Avec le Bon Pasteur, devenons compagnon de Jésus


Commentaires de la Parole / jeudi, avril 23rd, 2026
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Dernière modification 4 heures ago by Chrétien en ce temps

Le hasard du calendrier liturgique fait que nous célébrons le dimanche du Bon Pasteur, 4e dimanche de Pâques, à quelques jours de l’anniversaire du décès de notre bien-aimé pape François. Comment ne pas entendre dans ce passage des Actes des Apôtres, entendu ce jour : « La promesse est pour vous, pour vos enfants et pour tous ceux qui sont loin, aussi nombreux que le Seigneur notre Dieu les appellera » (Ac 2, 39), le « todos, todos, todos » de François ? Cette maxime, qu’il n’a jamais cessé de répéter, n’est pas une invention de sa part. Il s’agit de faire saisir que l’annonce de l’Évangile est pour chacun et chacune des femmes et des hommes de ce temps. Nul ne peut, nul ne doit être privé de cette annonce que le Seigneur nous aime follement, infiniment, gratuitement.

François et le Bon Pasteur

Cet amour fou de Dieu, cette miséricorde du Père que le Fils vient annoncer, est présenté dans cet Évangile du Bon Pasteur. Il n’enferme pas ses brebis dans un enclos, il ne les force pas à rentrer dans le pâturage, il les conduit librement. Le bon pasteur est devant nous, dit Jésus. Il vient nous ouvrir la route pour nous conduire vers le Père. Il nous pousse même à sortir pour pouvoir être libres.

Goûter à la liberté de Dieu

Le pasteur suprême, qui est le Père, nous invite à goûter au parfum de la liberté, de l’Amour et de la confiance. Il n’y a pas de surprises avec lui, il n’y a pas la « carotte et le bâton », il nous aime et veut nous conduire davantage sur le chemin de cet amour.

S’en remettre à la miséricorde du Père

Ainsi, nous qui avons reçu en cadeau la foi de l’Évangile, soyons attentifs à ce chemin de liberté qui nous est annoncé en cet Évangile. Nous sommes appelés à prendre « le chemin d’une conversion pastorale et missionnaire » (EG 25). C’est-à-dire à toujours nous en remettre à la miséricorde du Père pour nous recevoir de Lui et l’entendre nous inviter à prendre la route vers nos frères et sœurs en humanité.

Cheminer dans le troupeau du Bon Pasteur

Ne nous satisfaisons jamais du chemin accompli, de cheminer dans le troupeau du Seigneur. D’autres cherchent la porte pour entrer et trouver un pâturage où ils seront accueillis comme ils sont et tels qu’ils sont. À nous de les accompagner, de les intégrer dans le troupeau, non pour qu’ils suivent bêtement, mais pour qu’ils se sentent en communion.

Connaître le Christ pour renaître avec Lui

L’annonce de l’Évangile, ce n’est pas une suite de vérités à apprendre et une suite de comportements à suivre ; c’est connaître, au sens littéral, cet « homme au cœur de feu » appelé Jésus. Ensuite, alors, nous pourrons renaître comme nous l’avons célébré à Pâques avec Lui.

Conduits vers le Bon Pasteur

C’est en cheminant avec Jésus que nous pourrons annoncer l’Évangile par et dans toute notre vie. Même au cœur de nos imperfections, de nos (trop) nombreuses ruptures d’alliance, si nous choisissons le Christ pour « maître et pour ami », nous serons conduits par l’Esprit vers le Père. C’est dans cette dynamique que nous pourrons évangéliser.

Écouter Jésus

Si nous nous coupons de la source qu’est le Christ, nous perdrons le Nord qui nous donne d’essayer d’aimer en plénitude, en abondance. C’est pourquoi il est important d’écouter Jésus, de prêter l’oreille de notre cœur comme pour mieux nous accorder au sien.

Jésus, que mon cœur ressemble au tien

Pour cela, nous pouvons faire cette prière du pape François : « Jésus, que mon cœur ressemble au tien. » Ces quelques mots ne prennent pas beaucoup de temps dans notre emploi du temps parfois chargé, mais cette prière nous rapproche de Dieu. Elle manifeste notre souhait de nous faire proches de Dieu, de nous approcher davantage de sa miséricorde pour vivre en plénitude. Aussi, il nous faut prendre du temps pour Le contempler et se laisser rejoindre par un tel amour.

Conduits vers les pâturages du Bon Pasteur

Dieu veut nous guider non pas vers un monde virtuel où nous serions en paix et en pérennité, comme oublieux des contingences terrestres. Les pâturages vers lesquels le Bon Pasteur, Celui qui prend soin de ses brebis, nous conduit sont ceux de nos vies. Ce désir de nous accompagner en ce monde et en ce temps nous appelle à découvrir que tout, en ce monde, est consacré.

Toute vie est vocation

Aussi, notre mission, notre vocation même, est de prendre soin non seulement les uns des autres, mais aussi de notre environnement, dans le sens le plus large possible de ce mot.

Serviteurs et coopérateurs de la mission du Christ

Car le monde dans lequel nous vivons est le monde désiré et créé par Dieu, qu’il nous a confié pour que nous en assurions la gouvernance. Nous sommes véritablement des coopérateurs de l’œuvre de Dieu, nous sommes missionnés par Lui pour poursuivre son œuvre en faisant le bien.

Appelés à faire le bien

Nous avons à bien comprendre cet appel à faire le bien. Ce n’est pas un comportement infantile pour faire plaisir à Dieu, tel un démiurge dont nous devrions éviter la colère. C’est entrer dans la vie même de Dieu, dans cette promesse d’une vie en abondance qui se déploie dans la proximité et la solidarité avec nos frères et sœurs en humanité.

Vivre et montrer la joie de l’Évangile

Dans cette rencontre, dans ce chemin avec nos contemporains, nous sommes invités à montrer la joie qui est la nôtre de prendre la route avec Jésus. C’est dans ce témoignage vivant, concret, qui laisse transparaître que la joie de Dieu est notre rempart, que nous pourrons davantage conduire nos contemporains vers le Père, à la suite du Christ, dans le dynamisme de l’Esprit.

Devenir une Église en sortie

C’est ainsi que nous pourrons devenir véritablement cette Église en sortie, soucieuse de toute l’humanité et en particulier de celle qui souffre par la suffisance de ses dirigeants. C’est au cœur de la mission des baptisés d’être au plus près de ceux dont les conditions de vie bafouent l’humanité. C’est aussi cela annoncer l’Évangile : lutter de toutes nos forces contre cette « mondialisation de l’indifférence » dénoncée par le pape François.

Souvenons-nous du pape François

En ces jours où nous faisons mémoire du premier anniversaire de la mort de ce pape, gardons au cœur sa spontanéité, son amour des plus pauvres, sa passion pour l’annonce de la joie de l’Évangile. Son audace, sa liberté, sa dimension prophétique même avaient toujours la même ambition : rapprocher les hommes et les femmes de ce temps de Jésus, qui a donné sa vie pour que nous l’ayons en abondance.

François, intercède pour nous

Alors, en ce jour où nous méditons sur l’Évangile du Bon Pasteur, demandons au pape François d’intercéder pour nous. Que sa prière nous aide à être toujours plus attentifs pour discerner, au cœur de ce monde abruti par tant de paroles trompeuses, le souffle de vie qui nous fera devenir chaque jour davantage compagnon de Jésus.