François : n’oublie pas les pauvres

François : N’oublie pas les pauvresAujourd’hui, le Président de la République, François Hollande, va rencontrer dans le cadre d’une visite privée le Chef de l’État du Vatican, le Pape François. Continuer la lecture de « François : n’oublie pas les pauvres »

Ajustés au service

Ajustés au serviceLe parlement a voté la semaine dernière la loi ouvrant le mariage aux personnes du même sexe. Il reste, certes, encore quelques étapes avant qu’elle soit promulguée mais elle le sera de toute manière. Que nous soyons d’accord, pas d’accord ou que cela demeure une interrogation cette loi devra s’appliquer, comme toutes les autres. La démocratie c’est aussi cela : accepter que ceux qui nous représentent fassent des choix en notre nom, au nom du mandat que nous leur avons confié par notre bulletin de vote. Maintenant que cette loi est votée, peut-être que les voix qui se sont élevées de toutes parts, ces manifestations grandiloquentes, ces vedettes haranguant la foule, tels des camelots, pourraient rester sur leur lancée pour dénoncer les injustices sociales, les conditions de vie des personnes roms dans notre pays, les licenciements injustes… Bref, tout ce qui bafoue la dignité de l’être humain ! Continuer la lecture de « Ajustés au service »

Ensemble luttons contre la pauvreté

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Le logement est plus qu’une urgence

La semaine qui vient de se terminer a connu une actualité sociale particulièrement agitée, entre les remous du feuilleton dramatique d’Arcelor-Mittal, la manifestation du collectif des associations unies pour le logement, la commémoration des morts de la rue et les propos maladroits de Cécile Duflot par rapport à l’engagement de l’Eglise envers les plus pauvres –

la charité n’a pas d’heure disait le fondateur du Secours Catholique : Jean Rodhain (sic).

