Discerner la voix de Dieu

À quelques jours de la rentrée scolaire, l’Évangile de ce 22e dimanche ordinaire nous propose un programme d’année pour discerner et ne pas trop s’égarer. Il y a cette figure de Pierre qui nous est finalement assez proche. Il y a peu, à Césarée, Jésus attestait que ses propos étaient inspirés par le Père, et là il se fait traiter de Satan. Jésus n’est pas tendre avec ce disciple auquel il confiera la conduite de l’Église. Ce grand écart dans les réactions de Pierre n’est sans doute pas sans nous faire penser aux nôtres. Nous sommes capables du meilleur comme du pire, et Jésus le sait. Pour autant, ne nous laissons pas aller du côté obscur de notre humanité et être pour les autres, une occasion de chute.

Serviteurs de la mission du Christ

Cependant, pour prendre la défense de Pierre dans le reproche que Jésus lui fait de ne pas avoir les pensées de Dieu, avouons que c’est bien difficile. Nous ne sommes pas Dieu et nous ne sommes surtout pas appelés à l’être.

Servir le Christ

Notre vocation est d’être des compagnons de Jésus, serviteurs de la mission du Christ. Aussi, c’est peut-être l’indicateur majeur pour savoir si nous sommes au service de l’Évangile ou au service d’une idéologie mortifère. Pierre voudrait garder le Christ pour lui, c’est en cela qu’il fait le jeu de Satan. Cet ennemi de la nature humaine déteste la générosité, le partage, tout ce qui fait grandir en humanité. Il est l’exact opposé de Dieu qui nous invite à vivre une vie en abondance, dans la charité, l’amour et le respect du prochain. Souvenons-nous-en lorsque nous prenons le temps de relire nos vies. Cherchons-nous à nous servir, à tirer un quelconque bénéfice de ce que nous faisons, ou bien sommes-nous dans une dynamique de croissance, de partage, de fraternité ? C’est là la dynamique de Jésus.

Missionnaires de la Bonne Nouvelle

Il est venu pour que nous vivions de la vie du Père. Le Christ s’est donné en partage pour tous afin que chacun et chacune d’entre nous devienne capable de diffuser en ce monde et en ce temps la bonne odeur de l’Amour de Dieu. Il est la Bonne Nouvelle annoncée au monde, et une bonne nouvelle, cela ne se garde pas pour soi. Aussi, si nous voulons marcher à la suite de Jésus, demandons-lui la grâce d’avoir un cœur généreux en toutes choses. Sachons dépasser tout ce qui nous divise, tout ce qui peut faire obstacle à la diffusion, par nos vies quotidiennes, de la tendresse de Dieu pour les femmes et les hommes de ce temps. C’est ce cap que le Christ nous demande de tenir tout au long de notre vie : aimer, comme lui, nos contemporains.

Aimer comme Jésus

Ce n’est pas facile, et nous ne sommes pas Jésus. Toutefois, nous pouvons, une fois de plus, faire cette courte prière tant aimée du pape François : « Jésus, fais que mon cœur ressemble au tien. » Petit à petit, elle nous façonnera et nous aidera à nous laisser conduire vers un abandon de plus en plus grand à la miséricorde du Père.

Écouter la Parole de Dieu

Toutefois, il nous faut demeurer à l’école de la Parole de Dieu qui surgit dans les signes des temps. Dieu est bien à l’œuvre en cet âge, mais il faut savoir être attentif à sa parole, apprendre à discerner sa voix dans les brouhahas du monde.

Comme un feu dévorant

La parole de Dieu devrait pouvoir être, dans nos vies, ce feu brûlant dont nous parle Jérémie dans la première lecture. Le feu du buisson ardent rencontré par Moïse qui nous invite à être, en ce monde, des personnes qui s’engagent pour et avec les autres. Nous avons besoin de faire de la place dans notre cœur pour que la Parole de Dieu vienne y planter sa tente et y demeure. Même avec toute notre bonne volonté, notre désir, nous balbutions toujours dans cette remise de nos vies à la volonté de Dieu. Il ne s’agit pas de tout attendre de lui sans agir, mais de le mettre avec nous dans nos actions, dans nos décisions.

Avec le Christ

Le Seigneur doit être pour nous un compagnon de route sur lequel nous savons pouvoir compter. Il n’est pas « l’ami » que l’on appelle quand nous sommes perdus. Il devrait être celui dont nous n’avons jamais fini de chercher l’amour et le compagnonnage pour grandir en humanité. Ainsi, ce que nous devons chercher à déployer, c’est bien un surcroît d’amour, d’espérance, pour que nous soyons fidèles aux promesses de vie que le Seigneur nous propose. Elles ne sont pas forcément les plus aisées à vivre et à mettre en place, car elles renversent ce que nous reflètent les médias. Mais, suivre Jésus, c’est choisir la dernière place, s’agenouiller pour devenir le serviteur de ses frères et sœurs, choisir l’amour plutôt que la haine et, surtout, se remettre entre les mains du Père avec confiance et sérénité.

Se laisser conduire par l’Esprit

Vivre, marcher à la suite du Christ, c’est choisir de se laisser conduire par l’Esprit. Nous avons à chercher à discerner cet Esprit qui nous révèle la volonté du Père, qui n’est ni dans de folles promesses démagogiques, ni dans les accès de violence. Souvenons-nous que Dieu est dans ce commencement d’une fin de brise légère. Quelque chose de ténu, qui se découvre à la condition de prendre le temps.

L’art du discernement

C’est donc bien à approfondir notre pratique du discernement que nous sommes invités. C’est ainsi que nous apprendrons à reconnaître la voix de Dieu qui parcourt notre monde et nous invite à prendre la route avec lui.

Chercher l’eau vive

Peut-être alors que nous serons comme le psalmiste de ce dimanche en quête de cette eau qui nous conduira à savourer davantage la présence de Dieu en plein monde. Une eau qui nous désaltère, mais aussi qui abreuve notre cœur pour devenir davantage capable d’aimer à la suite du Christ. Nous pourrons ainsi manifester à l’égard du Seigneur de la louange, cette joie de le reconnaître comme maître et pour ami, et le laisser nous aimer. Ainsi, nous pourrons devenir des artisans de paix qui pourront bâtir un monde fondé davantage sur l’amitié, le respect, l’entraide que sur la concurrence.

Bâtir le Royaume et sa justice

Prions donc les uns pour les autres, les uns avec les autres, pour que nous entendions la voix de Dieu nous conduire en pleine vie, pour bâtir le Royaume en ce monde et en ce temps. Aussi, puissions-nous prendre le temps de réfléchir, tout au long de cette année, à cette question de Jésus dans l’Évangile de ce 22e dimanche : « Quel avantage, en effet, un homme aura-t-il à gagner le monde entier, si c’est au prix de sa vie ? »