Ajustés à la vie de Dieu

Ajustés à la vie de DieuNous entrons dans notre dernière semaine de Carême. Dimanche prochain avec la célébration de la fête des Rameaux, nous entrerons dans la grande semaine qui nous conduira à la splendeur de Pâques. Continuer la lecture de « Ajustés à la vie de Dieu »

Une parole constructive

Une parole constructive
Une parole constructive

Après avoir entendu l’invitation du Seigneur à nous débarrasser de notre superflu et la promesse accomplie de son fol amour, nous écoutons ce dimanche ses recommandations pour vivre réconciliés avec nous-même et en même temps la manière la plus juste de prendre notre place dans la communauté. Continuer la lecture de « Une parole constructive »

L’urgence n’est pas le sexe mais l’Amour

La Prière pour la France écrite et proposée par André Cardinal Vingt-Trois, archevêque de Paris a déchaîné les passions (surtout celles de la braguette) et a ouvert l’inénarrable boîte de Pandore des rapports entre le sexe et l’Eglise. Le site A la table des chrétiens de gauche traite cette question sous la plume de René Poujol. Certes, le sexe et l’Eglise forment un couple chaotique, leur cohabitation ne semble pas être des plus faciles mais aujourd’hui, n’il y a-t-il pas d’autres urgences que de se cristalliser sur le bas ventre ? Même si c’est de là que la vie provient, ne pourrions-nous pas nous élever et tâcher de faire entendre autre chose que ce sempiternel refrain « l’Eglise est contre le sexe » ?

La position du missionnaire c'est renconter l’autre  - DRL’Eglise et la sexualité c’est un peu comme les feux de l’amour ou autre série fleuve. Cela revient sur le devant de la scène, comme ça, parce qu’un prélat a osé prendre une position, souvent prudente, un tantinet sibylline et peut être maladroite. S’en suivent les gros titres des journaux, des échanges enflammés sur les réseaux sociaux et de nombreux billets sur des blogs. Tant mieux ! Cela crée du débat, de l’émulation mais c’est souvent vain car chacun campe sur ses positions. Certains, dans l’Eglise, ne sont d’ailleurs pas en reste quant à cette obstination.

La sexualité en dialogue

Nous pouvons trouver parmi les ardents défenseurs de cette position dure les passionnés d’ornements ecclésiaux et autres lingeries en dentelles… mais ne généralisons pas… Il m’apparaît important de sortir de cette stérilité en débat pour entrer, enfin, en dialogue. N’est-ce pas d’ailleurs le point d’ancrage de toute vie le dialogue ? Nous sommes toujours gagnant à ouvrir l’échange, à la condition d’une part de bien comprendre ce que l’autre dit, et d’autre part d’accepter d’être déplacé dans sa compréhension des choses. Sinon, c’est une perte de temps. Un ami prêtre me disait récemment que lorsqu’il doit écrire quelque chose à propos du couple, de la morale sexuelle il se tourne naturellement vers plusieurs de ses amis mariés ou en couple qui connaissent bien mieux la réalité que lui, célibataire pour le Royaume. Il n’est sans doute pas le seul dans cette situation mais cela donne une méthode humble qui m’apparaît pertinente. L’institution ecclésiale n’est pas omnisciente et en matière de sexualité sa pratique est assez limitée. Nos clercs ont certes aussi à faire des efforts dans ce domaine, mais chacun a des torts. Les médias en premier : quand l’Eglise parle de régulation financière, de dignité des conditions de travail, travaille au milieu des nations pour que la paix puisse voir le jour… nul, sauf la presse spécialisée, n’en parle. Pourtant l’information existe et est accessible à qui veut bien se donner la peine de chercher.

