour-là. Cette joie de nous savoir rejoints par Dieu qui veut notre bonheur. Ce bonheur consiste d’abord à le recevoir comme le Sauveur, celui qui me met debout et me considère comme digne d’intérêt. A Noël, Dieu configure son fils à l’image des hommes, hormis le pêché. Nous devenons ainsi des fils de Dieu et par conséquent entrons dans la joie du Père. Noël, avant d’être une fête de l’abondance de biens, de cadeaux en toutes sortes, doit être celle de l’abondance de considération, de la présence gratuite de l’autre pour l’autre.