Au Bourget : François Hollande prêt à piloter la France

Encore trois mois jusqu’à la présidentielle. Une pierre de fondation vient d’être posée aujourd’hui, dans cette conquête vers l’Elysée, par François Hollande au travers de son discours du Bourget. Il s’y est révélé comme un homme d’Etat, passionné de la France, aux idées claires et limpides. L’occasion, pour moi, de lui réaffirmer mon soutien.
Cet article n’a rien d’unique, il vient, sans aucun doute, s’ajouter à de nombreux autres écrits par d’autres militants, sympathisants et journalistes. Pour autant, j’estime essentiel de partager, avec mes lecteurs, ce que je retiens de ce premier grand rendez-vous populaire de François Hollande dans la course à la Présidentielle. Depuis le début des primaires, je me suis engagé à ses côtés, quittant ainsi ma famille politique originelle. Aujourd’hui, devant ces mots de l’ancien secrétaire du PS, je ne regrette pas ce choix, car il incarne pour moi, une espérance dans un renouveau, dans une manière sobre mais efficace de guider le pays.
Dans son discours du Bourget, François Hollande nous dit d’abord quelle est sa conception de la politique : promouvoir des personnes compétentes en vue de servir l’intérêt général et non favoriser le copinage en récompense de bonnes actions ou de fidélité. Bien-sûr l’un peut aller avec l’autre mais mettre de prime abord la compétence révèle pour moi une autre idée de la France que celle de privilégier une classe haute dont les revenus sont suffisamment populaires pour s’offrir le Fouquet’s. Dans ce même domaine, François Hollande se présente comme celui qui est prêt à partager le pouvoir dans le dialogue avec les grands acteurs de la société civile. Son engagement, depuis le début de la campagne des primaires à faire des partenaires sociaux des acteurs privilégiés de sa politique sociale est, pour moi, une grande avancée. Jusqu’à lors notre pays ne se construit que dans la confrontation. Je forme l’espérance, et le candidat du Parti Socialiste peut l’incarner, que nous soyons d’abord dans la co-construction, dans le dialogue, le débat, l’échange plutôt que dans un rapport de force.
La vision de la France donnée par François Hollande au Bourget semble raisonnable, raisonnée et surtout empreinte de réalisme. Permettre à chacun et surtout aux pouvoirs publics d’être ajustés au service de l’ensemble des habitants du pays et non à tel ou tel type de personne ou de corporation, peut être étonnant comme axe politique. Cependant, c’est redonner cette normalité à notre pays, tant énoncée par le vainqueur des primaires. Tâchons de nous souvenir que les rapports que nous devons nouer les uns avec les autres doivent être fondés sur la base du chacun pour tous, du respect, de l’altérité, de l’échange et non de l’égoïsme et du chacun pour soi. C’est un des facteurs qui permet de bâtir cet « insaisissable vivre ensemble » si cher à Bernard Stasi.
Dans ce discours du Bourget transparaît une humilité et une volonté de servir qui me font croire au Politique. François Hollande arrive à prendre cette hauteur, cette distance avec les polémiques faciles actuelles sans pour autant laisser l’autre le ridiculiser ou pervertir ses propos. Son seul adversaire n’est pas le Président sortant mais ce qui fait que les conditions de vie sont difficiles : une finance débridée et avare. Il n’a pas ce verbe haut et ni cette gouaille de camelot promettant monts et merveilles. Son réalisme fait honneur à la politique et la révélation de son « secret » lui donne une épaisseur que peu d’hommes ou de femmes politiques ont actuellement :

« j’aime les gens, quand d’autres sont fascinés par l’argent. Je prends chaque regard comme une attente, chaque visage comme une curiosité, chaque poignée de main comme une rencontre, chaque sourire comme une chance. ».

Cela peut paraître banal et assez simple comme manière d’être mais dans le contexte délicat de notre pays, n’avons nous pas besoin d’une manière de se comporter plus apaisée et aussi apaisante ?
La route est encore longue et escarpée avant que François Hollande arrive le 6 mai prochain en tête de l’élection présidentielle. Le combat pour ses idées, pour ces idées différentes et respectueuses des situations de chacun sera quotidien. Ce soir à l’issue de ce premier grand discours de François Hollande dans le cadre de la Présidentielle, je lui réaffirme mon soutien. Il fait partie de ces hommes et ces femmes qui feront la France de demain.

Paroles pour Parole

Pendant que Nicolas Sarkozy et Angela Merkel revêtent leur tenue de sauveur de l’Euro et des banques, sans oublier de sauver la Grèce de la faillite (ce qui est tout de même une bonne nouvelle), les déclarations idiotes, iniques et ubuesques de certains ministres français demeurent. Il est vrai que la campagne pour 2012 s’est intensifiée, que le sortant sort du bois et que, celui que je soutiens, François Hollande, est en capacité de le remplacer. Cependant, une parole de l’Ecriture, entendue récemment, me semble être un point d’appui essentiel si nous voulons reprendre notre dignité et surtout, permettre à ceux que notre mépris ou tout simplement notre peur en prive, la retrouve.