Celle qui arrive s’ouvre par un événement politiquement important : la Conférence contre la pauvreté et pour l’inclusion sociale. Gageons que cette dernière permettra de notables avancés dans la prise en compte de ces 8 millions de personnes les plus défavorisées. J’espère aussi, même si j’ai quelques doutes, que cela permettra au gouvernement en place de se démarquer des 5 années de mépris que nous venons de connaître, notamment sur ces questions.
La neige s’abat un peu partout sur la France, le froid poursuit son offensive et de nombreuses personnes emmitouflées, bonnet vissé sur la tête, courent dans les sanctuaires de notre modernité pour faire le plein de cadeaux pour ceux qui leurs sont chers. Pourtant, pendant ce temps là, nous pouvons voir ici ou là, dans le renfoncement d’un porche d’immeuble (quand des décorations idoines ne l’empêchent pas), les couloirs du métro…. des personnes, elles-aussi, emmitouflées, non dans des manteaux mais dans des couvertures de fortune. Quand mon chemin les croise, un malaise m’envahit. Comment est-ce possible qu’aujourd’hui des personnes puissent en être réduites à se mettre à l’abri ainsi ? Quelle est donc cette société, soi disant riche, qui laisse derrière elle ses plus fragiles. Certes les places d’hébergement d’urgence sont saturées, le 115 ne répond pas, les associations ne savent pas trop comment faire. Bref, c’est un peu la chienlit en France pour les pauvres. Pour autant, le Président Hollande nous a promis le changement, de sortir de cette politique de l’urgence hivernale pour entrer dans une vraie politique de l’hébergement et la construction de 150000 logements sociaux. Mais, telle sœur Anne, nous ne voyons rien venir
Le logement durable c’est pour quand ?
Un des problèmes majeurs dans la lutte contre la précarité c’est ce manque de logement ou du moins d’offres de logement qui soient adaptées aux revenus faibles. Souvent, pour louer un logement, il faut faire preuve d’une solidité à toute épreuve associée à des garants et à un CDI. C’est déjà difficile pour un salarié dans la moyenne alors pour une personne en précarité, je n’ose imaginer. D’autant plus que les cautions publiques ne sont pas forcément acceptées dans le secteur privé. Une vraie réflexion est à poser et à approfondir sur ce nécessaire accès au logement. Un autre souci, dans cette même thématique est le dispositif social qui ressemble à un mille feuille. Du fait, notamment, du manque de logement autonome, des personnes restent dans des dispositifs type Centre d’Hébergement et de Réinsertion Sociale ou dans des hôtels sociaux alors qu’ils ont simplement besoin d’un accompagnement social léger par exemple pour gérer leur budget ou retrouver un travail. Ce mode de fonctionnement cantonne les personnes dans une dépendance qui ne leur permet pas de (re)trouver une autonomie et une dignité suffisantes à mon sens. Gageons que là aussi cette conférence du début de la semaine prochaine change les pratiques actuelles et fasse du logement une vraie priorité nationale.
Accueil et accompagner
Si nous parvenons à une véritable politique du logement d’abord, initiée par le précédent gouvernement, souhaitée par les associations, ce sera une véritable avancée.  Cependant, il ne suffit pas de loger les gens correctement pour que tout se passe bien. Nous voyons bien ce qui se passe à la fin de la période hivernale où l’on ouvre gymnases, casernes, salles paroissiales et autres abris de fortune. Ces personnes accueillies sont remises gentiment, poliment à la rue. Tout de monde est désolé mais il fait moins froid, le gouvernement ne donne plus de moyens car la trêve est rompue alors « au revoir et… à l’année prochaine ». Même si, lorsque ce sont des professionnels de l’action sociale qui gèrent ces lieux, certaines personnes peuvent raccrocher avec le cours ordinaire d’une vie de citoyen. Ajoutons que c’est, hélas, conditionné au fait qu’ils possèdent des papiers voire la nationalité française. Soulignons, au passage, l’abrogation du forfait de 30€ pour les sans papier voulant consulter un médecin.
Il ne suffit donc pas seulement d’accueillir, il faut absolument mettre tout en place pour accompagner les personnes hébergées. Elles sont besoin d’un toit, de repas chauds, de vêtements propres mais surtout d’une écoute professionnelle bienveillante qui puisse les orienter convenablement. Ici encore la bonne volonté, la grandeur de cœur et l’ouverture d’esprit ne suffisent pas. Il est nécessaire que l’exclusion, enfin l’inclusion, tout comme l’hébergement soient au premier rang des politiques publiques. N’oublions pas également que les premiers concernées, c’est-à-dire, les personnes accueillies et qui sont en situation d’exclusion, puissent et doivent avoir voix au chapitre. Accompagnées par des professionnels de l’action sociale, elles sont capables d’exprimer des pistes pour une politique publique efficace qui réponde à leurs besoins.
Au bout de six mois de présidence de François Hollande, le bilan est plutôt mitigé voire décevant. J’attendais de grandes décisions sociales, fidèles aux valeurs de gauche. Je ne vois que de timides errements et hélas, pour seule grande réforme sociale, le mariage homosexuel. Une fois encore ce débat mérite d’avoir lieu mais la souffrance des personnes les plus fragiles et démunies devrait être la priorité numéro un. Alors, j’exhorte ce Président que j’ai élu, soutenu depuis la primaire à l’Elysée, à ne pas décevoir ceux qui attendaient un vrai changement dans l’exercice du pouvoir. Ce ne sont pas de mesurettes dont les Français ont besoin mais de signe fort en faveur des moins favorisés. S’occuper de la crise économique est important, des minorités sexuelles aussi, mais des minorités au niveau du pouvoir d’achat et de la vie quotidienne tout autant. Alors, monsieur le Président, je vous le demande, n’oubliez pas les pauvres.

