Avec Ignace de Loyola, soyons des amis dans le Seigneur

Ce vendredi 31 juillet 2026, nous célébrons la solennité de saint Ignace de Loyola, prêtre et fondateur de la Compagnie de Jésus. Chaque année au cœur de l’été, nous faisons mémoire de cet homme au cœur de feu venu nous inviter à suivre le Christ du plus près possible. Ce qui peut nous marquer dans cet itinéraire d’Ignace de Loyola, c’est sa recherche de faire profiter de sa découverte des grâces du Royaume à des compagnons. Ces amis dans le Seigneur se sont laissés petit à petit entraîner par ce Basque boiteux qu’était Ignace de Loyola. Avec lui, pour maître et pour ami, ils ont perçu combien Dieu les aimait et combien cet amour devait être contagieux. Mais pour cela, ils ont dû apprendre à discerner ce qui plaît à l’Éternel Seigneur de toutes choses, en vue de l’accomplir fidèlement. Cette dimension de compagnonnage, d’amitié dans le Seigneur, est importante, car nous ne sommes pas croyants tout seuls.

Du côté de la vie pour servir davantage

Le discernement, si cher à Ignace de Loyola, est aussi une école de vie commune, de vie pour les autres. Bien sûr, chacun d’entre nous sert de manière singulière le Seigneur, mais nous sommes au service des uns des autres, invités à nous placer du côté de la vie, comme nous y engage la première lecture (Dt 30, 15-20) de cette fête de saint Ignace de Loyola. La vie que nous propose le Seigneur n’est pas seulement une question de naissance ou de mort. C’est chercher à choisir, pour vivre, ce qui nous conduit davantage à grandir dans l’amitié avec le Seigneur.

Apprendre à discerner

Ce discernement, qui est vital si nous voulons faire croître la fraternité en notre monde, ce n’est pas laisser le hasard choisir pour nous. Il s’agit bien de laisser résonner ce qui fait sens en nous, ce qui fait battre le cœur de notre vie et de notre engagement en vérité. C’est bien une histoire de cœur, et nous savons l’importance qu’Ignace de Loyola accordait aux motions intérieures, à ce qui nous met en route. Même la sécheresse spirituelle peut être une indication du désir de Dieu pour nous. Pour autant, soyons-en certains, Dieu ne joue pas à cache-cache avec nous, c’est plus souvent nous qui sommes aveuglés et incapables de le trouver en plein monde. Alors, dans ces moments-là, la sagesse recommande de tenir bon et de nous en tenir à ces appels à la vie auxquels nous avons répondu avec générosité.

Compter d’abord sur la grâce de Dieu

Nous savons que nous pouvons compter sur la grâce, l’abondance et la générosité de Dieu, même s’il faut passer parfois par l’aridité. Ce qui est important, c’est de rester greffés sur la vigne du Seigneur pour pouvoir porter de bons et beaux fruits. L’Évangile de Jean (15, 1-8), choisi pour cette solennité d’Ignace de Loyola, nous invite à demeurer sur la vigne du Seigneur et à faire demeurer ses paroles en nous. Ainsi, nous pourrons devenir davantage ses disciples.

Compagnons de Jésus

Pour Ignace, être disciples de Jésus, c’est être en sa compagnie. C’est-à-dire le laisser partager avec nous sa vie même. Être compagnon de Jésus n’est pas réservé à l’ordre religieux masculin fondé par Ignace, mais c’est d’abord se sentir appelés à vivre dans une proximité avec lui. C’est aussi se sentir invités à devenir ses « amis dans le Seigneur », à l’image d’Ignace et de ses compagnons. Lorsque nous célébrons Ignace, nous célébrons la Compagnie de Jésus et tous ceux et toutes celles qui se sentent séduits, saisis par la contemplation dans l’action. Devenir des « amis dans le Seigneur », c’est aussi tâcher de transformer le monde en y œuvrant de tout notre cœur, comme un vigneron le fait pour sa vigne. Cela passe par la recherche de cette indifférence que prône Ignace. C’est-à-dire s’ouvrir à la disponibilité pour écouter davantage les voix de Dieu que de vouloir suivre nos propres routes.

Porter de bons et beaux fruits

Il s’agit de mettre Dieu en premier dans notre vie pour qu’elle puisse porter de bons et beaux fruits pour la plus grande gloire de Dieu, donc servir les hommes et les femmes de ce temps. Il nous faut reconnaître que cette disponibilité pour réaliser ou commencer à entreprendre l’œuvre de Dieu n’est pas facile. Nous avons du mal à choisir, notre discernement n’est pas toujours facile, et nous sommes parfois – souvent – spectateurs de notre propre vie.

Avec Ignace, servir l’Éternel Seigneur de toutes choses

Pour nous consoler et nous encourager, nous pouvons regarder l’itinéraire d’Ignace. Il lui a fallu du temps depuis le boulet de canon reçu à Pampelune (1521), la fondation de la Compagnie de Jésus (27 septembre 1540) et la finalisation des Exercices (31 juillet 1548). Les temporalités de fondation sont des occasions d’approfondissement de notre chemin de compagnonnage avec le Seigneur.

Le temps est supérieur à l’espace

Il faut du temps pour faire un chef-d’œuvre. Il faut aussi laisser du temps pour que les beaux et bons fruits demeurent et réjouissent le cœur et le corps des hommes et des femmes de ce temps. Autrement dit, le temps est supérieur à l’espace, comme nous le dit Jorge Mario Bergoglio, le pape François, un autre jésuite, dans Evangelii Gaudium. Respecter cette temporalité est essentiel, et encore plus maintenant où nous voudrions – plus que jamais – avoir fini avant d’avoir commencé.

L’amour du Seigneur nous presse

Mais, il nous faut le reconnaître, longue et difficile est notre conversion. Toutefois, l’amour de Dieu nous presse : il nous demande sans cesse de nous laisser saisir par sa miséricorde pour que nous l’annoncions dans et par toute notre vie. Ainsi, ce qui importe, c’est bien plus le fol amour de Dieu que la faiblesse de notre foi. Au fil de cette mission, nous nous laisserons saisir par cette tendresse infinie de Dieu que nous rencontrons dans la prière, les sacrements et les œuvres que nous accomplissons en son nom.

Servir sous l’étendard de la croix

L’exemple d’Ignace de Loyola et de ses compagnons peut nous aider dans cette œuvre de salut pour que nous puissions servir en compagnie de Jésus, sous l’étendard de la croix, Dieu notre Seigneur. Alors, en ce jour de fête, prions les uns pour les autres, les uns avec les autres. Puisse, par l’intercession d’Ignace, la grâce nous être donnée de chercher toujours la manière la plus juste de désirer servir davantage le Seigneur en ce monde et en ce temps. Ainsi, nous pourrons, pour la plus grande gloire de Dieu, devenir de fidèles et bons ouvriers de la vigne du Seigneur.