Se convertir par le cœur du Christ

Se convertir par le coeur du Christ
Se convertir par le coeur du Christ

Il est d’usage de dire que la curiosité est un vilain défaut. Dans la première lecture, Dieu use de cette capacité de la personne humaine à aller vers l’étonnement pour entrer en dialogue avec elle. Un peu comme dimanche dernier, avec la transfiguration de Jésus. Continuer la lecture de « Se convertir par le cœur du Christ »

La crèche : berceau pour aimer !

En enfant nous est né, un fils nous est donné
En enfant nous est né, un fils nous est donné

Nous sommes arrivés à cette belle fête de Noël. Ce temps où le Seigneur vient nous retire qu’aucunes ténèbres n’aura le dernier mot. La lumière, sa lumière vient jaillir au plus cœur de la nuit pour transformer nos désespérances en éternelle espérance; nos peurs en consolations, nos doutes en conviction que l’Amour a et aura toujours le dernier mot.

Entrons dans le mystère de Noël

Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière ; sur ceux qui habitaient le pays de l’ombre, une lumière a resplendi – Isaïe 9, 1

Le prophète Isaïe par cette parole prophétique et poétique vient nous aider à entrer dans le mystère de Noël. Cette grande lumière qui resplendit peut évoquer toutes ces vitrines des grands magasins qui s’animent de toutes parts en cette période. Ces éclairages nous attirent vers ces nouveaux sanctuaires afin de consommer et de dépenser quelques subsides. La lumière qui nous est amenée par la venue du Christ en notre chair, en cette nuit de la Nativité, est aussi une invitation à nous déplacer, à aller voir ce qui se passe. Mais c’est un paradoxe auquel nous sommes ici renvoyé : il n’y a rien de bien grandiose à voir, pas de miracle, pas de lumière scintillante seulement un tout petit bébé, dans une mangeoire, au fond d’une étable entouré de ces parents. A Noël, Dieu, au travers la fragilité de la vie, de l’enfant qui nait, vient nous inviter à estimer la manière dont la lumière vient dissiper nos ténèbres.

L’Amour en partage

Trop souvent nous passons à côté de ce qui pourrait nous combler car trop attachés à ce qui nous fait paraître aux yeux des autres. Le Christ, en son incarnation, a choisi un tout autre champ. Il vient à nous dans la simplicité, déjà offert en partage par amour. C’est le cadeau de Noël que Dieu nous fait ; un amour inconditionnel et un appel à cette ressemblance. Devant l’enfant de la crèche, nous pouvons prendre un temps de prière pour contempler le verbe qui s’est fait chair. Sa fragilité nous dit l’option que Dieu a choisie pour régner dans ce monde : Etre. Un enfant qui vient de naître incarne cet être, il n’a rien, ne possède rien. Sa seule richesse est l’amour et le bonheur de ses parents.

En son incarnation, Dieu nous invite à entrer dans ce déplacement qui consiste d’abord à savourer ce qui nous fait exister, ce qui donne à notre existence son importance : pouvoir aimer et être aimé. C’est tout simple mais cela demande de notre part, une véritable conversion. En cette nuit de Noël, demandons tout simplement à Dieu de nous donner la grâce d’un amour sincère et véritable qui porte du fruit

Au Bourget : François Hollande prêt à piloter la France

Encore trois mois jusqu’à la présidentielle. Une pierre de fondation vient d’être posée aujourd’hui, dans cette conquête vers l’Elysée, par François Hollande au travers de son discours du Bourget. Il s’y est révélé comme un homme d’Etat, passionné de la France, aux idées claires et limpides. L’occasion, pour moi, de lui réaffirmer mon soutien.
Cet article n’a rien d’unique, il vient, sans aucun doute, s’ajouter à de nombreux autres écrits par d’autres militants, sympathisants et journalistes. Pour autant, j’estime essentiel de partager, avec mes lecteurs, ce que je retiens de ce premier grand rendez-vous populaire de François Hollande dans la course à la Présidentielle. Depuis le début des primaires, je me suis engagé à ses côtés, quittant ainsi ma famille politique originelle. Aujourd’hui, devant ces mots de l’ancien secrétaire du PS, je ne regrette pas ce choix, car il incarne pour moi, une espérance dans un renouveau, dans une manière sobre mais efficace de guider le pays.
Dans son discours du Bourget, François Hollande nous dit d’abord quelle est sa conception de la politique : promouvoir des personnes compétentes en vue de servir l’intérêt général et non favoriser le copinage en récompense de bonnes actions ou de fidélité. Bien-sûr l’un peut aller avec l’autre mais mettre de prime abord la compétence révèle pour moi une autre idée de la France que celle de privilégier une classe haute dont les revenus sont suffisamment populaires pour s’offrir le Fouquet’s. Dans ce même domaine, François Hollande se présente comme celui qui est prêt à partager le pouvoir dans le dialogue avec les grands acteurs de la société civile. Son engagement, depuis le début de la campagne des primaires à faire des partenaires sociaux des acteurs privilégiés de sa politique sociale est, pour moi, une grande avancée. Jusqu’à lors notre pays ne se construit que dans la confrontation. Je forme l’espérance, et le candidat du Parti Socialiste peut l’incarner, que nous soyons d’abord dans la co-construction, dans le dialogue, le débat, l’échange plutôt que dans un rapport de force.
La vision de la France donnée par François Hollande au Bourget semble raisonnable, raisonnée et surtout empreinte de réalisme. Permettre à chacun et surtout aux pouvoirs publics d’être ajustés au service de l’ensemble des habitants du pays et non à tel ou tel type de personne ou de corporation, peut être étonnant comme axe politique. Cependant, c’est redonner cette normalité à notre pays, tant énoncée par le vainqueur des primaires. Tâchons de nous souvenir que les rapports que nous devons nouer les uns avec les autres doivent être fondés sur la base du chacun pour tous, du respect, de l’altérité, de l’échange et non de l’égoïsme et du chacun pour soi. C’est un des facteurs qui permet de bâtir cet « insaisissable vivre ensemble » si cher à Bernard Stasi.
Dans ce discours du Bourget transparaît une humilité et une volonté de servir qui me font croire au Politique. François Hollande arrive à prendre cette hauteur, cette distance avec les polémiques faciles actuelles sans pour autant laisser l’autre le ridiculiser ou pervertir ses propos. Son seul adversaire n’est pas le Président sortant mais ce qui fait que les conditions de vie sont difficiles : une finance débridée et avare. Il n’a pas ce verbe haut et ni cette gouaille de camelot promettant monts et merveilles. Son réalisme fait honneur à la politique et la révélation de son « secret » lui donne une épaisseur que peu d’hommes ou de femmes politiques ont actuellement :

