Notre mission : être avec Jésus


Méditations au coeur du monde / vendredi, janvier 23rd, 2026
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Dernière modification 3 heures ago by Chrétien en ce temps

Ce 3e dimanche ordinaire nous découvrons la mission de Jésus. Cette mission commence à Capharnaüm, un port sur la rive nord-ouest du lac de Tibériade. C’est un lieu de passage, un lieu de brassage où se mêlent des cultures, des traditions, des expériences différentes.

Une mission au cœur du monde

Matthieu nous fait saisir ainsi que la mission de Jésus est de se mêler aux femmes et aux hommes de ce temps dans la diversité de leurs origines. Ainsi, il veut apporter à tous la lumière de la foi, sans distinction. Jésus est cet homme qui marche sur la route de ses contemporains pour mieux les rencontrer, entrer en dialogue avec eux et les choisir pour compagnons.

Éclairés par l’Amour de Dieu

La première lecture nous est familière : nous l’entendons le soir de Noël. Aussi, nous comprenons mieux le sens profond de l’incarnation le soir de Noël. Jésus est venu nous éclairer, nous montrer de quel amour son Père nous aime. Ainsi, nous sommes chacun et chacune conviés à vivre de cet amour et à aller l’annoncer à nos frères et sœurs en humanité. Cette invitation nous fait devenir des compagnons de Jésus, serviteurs de la mission du Christ.

Invités à la conversion

Mais, de l’invitation à l’acceptation, il y a encore du chemin. Il nous faut entrer dans un chemin de conversion, de transformation pour rejoindre Jésus au cœur de sa mission. Aussi, il faut se laisser rejoindre par son message et discerner sa présence au cœur de nos jours.

Un appel à la mission pour tous et toutes

L’évangile de ce 3e dimanche nous place aussi devant l’appel des premiers disciples. Jésus souhaite s’adjoindre des hommes pour sa mission. Sans doute parce qu’il y a fort à faire mais aussi parce que l’amour cela se partage et se multiplie. Aujourd’hui encore Jésus choisit des femmes et des hommes pour porter la Bonne Nouvelle au monde. Cet appel n’est pas réservé à quelques-uns. Tous, nous sommes invités à participer à cette mission, dans notre singularité.

L’appel des premiers disciples

Regardons les premiers apôtres que nous présente l’Évangile de ce dimanche. Ils n’ont rien de particulier, ils ne brillent pas par leur connaissance ou leur état de vie. Ce sont là 4 hommes ordinaires, pécheurs sur la mer de Galilée. Sans doute des travailleurs consciencieux, fidèles à leur métier. Et puis, un jour du temps, ils sont saisis par Jésus. Ils se lèvent en réponse à sa parole : « Venez à ma suite, et je vous ferai pêcheurs d’hommes. »

Des hommes ordinaires

L’Évangile ne nous dit rien de leurs dialogues avec Jésus, nous ne savons rien de ces hommes, seulement que Jésus les appelle. Un peu comme l’homme riche de l’Évangile (Mc 10, 20-21) où Jésus porta son regard sur cet homme et l’aima. Sans doute que l’appel du Christ à rejoindre Jésus avait cette saveur du regard d’amour, d’une promesse de vie. Pourtant, ces apôtres, disciples du Christ, auraient eu une vie sans doute plus calme au bord du lac. Mais, ils ont tout abandonné, tout risqué pour suivre Jésus. Leur radicalité peut nous émerveiller, nous qui avons tant de mal à choisir et à discerner au cours du temps. Pour autant, ce n’est pas parce qu’ils ont rapidement choisi de suivre Jésus, que leur chemin de conversion est clos. Rassurons-nous ! Même au bout de 3 ans de compagnonnage avec Jésus, Pierre est incapable d’attester qu’il est bien son disciple. Malgré tout, il a été choisi comme le premier des disciples, le socle sur lequel s’est bâtie l’Église du Christ.

Une mission qui fait vivre

Aussi, ne désespérons ni de nous, ni – surtout d’ailleurs – de l’Amour que Dieu nous porte. Aujourd’hui encore, au cœur du monde, le Christ appelle des femmes et des hommes ordinaires à le rejoindre dans la mission. Le plus important c’est le premier pas, celui qui consiste à se lever alors que le Christ nous appelle. Nous verrons bien les contours de la mission. Elle se définira au fil du temps, au long des jours, dans le discernement et l’appel spécifique de l’Église. Mais, ce qui est essentiel c’est que nous sommes tous et toutes appelés à servir Dieu.

« Être » plutôt que « faire »

La mission consiste d’abord à « être » avec Jésus plutôt que de « faire » avec Jésus. C’est là que cette mission devient difficile. Parce que « faire », nous savons ce que cela signifie. S’agiter, monter des projets, rendre des services, aller ici ou là au nom de Jésus c’est assez facile. Nous voyons facilement les contours de cette mission. C’est assez rassurant car il y a de l’action, du mouvement.

Appelés à « être avec Jésus »

Mais, « être avec Jésus », cela est plus compliqué car nous ne savons pas trop ce que cela signifie. Pourtant, c’est la raison d’être de l’appel des disciples chez Marc (Mc 3, 14). Nous voyons, une fois encore, que devenir disciples de Jésus, recevoir sa mission, n’est pas une question de compétence, de supplément d’âme ou bien de qualification. C’est une disposition intérieure qui nous donne de choisir Jésus pour Maître et pour ami. C’est-à-dire que nous ne devenons pas l’esclave de Jésus, soumis à ses diktats. Nous le reconnaissons comme Celui qui peut nous guider vers la capacité d’aimer sans mesure.

Disponibles pour la mission

Être avec Jésus, c’est se laisser entraîner avec Lui sur le chemin qui nous conduit à la rencontre de nos frères et sœurs en humanité. Vivre ces rencontres comme la mission de pouvoir révéler l’Amour de Dieu aux femmes et aux hommes de ce temps est risqué. Cela nous entraîne à la gratuité, dans la vérité de ce que nous sommes et de ce que l’autre est. Il s’agit d’accepter de se laisser interpeller par l’autre, de vivre ce présupposé positif qu’Ignace de Loyola nous enseigne dans les Exercices.

Vivre le sacrement du frère

Ainsi, nous devons rechercher de tout notre cœur, de toute notre âme, de toute notre intelligence ce qui peut nous conduire dans la vérité de la rencontre, épurée de toute velléité de prendre le pouvoir sur l’autre. C’est tout simplement, vivre à la suite du Christ, comme lui, dans la fidélité de son agir et de son évangile.

Vivre dans l’espérance

C’est dans cette espérance, dans laquelle nous sommes plongés depuis notre baptême, que nous devons marcher. Demandons donc la grâce de sentir et goûter intérieurement comme le Père nous conduit à être avec Jésus. Ainsi, nous pourrons annoncer à nos frères et sœurs en humanité, par et dans ce que nous sommes, que Dieu fait toutes choses nouvelles en Christ.