Au Bourget : François Hollande prêt à piloter la France

Encore trois mois jusqu’à la présidentielle. Une pierre de fondation vient d’être posée aujourd’hui, dans cette conquête vers l’Elysée, par François Hollande au travers de son discours du Bourget. Il s’y est révélé comme un homme d’Etat, passionné de la France, aux idées claires et limpides. L’occasion, pour moi, de lui réaffirmer mon soutien.
Cet article n’a rien d’unique, il vient, sans aucun doute, s’ajouter à de nombreux autres écrits par d’autres militants, sympathisants et journalistes. Pour autant, j’estime essentiel de partager, avec mes lecteurs, ce que je retiens de ce premier grand rendez-vous populaire de François Hollande dans la course à la Présidentielle. Depuis le début des primaires, je me suis engagé à ses côtés, quittant ainsi ma famille politique originelle. Aujourd’hui, devant ces mots de l’ancien secrétaire du PS, je ne regrette pas ce choix, car il incarne pour moi, une espérance dans un renouveau, dans une manière sobre mais efficace de guider le pays.
Dans son discours du Bourget, François Hollande nous dit d’abord quelle est sa conception de la politique : promouvoir des personnes compétentes en vue de servir l’intérêt général et non favoriser le copinage en récompense de bonnes actions ou de fidélité. Bien-sûr l’un peut aller avec l’autre mais mettre de prime abord la compétence révèle pour moi une autre idée de la France que celle de privilégier une classe haute dont les revenus sont suffisamment populaires pour s’offrir le Fouquet’s. Dans ce même domaine, François Hollande se présente comme celui qui est prêt à partager le pouvoir dans le dialogue avec les grands acteurs de la société civile. Son engagement, depuis le début de la campagne des primaires à faire des partenaires sociaux des acteurs privilégiés de sa politique sociale est, pour moi, une grande avancée. Jusqu’à lors notre pays ne se construit que dans la confrontation. Je forme l’espérance, et le candidat du Parti Socialiste peut l’incarner, que nous soyons d’abord dans la co-construction, dans le dialogue, le débat, l’échange plutôt que dans un rapport de force.
La vision de la France donnée par François Hollande au Bourget semble raisonnable, raisonnée et surtout empreinte de réalisme. Permettre à chacun et surtout aux pouvoirs publics d’être ajustés au service de l’ensemble des habitants du pays et non à tel ou tel type de personne ou de corporation, peut être étonnant comme axe politique. Cependant, c’est redonner cette normalité à notre pays, tant énoncée par le vainqueur des primaires. Tâchons de nous souvenir que les rapports que nous devons nouer les uns avec les autres doivent être fondés sur la base du chacun pour tous, du respect, de l’altérité, de l’échange et non de l’égoïsme et du chacun pour soi. C’est un des facteurs qui permet de bâtir cet « insaisissable vivre ensemble » si cher à Bernard Stasi.
Dans ce discours du Bourget transparaît une humilité et une volonté de servir qui me font croire au Politique. François Hollande arrive à prendre cette hauteur, cette distance avec les polémiques faciles actuelles sans pour autant laisser l’autre le ridiculiser ou pervertir ses propos. Son seul adversaire n’est pas le Président sortant mais ce qui fait que les conditions de vie sont difficiles : une finance débridée et avare. Il n’a pas ce verbe haut et ni cette gouaille de camelot promettant monts et merveilles. Son réalisme fait honneur à la politique et la révélation de son « secret » lui donne une épaisseur que peu d’hommes ou de femmes politiques ont actuellement :

« j’aime les gens, quand d’autres sont fascinés par l’argent. Je prends chaque regard comme une attente, chaque visage comme une curiosité, chaque poignée de main comme une rencontre, chaque sourire comme une chance. ».

Cela peut paraître banal et assez simple comme manière d’être mais dans le contexte délicat de notre pays, n’avons nous pas besoin d’une manière de se comporter plus apaisée et aussi apaisante ?
La route est encore longue et escarpée avant que François Hollande arrive le 6 mai prochain en tête de l’élection présidentielle. Le combat pour ses idées, pour ces idées différentes et respectueuses des situations de chacun sera quotidien. Ce soir à l’issue de ce premier grand discours de François Hollande dans le cadre de la Présidentielle, je lui réaffirme mon soutien. Il fait partie de ces hommes et ces femmes qui feront la France de demain.

Paroles pour Parole

Pendant que Nicolas Sarkozy et Angela Merkel revêtent leur tenue de sauveur de l’Euro et des banques, sans oublier de sauver la Grèce de la faillite (ce qui est tout de même une bonne nouvelle), les déclarations idiotes, iniques et ubuesques de certains ministres français demeurent. Il est vrai que la campagne pour 2012 s’est intensifiée, que le sortant sort du bois et que, celui que je soutiens, François Hollande, est en capacité de le remplacer. Cependant, une parole de l’Ecriture, entendue récemment, me semble être un point d’appui essentiel si nous voulons reprendre notre dignité et surtout, permettre à ceux que notre mépris ou tout simplement notre peur en prive, la retrouve.

 A croire que nous sommes sans cesse dans cet effet de balancier qui vise à ce que tout ce qui peut être positif se transforme en négatif. C’est une des forces majeures de ce gouvernement : la course à la proposition la plus immensément démagogique sans aucun lien avec le bien-être des personnes. Mais, à bien y réfléchir, nos gouvernants ne vivent peut être pas dans le même monde que nous. Ils ne connaissent pas les fins de mois difficiles, ni la nécessité de payer des factures toujours plus fortes pour ceux qui ont des revenus de moins en moins élevés. J’en veux pour preuve la déclaration de M. Wauquiez  (leader de la droite sociale – sic)  de « réserver une partie des logements sociaux à ceux qui travaillent. ». Faut-il comprendre que pour ce ministre de la République, chargé de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, les personnes sans emploi le font, non seulement exprès, mais sont en plus des profiteurs qui ont un magot leur permettant d’avoir une résidence principale confortable à… Neuilly ? Ou bien encore dernièrement l’évocation par certains parlementaires de créer un nouveau de taux de TVA pour renflouer les caisses de l’Etat. Si j’en crois les informations entendues récemment ce serait sur des produits qui aujourd’hui sont à 5.5% comme les plats préparés. Comme par hasard, une fois encore ( ?) ce sont des produits souvent achetés par des personnes aux revenues modestes… Nous marchons vraiment sur la tête et il est vraiment temps que nous changions de méthode de gouvernement, de gouvernants et, plus largement de manière de considérer nos concitoyens. Le Général de Gaulle avait dit que les Français étaient des veaux… Alors faisons honneur à cette expression et saisissons-nous de notre instinct grégaire pour affirmer démocratiquement, en 2012, notre volonté de changement.

