Dernière modification 1 jour ago by Chrétien en ce temps
La semaine dernière nous étions encore à la crèche lors de l’Épiphanie. Aujourd’hui, nous célébrons le baptême du Christ. Nous retrouvons Jean-Baptiste, figure qui nous a accompagné tout au long de l’Avent. 30 ans se sont passés entre l’Épiphanie et le baptême de Jésus. 30 années dont nous ne savons quasiment rien, hormis la fugue de Jésus. Il a dû s’en passer des choses et Jésus et Jean-Baptiste se sont sans doute côtoyés, vu la proximité de Marie avec Élisabeth.
Un baptême pris au sérieux
Aujourd’hui, chacun des deux cousins, Jésus et Jean-Baptiste s’enracinent dans leur appel profond. Le premier comme le Fils de Dieu, splendeur de l’Amour du Père, le second comme précurseur du premier, annonciateur de l’urgence de la conversion. Ainsi, pour accueillir le Fils du Père, comme notre frère, nous avons besoin de nous convertir. C’est-à-dire de comprendre que nous ne pouvons pas accueillir le Royaume de Dieu sans un chemin d’humilité. Nous sommes appelés à faire de la place dans notre cœur, dans nos vies à ce qui est faible, injuste, fragile. C’est ce que nous dit la première lecture.
Attentifs à ce qui naît
Cette attention à ce qui germe en ce monde est au cœur de celui qui veut devenir serviteur de Dieu. Il ne s’agit pas d’une compétence à acquérir, mais de laisser Dieu nous saisir par la main et nous façonner (Es 42, 6). C’est cela marcher vers la conversion, être disponible pour que la grâce de Dieu nous façonne, nous forme pour que nous soyons conformes à son désir. Pour autant, ce n’est pas des robots que Dieu veut créer mais des femmes et des hommes selon le cœur de Dieu.
Suivre le Christ de plus près
Cet homme par excellence, c’est Jésus. C’est bien lui que nous voulons suivre. Suivre Jésus ce n’est pas comme suivre un artiste, une personne qui excelle par son art. Suivre Jésus c’est mettre ses pas dans les siens, devenir des disciples missionnaires dont la vie est le reflet de celle de Jésus. En fait, il s’agit de prendre au sérieux notre baptême qui nous engage à être pour les autres : prêtre, prophète et roi en rejetant tout ce qui conduit au mal. C’est-à-dire tout ce qui vient nuire et atteindre la dignité de l’autre.
Un baptême pour devenir missionnaire
Nous sommes appelés à vivre selon l’Esprit, comme nous le dit Pierre dans la seconde lecture. C’est l’Esprit qui donne de vivre de la vie de Dieu, qui donne de l’élan à notre mission de disciples-missionnaires, baptisés dans le nom du Père et de l’Esprit. Jésus aussi reçoit l’Esprit lors de son baptême par Jean-le-Baptiste. Il est aussi envoyé par le Père, sur la route des femmes et des hommes de ce temps, pour proclamer l’Amour du Père.
Avec Jésus, Dieu vient vers nous
Comme pour Jean, Dieu vient à nous. C’est ce mystère que nous avons célébré depuis notre entrée dans le temps de l’Avent. Dieu se fait proche, il se fait nôtre, en son Fils, pour partager notre vie, notre histoire et même notre mort. L’incarnation de Dieu, en son Fils Jésus, ce n’est pas de la science-fiction. C’est une réalité qui, aujourd’hui encore, 2000 ans après, entraîne des femmes et des hommes à engager leur vie derrière Lui.
Que faisons-nous de notre baptême ?
Alors, peut-être qu’aujourd’hui, en ce jour où nous faisons mémoire du baptême du Seigneur, nous pouvons nous interroger sur ce que nous faisons du nôtre. Non pas comme une condamnation mais comme une occasion de relecture de ce don que Dieu nous a fait. Un don qui ne nous rend pas meilleurs que les autres mais qui nous demande de prendre soin des autres. C’est-à-dire faire le bien comme Jésus. C’est ce que rappelle la seconde lecture de ce dimanche du baptême du Seigneur.
La bonne odeur de l’Évangile
Faire le bien c’est répandre la bonne odeur de l’Évangile dans et par ce que nous faisons. C’est se laisser modeler par Dieu comme l’argile dans les mains du potier (Jr 18, 4). Si nous nous laissons faire, si nous consentons à nous laisser travailler par la grâce de Dieu alors nos œuvres pourront servir la Gloire de Dieu. Cette Gloire est la croissance de la Bonne Nouvelle et fait barrage aux œuvres du diviseur. Nous comprenons que nous faisons la Gloire de Dieu lorsque la joie habite en nos cœurs.
Trouver la joie de Dieu
La joie de Dieu nous manque parfois lorsque nous regardons les événements du monde ou les problèmes de notre vie. Mais, nous pouvons légitimement nous demander où est Dieu en ce monde. Nous sommes volontaires pour habiter et diffuser sa joie, mais elle n’est pas facile à trouver dans notre quotidien. Peut-être nous faut-il tout de même mieux regarder, la joie de Dieu est vraiment à l’œuvre en cet âge. Demandons donc la grâce de la découvrir au coeur de nos vies.
Avec Jésus, au cœur du monde
Jésus peut nous apporter la vraie joie, mais cela ne suffit pas à surmonter complètement les difficultés de notre monde. Pourtant, nous sommes les bien-aimés du Père. Nous sommes sa création pour que la joie de son Amour remplisse tout l’univers. Alors, n’attendons pas tout de Lui. Mettons-nous pleinement à l’action, prenons le tablier de serviteur pour aller vers nos frères et sœurs en humanité. Ils attendent une bonne nouvelle, la proximité d’un frère, d’une sœur qui sait témoigner d’un sourire sincère, d’un bonjour vrai. Ce sont des étincelles de l’Amour de Dieu.
Allons vers nos frères
Au nom de Jésus, soyons des femmes et des hommes assoiffés de rencontres vraies et authentiques. Compagnons des uns des autres, compagnons de Jésus nous pourrons alors faire respirer la bonne odeur de la joie de Dieu à nos contemporains. Puisque dans l’Évangile, il est d’abord question de rencontres, nous savons qu’elles sont une occasion de découvrir que l’Esprit tisse sa joie dans la nôtre.
Transformer le monde
Amis dans le Seigneur, baptisés dans la mort et la résurrection du Christ, nous sommes invités à répandre sa joie au cœur du monde. C’est davantage une question de désir que d’action. Certes, il faut agir pour transformer ce monde, pour faire advenir le Royaume. Mais, il faut aussi – surtout – se laisser entraîner par l’Amour de Dieu qui nous attire à Lui. C’est de Lui que nous tirerons la force d’aller au cœur du monde à la rencontre de nos frères et sœurs.
La baptême : source de toute action missionnaire
Alors, en ce jour où nous célébrons le baptême du Christ, revenons à la source du nôtre. C’est lui qui nous fait devenir membres de l’Église, membres du corps du Christ, appelés à faire le bien, à porter de bons et beaux fruits qui demeurent. Demandons donc la grâce d’une fidélité chaque jour renouvelée de notre baptême pour vivre l’Évangile en plein monde.
