La montagne de l’Amour de Dieu

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La montagne de l’Amour de DieuCe deuxième dimanche de Carême nous conduit du désert à la montagne de la Transfiguration. Cette montagne, lieu de la rencontre entre Dieu et les hommes, peut nous aider à contempler les appels de Dieu. Arriver dans ce lieu demande un effort, récompensé par la vue qui permet de percevoir la réalité autrement.  Il nous invite à un déplacement intérieur, à prendre du recul par rapport au point de départ de notre marche.

L’exemple d’Abraham

C’est l’expérience d’Abraham que nous méditions dans la première lecture. Nous pouvons être impressionnés par sa confiance en son Dieu. Qui d’entre nous est capable d’offrir la chair de sa chair au nom de Dieu ? C’est un sacrifice terrible qui est demandé là. Abraham y consent. Il a grande confiance en Dieu et, sans doute, pense que c’est pour le plus grand bien que cette demande lui est faite. Étrange aussi, la demande de Dieu. D’un côté, comme de l’autre, nous sommes dans le domaine de l’irraisonnable. Mais Dieu est bon et n’a pas autorisé un seul sacrifice. Seul Lui, par le sacrifice consenti de son Fils, est capable d’un tel don pour nous communiquer la plénitude de la vie divine, par sa résurrection. Nous faisons l’expérience d’un tel don à chaque fois qu’il nous est donné de communier à la Parole et au Pain de Vie.

Témoins de l’Amour de Dieu

Le Christ se donne constamment lorsque nous venons à sa rencontre. C’est ce que nous enseigne Paul dans l’épître de ce dimanche. C’est bien pour nous, comme pour nous prouver son amour, que le Christ est mort et ressuscité. Pour entrer dans la compréhension de son sacrifice, il nous faut prendre de la hauteur. La montagne où nous sommes conduits ce dimanche nous le permet. Comme les apôtres, nous avons du mal à comprendre ce message. Page après page, dans sa Parole, le Père vient nous révéler l’intensité de son amour pour son Fils. Cette fois, c’est en présence des témoins historiques de son alliance, Élie et Moïse, que cette révélation est faite. Sur la montagne, Dieu introduit son Fils comme sujet de son amour. Ce dernier doit se répandre, se communiquer et à notre tour nous transfigurer.

Cheminer vers Jésus

Connaître Jésus, entrer dans son Alliance, doit nous conduire à la conversion. Notre regard, notre visage, nos manières d’être, de vivre et de penser doivent être orientés vers la croissance du nom de Dieu. Il ne s’agit pas de partir en croisade pour persuader que le Dieu et Père de Jésus-Christ serait le meilleur de tous les dieux. Il n’a pas besoin de VRP, de Croisés, mais d’ambassadeurs. Nos contemporains doivent pouvoir sentir que nous sommes les disciples du Christ, ses frères et sœurs, greffés à la vigne du Père. Voilà son ambition pour chacun et chacune d’entre nous.

Plus que le but, le chemin

Ce chemin n’est pas aisé, il ressemble à un chemin de montagne, escarpé, sinueux. Lorsque nous cherchons à le pratiquer, nous avons comme l’impression que le sommet s’échappe. Peut-être, alors, nous faut-il nous souvenir que ce qui importe n’est pas tant d’arriver en haut de la montagne, mais de se mettre en route. C’est une manière de devenir disciple-missionnaire.

Un cœur à cœur

Dans ce pèlerinage sur la terre, nous rencontrons des témoins, des occasions qui nous donnent de fortifier notre foi, enraciner notre espérance et élargir notre charité. Ce sont là des chemins de conversion qui nous permettent de grandir et de découvrir que nous avons un cœur qui bat. Cela est possible que si nous nous enracinons dans le cœur du Christ qui s’est offert pour nous. Le cœur du Christ est l’ouverture à l’universalité de l’Amour de Dieu pour que nous prenions son message à cœur. Il est une invitation au dialogue, à l’échange comme Jésus, Élie et Moïse dans l’Évangile de ce dimanche. Nous ne savons pas ce qu’ils se sont dit, mais nous savons qu’il a permis au Père d’affirmer l’amour pour son Fils.

Entrons dans le dialogue

Nous pouvons, peut-être, y voir une invitation à faire de nos dialogues, de nos échanges, des occasions de témoignage de l’amour de Dieu. Combien de fois sommes-nous médisants, méprisants, jugeant hâtivement et définitivement l’autre ? C’est une réflexion que nous pouvons mener tranquillement, sous le regard de la grâce, durant ce Carême. Cela peut être, pour nous, un axe de conversion, une invitation à participer davantage à la tendresse de Dieu.

Conquis par le Christ

La réaction de Pierre, sur cette montagne de la Transfiguration, a quelque chose de touchant. Devant l’inédit de la scène, il dit un peu n’importe quoi. Nous connaissons bien cette manière de faire et nous pouvons nous réjouir de cette maladresse. Pierre n’a pas été choisi pour ses qualités humaines, mais il a été conquis par le Christ. Dans les pages qui précèdent l’Évangile de ce dimanche, se trouve la confession de Césarée, où Pierre confesse le Christ comme le Messie. Nous voyons alors que malgré sa foi, son amour pour le Christ, il reste un « glaiseux ». Le poids de son humanité lui colle à la peau, aux pieds et c’est tant mieux. C’est de cette matière première que Dieu veut faire des saints. Il n’attend pas de nous que nous nous transmutions, mais plutôt à la transfiguration de notre vie.

Notre humanité divinisée

Notre nature humaine est radicalement transformée depuis la naissance de Jésus, car appelée à la radicalité du don, de l’amour fou de Dieu. C’est là que doit résider notre joie. C’est là le cœur de notre foi. Réjouissons-nous de nous savoir appelés à aimer radicalement en mettant pleinement notre confiance dans le nom de Dieu. C’est de la pure folie mais, si nous demandons à Dieu la grâce d’accepter d’être aimé par Lui, alors, notre vie, notre monde pourront être transfigurés. Changer le monde est avant tout une question de conversion personnelle et communautaire.

Alors, puisons dans la Parole de Dieu les vivres dont nous avons besoin, comme nous y invite la prière d’ouverture de ce dimanche. Qu’elle dilate et transfigure nos cœurs et nous conduise à la joie d’avancer vers la conversion par et dans toute notre vie.

Une réflexion sur « La montagne de l’Amour de Dieu »

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