 Il est de notoriété publique que je soutiens François Hollande. C’est un soutien raisonné car je crois qu’il est capable de battre Nicolas Sarkozy et de proposer un autre modèle aux Français. Pour autant, je ne crois pas aux miracles, ni aux belles déclarations. Je crois le candidat du PS lorsqu’il dit, dans son discours d’investiture, avoir entendu (et écouté j’espère) les souffrances des plus fragiles, de ceux qui travaillent et ne peuvent vivre que difficilement de ces revenus. Egalement, lorsqu’il manifeste sa confiance dans la capacité de mobilisation et de sursaut des Français. Mais, et il y a toujours un mais, s’il est élu, quelle sera sa capacité d’action, quelles marges de manœuvres aura-t-il dans une économie qui est de plus mondialisée où la finance a bien (trop) souvent plus de poids que le politique. Aura-t-il non pas la volonté mais cette désobéissante pugnacité de mener à bien son désir que « le rêve français », dont il est l’ardent défenseur, devienne réalité ? Ses quatre principes présentés lors de son investiture, comme candidat du PS, semble l’augurer et cette volonté de vérité, transparence, volonté et justice me permette de le croire. Alors, avec François Hollande partons à l’assaut et tâchons de permettre à cette espérance qu’il promeut de devenir réalité.

 Toutefois et conscient de l’impératif de séparation des pouvoirs entre le spirituel et le temporel et celui de non confusion des champs d’investissement, je ne peux m’empêcher de penser que l’Ecriture peut être utile dans un discernement chrétien en vue de l’action politique. Un passage de l’écriture me reste ancré dans le cœur depuis la fin de la semaine dernière. Il s’agit d’une lecture tirée du livre de l’Exode (22, 20-26) :

Quand Moïse transmettait au peuple les lois du Seigneur, il disait : « Tu ne maltraiteras point l’immigré qui réside chez toi, tu ne l’opprimeras point, car vous étiez vous-mêmes des immigrés en Égypte. Vous n’accablerez pas la veuve et l’orphelin. Si tu les accables et qu’ils crient vers moi, j’écouterai leur cri. Ma colère s’enflammera et je vous ferai périr par l’épée : vos femmes deviendront veuves, et vos fils, orphelins.
Si tu prêtes de l’argent à quelqu’un de mon peuple, à un pauvre parmi tes frères, tu n’agiras pas envers lui comme un usurier : tu ne lui imposeras pas d’intérêts. Si tu prends en gage le manteau de ton prochain, tu le lui rendras avant le coucher du soleil. C’est tout ce qu’il a pour se couvrir ; c’est le manteau dont il s’enveloppe, la seule couverture qu’il ait pour dormir. S’il crie vers moi, je l’écouterai, car moi, je suis compatissant ! »

C’est en quelque sorte la profession de foi de Dieu. Dans ce texte, Dieu fait saisir à son peuple qu’il ne le laissera maltraiter le plus démuni, celui qui est immigré, affamé, transit de froid. Ce texte n’est pas non plus angélique mais juste ; il met au centre de l’action l’homme. Au delà de toute dette ce qui doit être préservé c’est l’intégrité de l’homme, ne pas l’accabler ni lui faire rendre gorge parce qu’il doit quelques subsides. Cette attitude de respect à l’égard du prochain et surtout du « blessé de la vie » devrait nous faire réfléchir bien au-delà de la sphère ecclésiale et de la prédication domicile plus ou moins bien réussie. Il s’agit d’un enjeu d’humanité : celui de considérer l’autre de la même manière que j’aimerai être considéré par lui. C’est un présupposé chrétien mais surtout un présupposé humain.

Peut être que nos édiles et surtout ceux qui aspirent à la magistrature suprême devraient lire et relire ce texte le matin en se rasant. Ils y trouveraient, sans aucun doute, de quoi nourrir leur action politique et démocratique. Mais, la condition à la fois ultime et première est que ces mots aient véritablement un sens pour eux.