 A croire que nous sommes sans cesse dans cet effet de balancier qui vise à ce que tout ce qui peut être positif se transforme en négatif. C’est une des forces majeures de ce gouvernement : la course à la proposition la plus immensément démagogique sans aucun lien avec le bien-être des personnes. Mais, à bien y réfléchir, nos gouvernants ne vivent peut être pas dans le même monde que nous. Ils ne connaissent pas les fins de mois difficiles, ni la nécessité de payer des factures toujours plus fortes pour ceux qui ont des revenus de moins en moins élevés. J’en veux pour preuve la déclaration de M. Wauquiez  (leader de la droite sociale – sic)  de « réserver une partie des logements sociaux à ceux qui travaillent. ». Faut-il comprendre que pour ce ministre de la République, chargé de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, les personnes sans emploi le font, non seulement exprès, mais sont en plus des profiteurs qui ont un magot leur permettant d’avoir une résidence principale confortable à… Neuilly ? Ou bien encore dernièrement l’évocation par certains parlementaires de créer un nouveau de taux de TVA pour renflouer les caisses de l’Etat. Si j’en crois les informations entendues récemment ce serait sur des produits qui aujourd’hui sont à 5.5% comme les plats préparés. Comme par hasard, une fois encore ( ?) ce sont des produits souvent achetés par des personnes aux revenues modestes… Nous marchons vraiment sur la tête et il est vraiment temps que nous changions de méthode de gouvernement, de gouvernants et, plus largement de manière de considérer nos concitoyens. Le Général de Gaulle avait dit que les Français étaient des veaux… Alors faisons honneur à cette expression et saisissons-nous de notre instinct grégaire pour affirmer démocratiquement, en 2012, notre volonté de changement.

 Il est de notoriété publique que je soutiens François Hollande. C’est un soutien raisonné car je crois qu’il est capable de battre Nicolas Sarkozy et de proposer un autre modèle aux Français. Pour autant, je ne crois pas aux miracles, ni aux belles déclarations. Je crois le candidat du PS lorsqu’il dit, dans son discours d’investiture, avoir entendu (et écouté j’espère) les souffrances des plus fragiles, de ceux qui travaillent et ne peuvent vivre que difficilement de ces revenus. Egalement, lorsqu’il manifeste sa confiance dans la capacité de mobilisation et de sursaut des Français. Mais, et il y a toujours un mais, s’il est élu, quelle sera sa capacité d’action, quelles marges de manœuvres aura-t-il dans une économie qui est de plus mondialisée où la finance a bien (trop) souvent plus de poids que le politique. Aura-t-il non pas la volonté mais cette désobéissante pugnacité de mener à bien son désir que « le rêve français », dont il est l’ardent défenseur, devienne réalité ? Ses quatre principes présentés lors de son investiture, comme candidat du PS, semble l’augurer et cette volonté de vérité, transparence, volonté et justice me permette de le croire. Alors, avec François Hollande partons à l’assaut et tâchons de permettre à cette espérance qu’il promeut de devenir réalité.

 Toutefois et conscient de l’impératif de séparation des pouvoirs entre le spirituel et le temporel et celui de non confusion des champs d’investissement, je ne peux m’empêcher de penser que l’Ecriture peut être utile dans un discernement chrétien en vue de l’action politique. Un passage de l’écriture me reste ancré dans le cœur depuis la fin de la semaine dernière. Il s’agit d’une lecture tirée du livre de l’Exode (22, 20-26) :

Quand Moïse transmettait au peuple les lois du Seigneur, il disait : « Tu ne maltraiteras point l’immigré qui réside chez toi, tu ne l’opprimeras point, car vous étiez vous-mêmes des immigrés en Égypte. Vous n’accablerez pas la veuve et l’orphelin. Si tu les accables et qu’ils crient vers moi, j’écouterai leur cri. Ma colère s’enflammera et je vous ferai périr par l’épée : vos femmes deviendront veuves, et vos fils, orphelins.
Si tu prêtes de l’argent à quelqu’un de mon peuple, à un pauvre parmi tes frères, tu n’agiras pas envers lui comme un usurier : tu ne lui imposeras pas d’intérêts. Si tu prends en gage le manteau de ton prochain, tu le lui rendras avant le coucher du soleil. C’est tout ce qu’il a pour se couvrir ; c’est le manteau dont il s’enveloppe, la seule couverture qu’il ait pour dormir. S’il crie vers moi, je l’écouterai, car moi, je suis compatissant ! »

C’est en quelque sorte la profession de foi de Dieu. Dans ce texte, Dieu fait saisir à son peuple qu’il ne le laissera maltraiter le plus démuni, celui qui est immigré, affamé, transit de froid. Ce texte n’est pas non plus angélique mais juste ; il met au centre de l’action l’homme. Au delà de toute dette ce qui doit être préservé c’est l’intégrité de l’homme, ne pas l’accabler ni lui faire rendre gorge parce qu’il doit quelques subsides. Cette attitude de respect à l’égard du prochain et surtout du « blessé de la vie » devrait nous faire réfléchir bien au-delà de la sphère ecclésiale et de la prédication domicile plus ou moins bien réussie. Il s’agit d’un enjeu d’humanité : celui de considérer l’autre de la même manière que j’aimerai être considéré par lui. C’est un présupposé chrétien mais surtout un présupposé humain.

Peut être que nos édiles et surtout ceux qui aspirent à la magistrature suprême devraient lire et relire ce texte le matin en se rasant. Ils y trouveraient, sans aucun doute, de quoi nourrir leur action politique et démocratique. Mais, la condition à la fois ultime et première est que ces mots aient véritablement un sens pour eux.