Lazare et la gloire de Dieu


Méditations au coeur du monde / vendredi, mars 20th, 2026
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Dernière modification 5 heures ago by Chrétien en ce temps

Nous voici au 5e dimanche de Carême. Dimanche prochain nous entrerons dans la Semaine Sainte pour vivre la Cène, la passion, la mort et la Résurrection du Christ. Ce 5e dimanche, c’est auprès de Lazare, Marthe et Marie que nous sommes conduits avec Jésus. Ce sont des amis très proches de Jésus.

La mort de Lazare glorifie Jésus

Que Jésus guérisse des malades, ce n’est pas extraordinaire en soi. L’Évangile est rempli de guérisons. En revanche, ce qui est marquant, interrogeant même, c’est la réponse de Jésus à l’interpellation des sœurs de Lazare : « Cette maladie ne conduit pas à la mort, elle est pour la gloire de Dieu, afin que par elle le Fils de Dieu soit glorifié. »

La maladie et la gloire de Dieu ?

Comment une maladie peut-elle être pour la gloire de Dieu ? C’est dérangeant comme affirmation. Dieu se sert de notre malheur pour être glorifié ? Si c’est bien le cas, il est un dieu pervers et non le Dieu proche et aimant que nous présente Jésus.

« La Gloire de Dieu, c’est l’homme vivant/debout »

Peut-être que pour mieux comprendre l’importance de cette phrase, il nous faut repenser à cette phrase d’Irénée de Lyon : « La Gloire de Dieu, c’est l’homme vivant (ou debout selon Zundel) ; et la vie de l’homme, c’est la vision de Dieu. » Ainsi, nous percevons mieux que tout ce qui glorifie Dieu fait grandir la personne humaine dans sa foi, dans sa croissance spirituelle. Lorsque Dieu se manifeste auprès de nous, c’est pour nous inviter à aller plus loin avec lui pour déployer son amour et sa grâce aux femmes et aux hommes de ce temps.

Dieu avec nous

Ainsi, avec Lazare, que Jésus va le ressusciter, nous sommes entraînés dans une compréhension plus vive qu’il n’est pas le Dieu des morts mais des vivants. Il nous invite, malgré tout, malgré le poids du jour, la détresse, l’angoisse, les tribulations, à rester centré sur Lui.

Une question de confiance

Notre foi en Jésus, c’est une question de confiance. Comme les disciples, comme Marthe et Marie, notre confiance en Jésus est parfois bancale, difficilement ajustée avec la plénitude de l’Amour de Dieu.

Á la suite des disciples d’Emmaüs

Comme les disciples d’Emmaüs, nous sommes souvent « des Esprits sans intelligence, cœurs lents à croire tout ce qu’ont déclaré les prophètes ! » (Lc 24, 25). Pourtant, Dieu continue de nous manifester sa puissance, son amour et sa proximité de manière certes inattendue, mais avec constance et fidélité. Il veut qu’avec Lui nous demeurions des hommes et des femmes debout même au cœur de l’adversité, comme Marie au pied de la croix.

Lazare et la grâce du baptême

Ce qui nous tient, ce qui nous maintient debout, c’est la grâce du baptême. Elle fait de nous une création nouvelle, plongée dans la vie même de Dieu. C’est aussi ce que Jésus veut nous faire saisir avec Lazare. Certes, il est mort depuis 7 jours, mais Jésus le sort du tombeau le 8e jour. Ainsi, il le fait renaître à la vie. Mais Jésus ne réanime pas seulement Lazare, il le libère du tombeau d’abord, mais invite ses contemporains à le détacher, à le laisser aller. C’est peut-être aussi le signe, pour nous, qui nous fait comprendre combien les autres peuvent nous empêcher de vivre.

Vers un chemin de libération

Ce dimanche nous pouvons entendre une invitation à ne pas entraver le chemin de l’autre, à ne pas l’enfermer dans ses manières de faire, de penser, d’agir. Certes, nous sommes invités à vivre la correction fraternelle, à manifester à l’autre une discrète charité, mais certainement pas à l’enfermer. Sinon, nous le conduisons à une forme de mort. Nous sommes les gardiens de nos frères et sœurs, pas leurs geôliers.

Une vie en abondance

Ainsi, le baptême nous conduit à communier à la vie de Dieu, une vie en abondance, et aussi à œuvrer pour que cette vie porte du fruit chez les autres. Si nous voulons que l’autre grandisse avec Jésus, nous ne devons pas devenir un obstacle, mais lui proposer de cheminer avec nous sur le chemin de vie. Il s’agit bien de proposer, pas d’imposer. Jésus n’a pas dit à Lazare : « Viens avec moi », mais : « Déliez-le, et laissez-le aller. » Le chemin de libération que nous propose Jésus est aussi un chemin de mission. Libérés de ce qui nous entrave dans le chemin qui nous mène à goûter davantage à l’Amour du Père, nous pourrons vivre cet amour en plein monde.

Pour une plus grande gloire de Dieu

Toutes les paroles de Jésus, toutes ses guérisons, sont manifestée sa Gloire et pour que nous en vivions au cœur du monde. Mais, lorsque Jésus manifeste Sa Gloire, ce n’est pas celle de l’homme Jésus, afin d’en tirer profit aux yeux de ses disciples. La Gloire de Jésus cest la Gloire de Dieu, qui agit afin que, par son action, Dieu soit glorifié.

Nos actions et la Gloire de Dieu

Cette manière de faire de Jésus peut nous inspirer lorsque nous cherchons à servir nos frères et sœurs en humanité. Nous pouvons réfléchir non seulement à ce qui motive notre action, notre désir de servir – et s’il n’y a pas de motifs cachés –, et surtout de quelles manières nos frères et sœurs peuvent rendre gloire à Dieu. Nous pouvons alors nous poser la question : « Est-ce que c’est Dieu que je cherche à servir, ou bien est-ce que je me sers de Dieu pour obtenir gain de cause ? »

Discerner nos motivations

Nos motivations sont diverses et sont souvent mélangées, mais nous avons à être attentifs à ce qui est au cœur de notre action. Est-ce que je cherche à être un disciple-missionnaire du Christ ou bien un mercenaire du Christ qui va où le vent le porte ? Toutefois, il faut rester attentif à celui ou celle qui se veut vertueux.

La prière : cœur de l’action

En fait, toutes nos actions sont mêlées tels l’ivraie et le bon grain. Il est donc important de nous en remettre le plus souvent possible à la miséricorde du Père et de puiser sa force et son amour dans la prière. Elle est le carburant de notre action et en même temps l’oasis de notre vie.

S’abreuver à la source

Prendre ce temps de rencontre et ainsi remettre notre vie devant le Seigneur est essentiel pour vivre la vie de Dieu en plénitude. Dieu abreuvera alors notre cœur de sa source de vie pour que nous repartions sur les routes humaines renouvelés par son Amour.

Vivre un cœur à cœur avec Dieu

Ne négligeons pas ce temps de cœur à cœur. Dieu nous propose de reprendre souffle avec Lui pour nous renouveler. Demandons donc la grâce de pouvoir approfondir notre prière pour entendre et écouter la voix de Dieu qui nous invite à sortir à la rencontre de nos frères et sœurs en humanité. Là aussi, Dieu nous attend pour abreuver ce monde de sa source de vie, d’amour et de paix.