S’ouvrir au désir de Dieu pour agir avec Lui

« Il a bien fait toutes choses : il fait entendre les sourds et parler les muets », avons-nous entendu à la fin de l’Évangile de ce dimanche. Faire bien toutes choses, pour le Christ c’est plutôt une bonne nouvelle à première vue. Pour nous aussi, nous avons le désir de bien faire toutes choses, d’être ses fidèles ouvriers à la vigne du Seigneur qui remplissent leur office. Ce qui est toutefois surprenant dans cette page d’Évangile c’est l’attitude de ces personnes qui amènent le sourd à Jésus pour le guérir. Ils sont « extrêmement frappés ». Ils sont frappés que Jésus guérisse ou bien qu’il le fasse avec autorité en demandant de ne pas faire savoir ? Dans la discrétion et l’humilité qui sont le propre de Dieu ?
Et nous ? Qu’est-ce qui nous surprend dans cet Évangile ? Quel message entendons-nous pour suivre Jésus au plus près ? Chacun est invité à répondre dans l’intimité de son cœur à cette question, aujourd’hui comme demain. Mais, la Parole de Dieu est aussi une invitation à faire communauté, à nous laisser entraîner à devenir ce peuple de Dieu qui lui aussi se laisse guérir de sa surdité, de son incapacité à prononcer une Parole qui exprime notre opinion.
Paroles
Trop souvent, nous avons peur que notre parole soit blessante, inappropriée ou mal comprise. C’est alors que nous devenons sourds à notre propre désir et muets pour entrer en dialogue avec l’autre. Nous avons besoin aussi d’entendre le Christ nous (re)dire « Ephata » : « ouvre-toi », comme il l’a dit lors de notre baptême. Le Christ nous invite à nous ouvrir les uns aux autres bien sûr mais à ouvrir surtout notre cœur comme pour communier aux souffrances de nos frères et sœurs, aux souffrances de ce monde sourd aux paroles de réconciliation et de paix proclamées par tant de femmes et d’hommes de bonne volonté. Appuyons-nous sur l’Esprit Saint pour nous laisser entraîner dans le silence qui nous permet d’entendre et de poser une parole qui a été fécondée et mûrie au creuset de l’amour de Dieu. Souvent, nous parlons trop peu ou pas assez et assez souvent pour exister, illégitime que nous serions d’avoir notre pleine et juste part à ce monde. Nous nous sentons comme emprisonnés dans nos peurs. Pourtant, le Christ est venu nous libérer de ces peurs, il est venu nous redire notre légitimité comme enfant de Dieu, fils dans le Fils d’être des bâtisseurs de ce monde qui n’attend que des prophètes de bonne volonté, que des femmes et des hommes qui osent agir, en conscience, par conviction, par choix.
Désirs
Soyons attentifs aux désirs qui jaillissent de nos cœurs s’ils nous appellent à la joie et à la réconciliation. Ce dynamisme doit nous inviter à l’action pour l’annonce de l’Évangile et le service des femmes et hommes de ce temps. Ce service qui nous fait prendre le chemin de tant de personnes que la vie a blessés, que d’autres femmes ou hommes ont humiliés ou atteints dans leur dignité la plus profonde. Soyons à la rencontre dans la discrète charité aptes à leur apporter l’Espérance et la Guérison de notre Dieu plein de miséricorde. Le premier pas de ce chemin est la prière. Prière d’offrande de nos vies, de la vie des autres. Prière que nous portons sur l’autel du Seigneur dans l’Eucharistie, certains qu’elle trouvera grâce à ses yeux. Souvenons-nous que, comme aime le rappeler le Pape François :

la prière est le premier travail missionnaire de tout chrétien, et c’est le plus efficace

Entrons alors dans cette dynamique, demandons l’aide de l’Esprit Saint pour que nos cœurs s’ouvrent chaque jour davantage à l’action de grâce, à la louange et à une humble prière de demande. Dieu saura nous combler au-delà de nos propres désirs et saura nous entraîner sur la voie de son plus grand service.