Benoît XVI : serviteur dans l’humilité

Benoît XVIAvec stupeur, j’ai appris que le Successeur de Pierre avait pris la décision de démissionner. Cette nouvelle brutale met toutes les rédactions en émoi et les chaînes d’informations continues sont configurées en édition spéciale. Au-delà de l’événement et du choc de cette nouvelle, le bouleversement que cela procure a de quoi nous réjouir. L’Eglise n’est pas morte, elle fait encore bouger et la place que tient, dans notre société, la barque de Pierre conduite par le Vicaire du Christ est solide. Au lieu d’entrer dans les spéculations des bookmakers, je tiens à partager ce que je retiens de ce Pape dont j’ai pu suivre l’élection en direct, non pas de Rome, mais de Metz. Continuer la lecture de « Benoît XVI : serviteur dans l’humilité »

A Dieu Bernard !

Bernard StasiBernard Stasi est décédé dans la nuit du 3 au 4 mai 2011. Brutale nouvelle qui vient assombrir notre paysage politique. Ce grand homme fait partie des rares politiques qui ne cherchaient pas à flatter l’électeur, telle une vache au Salon de l’agriculture, à la recherche de voix. Il cherchait à dire ce qui lui semblait le plus utile, le plus vrai, le plus authentique pour ceux qu’il était appelé à servir.
A Epernay, il tâchait de favoriser les populations marginales, ce qui ne plaisait pas à la droite. Sur la scène nationale, il était le héraut du combat contre les idées nauséabondes du Front National. C’était véritablement un homme politique, un homme tourné vers la Cité pour ses concitoyens. Soucieux des plus fragiles, de ceux qui étaient en péril, il n’a jamais hésité à prendre une parole authentique, quitte à se faire des ennemis et à perdre des voix voire un mandat.
J’ai eu la chance de côtoyer Bernard Stasi. Il a été le maire de ma commune et surtout le Président du Centre des Démocrates Sociaux de la Marne. Il m’a donné le goût de l’engagement public et politique. Il m’a aidé à comprendre que les convictions intérieures ne doivent pas entrer en conflit avec les convictions politiques. L’une et l’autre doivent entrer en dialogue pour trouver ce qui est meilleur pour le service de la cité. Si aujourd’hui je cherche où servir, c’est bien parce cet exemple d’authenticité de l’action me hante. Où aujourd’hui s’engager, dans quelle formation politique trouvons nous cette audace du « dire ce qui déplaît », cette volonté de déplacer les montagnes pour faire vivre cet « indéniable vivre ensemble ?»
Sa voix s’est éteinte, il était déjà silencieux depuis quelques années, affecté par la maladie d’Alzheimer. L’image que je garde de lui c’est cet homme affaibli qui avait fait le déplacement à Reims pour le meeting présidentiel de Bayrou. Porté à bout de bras par quelques proches, il avait été acclamé par l’assistance. Lui aussi croyait que Bayrou était l’homme de la situation, d’ailleurs il avait pris fait et cause pour lui dans un article du Monde. Ensuite, c’est cet ouvrage : Tous français, formidable analyse de notre société qui mériterait d’être sur la table de nuit de beaucoup de responsable politique et sur les gondoles des librairies. Un livre à la hauteur de cet homme au langage simple mais non simpliste, clair et percutant. Un livre dont le contenu est tiré du terrain, de l’expérience.
Bernard Stasi, nous manque déjà. Même si sa maladie nous a habitué au silence, son souvenir lui, j’espère, ne le restera pas. Ce qu’il incarné, tout ce qu’il a défendu mérite bien mieux que de belles phrases funèbres et in memoriam. Ses combats faisaient le respect et l’unanimité de tous, même le Parti Communiste adresse son respect par ces mots : « attaché aux valeurs fondamentales de la République et au sens de l’Etat qui ne se perdit jamais dans les compromissions électoralistes avec les franges les plus xénophobes de la droite ». C’est dire la grandeur de cet homme.
Des hommes comme Bernard Stasi font l’honneur de la France, de son système d’intégration et de la grandeur de l’engagement politique. Reste maintenant que ses « successeurs » sauront garder intact cet héritage. Nous avons besoin de consensus, de sens, de conscience intelligente morale comme l’était Bernard Stasi.
Gageons que ceux qui lui rendront hommage sauront marcher dans ses traces et faire honneur à cet homme qui avait la « Politique au Cœur ».

 Merci, Bernard !