L’indifférence pour consolation

L’indifférence pour consolation
L’indifférence pour consolation

Dimanche dernier nous entendions les béatitudes. Ces paroles du Christ qui nous encouragent à vivre de sa parole pour devenir chaque jour davantage ses disciples. Ces paroles Continuer la lecture de « L’indifférence pour consolation »

Mots pour maux ?

D’ici une centaine de jours, le dimanche 22 avril 2012, nous serons conviés à élire le président de la République. Les candidats à ce poste occupent la scène médiatique plus par des invectives que par des propositions concrètes. Et si cela changeait ?

Nous sommes dans une phase de campagne électorale. Il m’apparaît que cette dernière est bien étrange. Car, loin d’entendre les prétendants (du moins leur écurie) débattre sur le fond à coup de programme et contre-programme, ils agissent en arguant sur de potentiels dangers effrayants de l’élection d’aucun et d’autres singeant l’actuel locataire en faisant des imitations, peut-être drôles, mais peu pertinentes. Le plus grave étant ceux qui font des discours de récupération d’électeurs.
En fait, tout semble bâti comme si la polémique devait prendre le pas sur le politique. Pourtant, nous aurions bien besoin, en ces temps peu rassurants à entendre les médias, que ceux et celles qui veulent diriger la nation demain, prennent de la hauteur et se souviennent que leur rôle est de servir leurs concitoyens et d’améliorer, au quotidien, leurs conditions de vie.
Pour autant, il me semble que les électeurs ne doivent pas non plus fuir leurs responsabilités. Le vote n’est pas un jeu télévisé où le meilleur gagne une croisière sur un joli yacht… Il s’agit de donner une direction, une impulsion à notre pays pour qu’il soit crédible à la face des nations et surtout que chaque concitoyen puisse avoir des conditions de vie dignes, où le pauvre, la veuve, l’étranger, l’immigré… ne soit pas inquiété pour ce qu’il est. Il est impératif d’être attentif à ne pas oublier qu’il nous revient, à chacun, et cela passe par le vote également, de bâtir cet « insaisissable vivre ensemble ». Le destin de notre pays passe par notre voix, par notre choix. Nous sommes les acteurs premiers de notre avenir. Alors, même si nos hommes et femmes politiques, peuvent vous sembler peu crédibles et vous apparaissent tels bonnets blancs et blancs bonnets, ne vous laissez pas bercer par ce constat. C’est la voie ouverte aux idées les plus passéistes, les plus archaïques qui poussent à mettre au pouvoir des personnes dont la seule passion est d’opposer plutôt que de rassembler ou surtout d’avoir des préférences catégorielles….
Quant aux hommes et aux femmes politiques, par respect pour nous, concitoyens, mais plus encore par respect pour vous et ce que vous représentez, je vous appelle à prendre de la hauteur, à ne pas vous laisser allez à la facilité d’un « bon mot », d’un tweet qui sera repris par toute la toile. Soyez à la mesure du poste que vous désirez en faisant preuve de pédagogie, de bon sens, de propositions innovantes pour notre monde. Ne guidez pas votre action sur les sondages ou les bas-instincts. Les citoyens attendent de vous, non pas des miracles, mais des décisions courageuses, responsables. Ils comptent sur vous pour que leur quotidien devienne moins lourd mais ne sont pas, pour autant, stupides, aveugles et prêts à croire n’importe quoi, n’importe qui. En résumé, ayez le courage d’être des citoyens honnêtes dans tout ce que cet adjectif peut avoir de sens.
Même s’il est souvent dit que l’on rentre en politique comme en religion, son but n’est pas de proclamer une bonne nouvelle mais d’être un champ d’action. Même si le combat politique existe, que les idées divergent, il ne doit pas, pour autant, être un champ de bataille qui se transformerait inévitablement en un champ de ruines.

« Malheur à moi, si je n’annonce pas l’Evangile » 1 Co 9,16

Ce vieux débat entre la foi et les œuvres est encore bien trop souvent présent en nous. Ces deux dimensions de notre vie de croyants ne sont pourtant pas contradictoires. Bien au contraire, elles sont ordonnées l’une à l’autre. Il ne peut pas y avoir de vie chrétienne sans un engagement plein et entier au service des autres.

Annoncer l’Evangile est au fondement de notre vie chrétienne. Nous avons pour tâche d’être témoins du Ressuscité et de proclamer au monde entier Sa Bonne Nouvelle du Salut. Le témoignage est constitutif de notre foi. Partager la Parole avec d’autre doit lui permettre d’être assimilée par celui qui la reçoit La Parole de Dieu est le pain nécessaire pour la marche, ce qui nous met debout, en route (cf. Dt 8,3). C’est prendre au sérieux cet appel de Christ à devenir et à faire devenir disciple. Cette mission est souvent l’affaire d’une vie et appelle une conversion sans cesse renouvelée. Là aussi, la Parole peut nous aider, nous faire comprendre de quelle manière nous devons ajuster notre Vie à celle du Christ pour être en cohérence avec notre proclamation.

Faire la volonté du Père

Jésus nous demande, sans cesse, de faire, à sa suite, la volonté du Père. Cette volonté est exigeante puisqu’elle nous demande une foi qui s’enracine dans la découverte de l’autre. Pas une découverte superficielle mais une vraie rencontre mûrie dans la Charité. La Charité n’est pas une attitude condescendante, mais une dynamique chrétienne qui nous fait considérer l’autre avec dignité, respect. Le chrétien ne doit jamais se croire meilleur ou supérieur aux autres. Dans les relations que nous nouons les uns avec les autres l’attitude juste qui convient est celle de l’égalité. La hiérarchie ou les responsabilités sont d’un autre ordre.

Une charité active

Notre charité se doit d’être active et c’est ce que nous faisons au long des jours au sein des postes par l’action sociale de proximité ou simplement par un café offert, une poignée de main au visiteur ou un offrir un regard attentif aux voyageurs croisés dans le métro. L’action, la rencontre gratuite, désintéressée est une autre manière d’annoncer l’Evangile. Cela peut sembler assez peu efficace au premier abord. Nous avons peut-être l’impression de perdre notre temps alors qu’il y a tant de « foules sans berger » qui n’ont jamais entendu parler de Christ. Certes, mais pour entendre parler de Lui, il faut que les « oreilles du cœur » soient disposées à entendre. Là se trouve l’un des génies du Fondateur : redonner d’abord à l’autre une dignité à travers la soupe et le savon, puis seulement, lui annoncer celui au nom de qui nous faisons cela. Si Dieu a pris soin de nous rejoindre dans notre humanité, n’est-ce pas qu’il considérait l’humanité comme digne de Le rencontrer ? Refonder, établir du lien social c’est participer, d’une manière qui nous est propre, à l’œuvre de création, d’alliance de l’Eternel. Nous portons cette responsabilité, comme chrétiens, de la faire fructifier afin de construire, chaque jour davantage, le Royaume de Dieu et sa justice.

Ne mettons pas en tension et en opposition les actes et la foi, la proclamation et les actions. Ce sont en quelque sorte deux poumons qui nous aident à respirer pleinement et à être fidèle à notre vocation de chrétiens. Tâchons de ne pas non plus préférer l’action à la proclamation. Il faut que l’une et l’autre s’ajustent mutuellement pour résonner en harmonie.