Dernière modification 15 heures ago by Chrétien en ce temps
Ce 4e dimanche du temps ordinaire, faisons attention à ce que Paul nous dit dans la seconde lecture. Il nous invite à bien comprendre la folie de ce Dieu dans lequel nous mettons notre foi. Nous avons tendance à confondre Dieu avec les dieux de l’Olympe, qui agissent avec force et fracas. Le Dieu qui est père de Jésus-Christ n’est pas celui-là. Il n’est pas un dieu des forts mais le Dieu qui choisit ce qu’il y a de fou et de faible dans le monde.
Découvrir la folie de Dieu
Pour lever tous les doutes possibles, contemplons la vie de Jésus, de sa naissance à sa mort. Il naît dans une mangeoire, à l’abri d’une étable et meurt sur une croix comme un paria. C’est là une figure de Dieu bien étrange. Pourtant, c’est bien Lui qui nous entraîne à vivre pleinement sa Bonne Nouvelle. Son projet est pleinement disruptif car il cherche à accueillir non pas ses adeptes, mais tous et toutes. Et ce sont nos fragilités, nos difficultés, nos doutes, nos peurs, nos angoisses… qu’il veut rassembler et réconcilier pour les transformer.
Dieu vient à notre rencontre
Dieu n’est pas un magicien qui vient modifier l’existant. Il vient à notre rencontre dans l’ordinaire du temps pour nous conduire à la plénitude de son amour. C’est-à-dire que notre recherche de performance, de perfection n’est pas de l’ordre de la foi. Non pas qu’il faille se contenter de la médiocrité et ne pas chercher à faire le bien, le bon et le beau. Cela est nécessaire mais n’est pas une fin en soi. Nous devons rechercher ce qui nous conduit davantage vers ce qui nous fait grandir et ce qui peut faire croître nos contemporains.
La folie de Dieu : la conversion de l’Homme
C’est donc bien à une démarche de conversion que nous sommes appelés : reconnaître nos pauvretés, nos blessures, nos faiblesses. C’est dans ces lieux de vulnérabilité que Dieu peut faire grandir l’homme intérieur. C’est-à-dire aider notre cœur de pierre à cheminer vers un cœur de chair. Un cœur qui bat au rythme du cœur de Dieu. Ce rythme n’est pas la vitesse de la lumière, telle une course contre la montre, mais celui des plus petits, des plus fragiles.
Devenir compagnons de Jésus
C’est dans cette folie d’un long compagnonnage avec le Seigneur que nous pouvons découvrir la tendresse, la force et le dynamisme de Dieu. Ainsi, nous découvrirons l’importance de prendre le temps de nous découvrir tel que nous sommes pour partir annoncer l’Évangile. Cette mission peut se déployer dans la fragilité de notre humanité. Ne craignons pas de laisser passer Dieu au milieu de nous pour nous conduire doucement mais sûrement dans la découverte de la plénitude de sa joie.
Aimés passionnément par Dieu
Ainsi, nous nous découvrons aimés avec passion par ce Dieu qui s’est livré à la folie des hommes. Une folie dont nous faisons mémoire à chaque fois que nous célébrons l’Eucharistie. Là, Dieu ne cesse de nous redire son désir de se donner à nous pour que nous nous laissions conduire vers nos frères et sœurs. Ensemble, peuple de fragiles, nous pouvons bâtir l’espérance du Royaume si nous abandonnons nos volontés de puissance et autres velléités de domination.
Ensemble, cherchons le Seigneur
C’est l’invitation que nous entendons dans la première lecture de ce dimanche. Le prophète nous invite à chercher le Seigneur avec modestie et humilité afin de pouvoir construire le Royaume et sa justice. C’est-à-dire à habiter pleinement ce monde avec tout ce que nous sommes, mais sans chercher à exercer le pouvoir sur les événements et les personnes. Nous avons à cheminer dans la même attitude que celle du Christ : attentifs, exigeants quant à l’esprit de la loi pour conduire les femmes et les hommes de ce temps au Père. Cette participation à la mission du Christ demande d’être toujours vigilants et de discerner ce que nous sommes et ce que nous recherchons.
Devenir serviteurs de l’Amour de Dieu
Notre mission est vraiment d’être les serviteurs de l’Amour de Dieu et de permettre que son Amour se découvre jour après jour. Il s’agit de devenir des messagers de la Paix de Dieu, celle qui ouvre les tombeaux, délie les enchaînés, protège l’étranger et tout ce que le psaume 145 nous demande. C’est vraiment un appel à habiter le monde, à prendre pleinement notre part à sa marche pour le transformer en une vivante offrande à la louange de la gloire de Dieu.
Louer Dieu
Parce que louer la Gloire de Dieu c’est reconnaître que son Esprit est à l’œuvre en cet âge. Nous sommes ces porteurs des grâces du Royaume, épris de l’avenir du monde comme l’écrivait le jésuite Didier Rimaud. C’est dans cet esprit que l’Évangile des Béatitudes, que nous lisons ce dimanche doit être accueilli. Nous y entendons toutes les tribulations qui peuvent arriver au disciple du Christ et l’assurance qu’Il sera avec nous si nous participons pleinement à sa mission.
Bienheureux… tu parles !
Mais, la présence de Dieu nous est acquise, ici et maintenant si nous avons « une âme de pauvre » et si nous « sommes persécutés pour la justice ». Il faut avouer que les consolations futures et présentes de Dieu réjouissent notre foi mais n’allègent pas forcément les sentiments de ceux qui les vivent. Pourtant, les Béatitudes nous disent l’exigence pour celui ou celle qui prend au sérieux la folie de l’Évangile.
Engagés en plein monde
Nous comprenons que nous ne pouvons pas nous extraire du monde, de nos contemporains, de ceux qui vivent parmi nous. Nous devons nous mêler, nous compromettre avec ce monde à la suite de Dieu lui-même. Ainsi, ce monde a besoin de personnes engagées, non de « chrétiens de canapé » comme le disait le pape François aux jeunes rassemblés pour les JMJ en 2016.
Ne craignons pas d’agir, de nous engager au cœur du monde, de vivre l’Évangile en plein monde. Cet engagement peut se vivre de multiples manières, dans la diversité des charismes, des appels du Seigneur et de l’Église. Prenons donc nos bâtons de pèlerins à la rencontre de nos frères et sœurs en humanité. Ne cherchons pas à les convaincre que Dieu les aime mais demandons la grâce de pouvoir et de savoir les aimer comme Dieu nous aime.
Notre mission est de témoigner de la joie de l’Évangile dans ce que nous sommes. Pour cela, nous devons accroître notre intimité avec le Seigneur grâce à la prière et au compagnonnage fraternel. Ainsi, nous découvrirons le bonheur que nous donne le Seigneur de nous prendre avec Lui pour annoncer au monde les merveilles de Dieu son Père.
