Contempler le visage de l’autre


Méditations au coeur du monde, Temps liturgiques / vendredi, octobre 23rd, 2020
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Contempler le visage de l'autreCe 30e dimanche du temps ordinaire nous invite à nous faire du bien. Le Seigneur, dans son Évangile, nous demande de nous aimer, de nous accepter, tels que nous sommes. Cette affirmation, qui fait le bonheur des magazines people, est la révélation de l’amour de Dieu. Il nous invite à nous aimer parce que nous sommes son visage. Certes, abîmé par le péché, par nos refus d’aimer, mais visage tout de même. Quand nous aimons Dieu, nous ne pouvons pas faire l’impasse sur l’Amour de notre prochain, et donc pour aimer l’(A)autre, nous avons besoin de nous découvrir aimés.

Contemplation

Lorsqu’un enfant naît, l’une des premières choses que les parents contemplent, c’est son visage. C’est dans ce vis-à-vis, dans ce regard empli de tendresse, que l’Amour s’exprime. Cet enfant, qui ressemble peut-être à son père ou à sa mère, est avant tout lui-même. Il est le fruit d’un amour à deux, d’une acceptation de chacun pour donner la vie à un autre. Cette analogie nous permet de comprendre le projet de Dieu. Il nous fait aussi saisir l’appel du Seigneur à aimer l’autre comme nous-mêmes. Si nous oublions cet amour premier, nous ne pourrons pas faire de place à l’autre.

Amour

Le véritable amour est celui qui accepte non seulement la différence, mais surtout qu’il y ait une place pour la rencontre, l’altérité. C’est là le message central de la Parole de Dieu, de la Tradition Biblique. La première lecture (Ex 22, 20-26) nous le fait comprendre. Aimer Dieu, se dire ses disciples, c’est se reconnaître comme ses enfants et accepter l’autre dans toute sa différence. Qu’importe s’il est d’un autre pays, d’une autre religion. L’importance ne réside pas dans ces caractéristiques mais dans cette capacité qu’il a de me découvrir un visage à aimer. Il me révèle quelque chose de Dieu.

Espace

Cet au-delà de tout nous avons à le découvrir dans les rencontres quotidiennes. Également, c’est une invitation à prendre soin de notre maison commune, car l’autre et moi y habitons. Elle est le lieu de notre croissance humaine et spirituelle. C’est là où nous avons à apprendre cette différence qui conduit à l’Amour. S’aimer pour aimer l’autre, c’est découvrir que nous avons toujours à laisser de l’espace dans nos tentes. C’est une loi universelle à laquelle Jésus nous demande de nous conformer. C’est une règle pour bâtir ce visage de fraternité auquel notre société est invitée à ressembler.

Déchirure

Si nous méprisons l’autre, que sa différence est, pour nous, infériorité, alors nous déchirons l’humanité. Ne tombons pas dans un obscurantisme de supériorité. Souvenons-nous que le serviteur n’est pas plus grand que son maître et que le Christ s’est abaissé à laver les pieds de ses disciples. Il nous faut donc imiter le Christ, comme Paul nous y invite dans la seconde lecture (1 Th 1, 5-10). Imiter ne signifie pas plagier. Il ne nous est pas demandé de reproduire pas à pas, mot à mot, la vie de Jésus. Nous avons à nous inspirer de son exemple, à le suivre pas à pas, aidé de l’Esprit Saint pour comprendre comment devenir Fils de Dieu.

Chemin

L’Humilité du Christ et son exigence sont un chemin de progrès pour chacun de nous. Nous en sommes dignes, puisqu’il a choisi de faire alliance avec sa création et de la confier à l’Humanité. Ne craignons pas nos ruptures d’alliance, cherchons plutôt à les éviter en parcourant le chemin qui nous sépare de l’autre. Peut-être alors, nous pourrons découvrir que sans cette rencontre, nous serions passés à côté du visage du Christ Ressuscité. La lumière de l’Amour de Dieu resplendit dans ce Christ Crucifié, relevé d’entre les morts.

Puissions-nous alors, tout au long de nos jours, et spécialement en cette semaine qui va nous conduire à la splendeur de la Toussaint, trouver dans le visage de l’autre, la joie de Dieu. Elle s’exprime dans cette assurance que nous sommes invités aux noces de l’Agneau si nous acceptons de faire de nos vies une vivante offrande à la louange de sa Gloire, Encore faut-il que nous nous nous décentrions pour mieux nous aimer et témoigner ainsi de la tendresse du Ressuscité pour chacun et chacune.