L’urgence n’est pas le sexe

Pour moi, l’urgence pour l’Eglise ne réside en des questions de sexe, d’homosexualité, de pilules, préservatifs et autre questions contraceptives. Elles sont intéressantes mais dans une vue d’ensemble, dans une réflexion sur ce que chacun veut faire de sa vie. De quelle manière il veut vivre son rapport aux autres. Cela demande de pouvoir éclairer sa conscience. L’urgence, pour l’Eglise, est d’annoncer le Seigneur « jusqu’à ce qu’il revienne », comme nous le chantons à la messe. Annoncer le Christ ce n’est pas dire « fais pas çi, fais pas ça ». Même si’institution ecclésiale s’est bien permise de le faire durant trop longtemps en montant en épingle l’enfer et les phrases de type : « c’est le petit Jésus qui t’a puni ». Pendant trop longtemps, il y a eu une infantilisation, une mainmise sur les fidèles pour mieux, sans doute, les manipuler. Mais les temps et les mentalités ont changé, le Concile Vatican II est passé par là et les fenêtres de l’Eglise ont été invitées à s’ouvrir. La Mission de l’Eglise c’est d’annoncer que Dieu aime infiniment chacun.

La raison d’être de l’Eglise c’est l’annonce de l’Evangile

La position première du chrétien doit être celle du missionnaire ; elle devrait être pour chacun une nécessité comme le dit Paul dans son épitre aux chrétiens de Corinthe (1 Co 9, 16). Etre missionnaire c’est aller à la rencontre de l’autre, des autres, ce qui demande du temps, de la conversion, et une ouverture de cœur à toute épreuve. Rencontrer l’autre dans une attitude de respect, plus prompt à sauver sa proposition qu’à la condamner, comme dirait Ignace. La position est délicate car nous sommes souvent tentés d’imposer notre point de vue avant même d’avoir entendu celui de l’autre. Et, en même temps, annoncer l’Evangile ce n’est pas simplement bavarder, échanger c’est témoigner que celui qui me fait vivre s’est fait chair. L’urgence est l’annonce que ce Dieu nous convoque à l’Amour et veut que nous le vivions avec nos contemporains. Ce qui demande d’être vigilant et combattif à toutes les situations où la dignité de l’homme est menacée notamment lorsqu’il connaît des situations de précarité ou de pauvreté. Là est l’urgence, là nous devrions mobiliser nos énergies pour chercher ensemble comment dire Dieu aux hommes et aux femmes de ce temps. Comment témoigner sans prosélytisme, dans le respect mais avec la passion de l’Evangile au corps et au cœur. Voilà ce qui me paraît plus important que nos histoires de fesses. Notre devoir de chrétien est de montrer que nous sommes le prochain de notre prochain et non de condamner tout ce qui ne nous semblerait subversif.

J’espère que le synode qui se déroulera à Rome en octobre prochain sur la nouvelle évangélisation permettra un renversement de vapeur. Que la priorité sera davantage mise sur les questions de l’annonce, sur la manière de rejoindre les hommes et les femmes de notre temps dans leurs questionnements vitaux plutôt que sur ces questions de sexualité, non négligeables mais qui ne me semblent pas, aujourd’hui, l’urgence. C’est en partant de l’expérience, de la vie de nos contemporains que nous trouverons la manière de les rejoindre en leur témoignant de la vie de Celui qui nous fait vivre. Cela demande de sortir de nos idées toutes faites, de puiser dans la richesse de la tradition de l’Eglise et de faire preuve d’une généreuse inventivité. Dieu, à nous d’inventer la vie qui va avec !

Vivre la subsidiarité

« Travailler plus pour gagner plus » demeure la ligne de conduite du candidat de l’UMP. Il me semble que cette devise, au vu des chiffres du chômage et du pouvoir d’achat, est un échec. Peut-être faudrait-il se mettre davantage à l’écoute de ce qui se vit au cœur de la cité. Ce serait une manière de vivre le principe de subsidiarité, si essentiel à la bonne organisation de la Cité et de ses organisations et respectueuse des relations humaines et des responsabilités de uns et des autres.