« j’aime les gens, quand d’autres sont fascinés par l’argent. Je prends chaque regard comme une attente, chaque visage comme une curiosité, chaque poignée de main comme une rencontre, chaque sourire comme une chance. ».

Cela peut paraître banal et assez simple comme manière d’être mais dans le contexte délicat de notre pays, n’avons nous pas besoin d’une manière de se comporter plus apaisée et aussi apaisante ?
La route est encore longue et escarpée avant que François Hollande arrive le 6 mai prochain en tête de l’élection présidentielle. Le combat pour ses idées, pour ces idées différentes et respectueuses des situations de chacun sera quotidien. Ce soir à l’issue de ce premier grand discours de François Hollande dans le cadre de la Présidentielle, je lui réaffirme mon soutien. Il fait partie de ces hommes et ces femmes qui feront la France de demain.

La grâce de d’être enraciné dans le Christ

Notre foi chrétienne nous fait demeurer en « ambassade pour le Christ ». Sur cette terre, nous avons, comme chrétien, à porter le message d’espérance, de salut et de consolation que le Christ lui-même a semé au cours de sa vie sur terre. Il s’agit bien plus d’un savoir être que de tomber dans un activisme aussi louable soit-il. Il s’agit de vivre la « diaconie » dans sa dimension théologique.

Ramener la diaconie, même si c’est utile, au bon geste, à la solidarité serait réducteur. Il s’agit d’amener ce qui fait l’Eglise au monde et d’amener ce qui fait le Monde à l’Eglise. Le but ultime est la construction d’un édifice cohérent où chacun a sa place. Cela nécessite bien évidemment l’engagement aussi bien ecclésial que civil afin que cet aller-retour puisse se réaliser dans des conditions optimales. Notons que l’histoire de l’Eglise témoigne que ce souci du plus fragile doit être une priorité pour celui qui a la charge d’un peuple. C’est bien le signe qu’il est de la vocation du peuple chrétien de secourir les plus fragiles, motivés par celui qui en assume l’unité du corps. Il nous faut tout de même garder à l’esprit, nous les chrétiens, que cette préoccupation, nous l’assumons à la suite du Christ. D’où la nécessité de faire entrer en dialogue le culte et la solidarité. En nous rendant présent au plus fragile, c’est au Christ que nous nous rendons présent, nous avons rendez-vous avec lui. Il ne s’agit pas tant de servir pour servir mais de l’effectuer en conformité avec l’agir même du Christ, cette manière si singulière d’aimer l’autre en le servant. Ce service passe surtout par la restauration de l’humanité de l’autre, par la refondation des liens avec sa communauté. Pour le Christ servir l’autre c’est lui redonner toute sa place, la plénitude de son humanité.

Il faut être prudent dans notre désir d’agir à tout prix, d’être dans une dynamique d’actes pour les autres voire avec les autres. La diaconie, dans le sens chrétien, c’est avant tout mettre ses pas dans ceux du Christ. Ce cheminement doit nous placer dans une attitude d’homme debout, libre à l’égard de tous car serviteur du Christ (1 Co 9, 19). Ce compagnonnage avec Lui nous fait aussi grandir dans la foi, dans la confiance que nous mettons dans Sa grâce et Sa parole. C’est aussi là un sens essentiel du service car cela nous fait saisir davantage que nous devons nous enraciner en Dieu, le considérer comme la boussole de notre vie. C’est donc un appel à nous laisser dessaisir de nos idoles, de notre besoin de tout contrôler. Vivre en Serviteur du Christ, c’est saisir qu’il n’y a pas de premières ou dernières places, que la seule qui vaille est celle qui est la mieux ajustée à ce que je suis dans le cœur du Christ. Il s’agit de venir travailler à la vigne du Seigneur, comme nous sommes, avec ce que nous sommes. C’est la démarche, le déplacement qui compte, celui qui consiste à nous mettre en route, à quitter nos soi-disant sécurités pour rencontrer le « maître de la moisson ». Le service consiste à se rendre disponible d’abord à Dieu et en cela à nos frères et sœurs en humanité. Il s’agit bien de vivre dans une profonde intimité avec le Seigneur, source et sommet de la manière juste de servir et donc d’aimer. Sachant que l’amour doit précéder le service, mais que ce dernier est l’expression concrète du premier.

Enracines dans le Christ, nous désirons aimer et servir nos frères. Prenons alors le temps de lui demander cette grâce afin que nous soyons d’un seul cœur tendus vers cette mission et que nous tenions bon malgré les fatigues et les contradictions.