 Lorsque le candidat à l’élection présidentielle fait du « travail » la seule valeur qui vaille pour lui et de plus en fait son axe majeur de campagne, mon sang n’a fait qu’un tour. Le travail, en soi, comme par exemple la finance ou l’économie n’ont pas d’existence à proprement parler. C’est une réalité dont la consistance est donnée par ceux qui l’exerce. Le travail est avant toute chose l’exercice d’une activité par des hommes et des femmes. C’est un exercice quotidien plus ou moins facile, plus ou moins heureux. Il est pour beaucoup de nos contemporains une réalité fantasque après laquelle beaucoup espèrent et ont, trop souvent, la désagréable surprise de recevoir, au mieux, une réponse négative qui manque complètement de critères objectifs.

 L’Être Humain au centre de tout

Faire du « travail » une valeur, une réalité quasiment hissée aux frontons de nos mairies et avoir quasiment doublé le nombre de personnes en recherche d’emploi c’est non seulement les insulter mais prendre l’ensemble des électeurs et des français pour des idiots. Pour moi la seule valeur qu’il faille mettre au centre de nos préoccupations, la seule valeur qui mérite que l’on se batte pour elle c’est la place des êtres humains dans notre société. Tout le reste doit être ordonné à ce qu’ils puissent avoir des conditions de vie dignes et décentes; à ce qui permet de vivre de cet « insaisissable vivre ensemble« . Lutter contre le mal logement, le sans logement, les salaires ridicules, permettre à l’étranger de s’intégrer… sont essentiels et fondamentales s’ils l’on veut bâtir une société plus juste et plus fraternelle. Les propos des « portes-flingues », notamment le dernier du premier flic de France (lire l’article de la revue Etudes à ce propos ), du Président sortant sont suffisamment abjectes et nient, en substance, la dignité et le respect dus à chaque homme pour qu’il soit permis de penser que ce qui est visé c’est la conservation du pouvoir en se flattant les plus bas instincts de l’être humain.

Servir les citoyens

La politique c’est servir la vie de la cité mais surtout le servir ceux qui y demeurent. Là doit-être la préoccupation première de ceux qui désirent briguer un mandat électif. Il me semble que les citoyens sont en droit d’attendre de ceux qui désirent, d’un grand désir, les gouverner sagesse et responsabilité. Cependant, cela exige aussi de la part des citoyens un engagement de chaque jour au profit de leurs contemporains. Il serait hypocrite d’attendre tout de l’Etat et de ne pas commencer par agir concrètement au plus près de notre quotidien. Pour autant, il ne faut pas non plus se bercer d’illusion, notre action est limitée et malgré notre bonne volonté, notre dynamisme et notre compétence nous ne ressouderons pas, à nous seuls, tous les problèmes. Il me semble qu’il faut une action conjointe des politiques et des citoyens pour que cela bouge. C’est là que la prise en compte de l’Être humain me paraît essentielle car cela revient à saisir que les solutions ou tout du moins les ébauches de solutions sont le fruit d’efforts et de concertations partagés. C’est s’enrichir des expériences mutuelles, par une écoute attentive, de ces retours d’expérience. La concertation me paraît préférable au référendum nouvellement promue comme outil de gouvernement…. Pour cela, il est impératif de choisir comme axe de travail la rencontre, accepter de quitter ses tours d’ivoire pour entendre et écouter ce que les personnes au plus près ont à dire. S’entourer d’experts, d’intellectuels de tous bords et de tous poils, de prestigieux consultants et autres sondeurs est une bonne chose mais recueillir le sentiment les besoins, les réactions, même immédiatement épidermiques, peut être utile pour prendre les bonnes mesures.

 L’autre, son expérience, ce qu’il vit, ce qu’il dit, ce qui fait sa densité humaine et une vraie valeur. Elle est inestimable, non cotable en bourse et cela est une bonne nouvelle. C’est aussi une manière concrète de faire vivre la fraternité qui, elle, est réellement une valeur républicaine.