Des commandements pour mieux aimer

Temps de lecture : 5 minutes

Dernière modification 2 jours ago by Chrétien en ce temps

« Si vous m’aimez, vous garderez mes commandements » nous dit Jésus dans l’Évangile de ce 6e dimanche de Pâques. Par ces mots, nous voyons que l’Amour de Dieu précède tout le reste. Ce ne sont pas les commandements qui nous invitent à aimer Dieu, mais l’Amour de Dieu qui nous guide à garder les commandements. Mais les garder ne veut pas dire les appliquer d’une manière servile. Le texte nous encourage davantage à veiller sur les commandements. C’est-à-dire à exercer notre vigilance pour que nous ne les perdions pas, pris par la vie quotidienne parfois trépidante.

« Chéma Israël » et les commandements de Dieu

Ces commandements sont un trésor que nous gardons dans les vases d’argile. Ils ne sont pas une suite de choses à faire ou ne pas faire, mais ce que nous frères et sœurs de confession juive nomment par le « Chéma Israël » (Dt 6, 4-9). Il s’agit d’aimer « le Seigneur de tout son cœur, de toute son âme et de toute sa force », et souvenons-nous que Jésus ajoute « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Mt 22, 39).

Vivre pour aimer

C’est la feuille de route que le Seigneur a pris tout au long de sa vie terrestre. Il a choisi de vivre ces commandements jusqu’à donner sa vie comme pour illustrer jusqu’où peut aller l’Amour pour Dieu. Mais, ce n’est pas par héroïsme que Jésus s’est offert à nous. C’est pour accomplir la volonté du Père de poursuivre et d’achever son alliance avec toute l’humanité. Ainsi, nous comprenons mieux pourquoi Jésus nous dit que l’aimer doit nous conduite à cette vigilance sur les commandements.

Engager sa vie

Nous ne pouvons pas engager notre vie à la suite du Christ, si nous ne choisissons pas d’aimer le Père. Tout Fils qu’Il est, Jésus a choisi de faire la volonté du Père, dans le dynamisme de l’Esprit. Cette manière de vivre en communion avec le Père, empli de la force de l’Esprit, c’est aussi ce que Jésus veut pour nous. Il nous revient d’être disponible pour l’accueillir. L’Esprit ne s’impose pas, tout comme le Père et le Fils. Dieu demeure présent, à nos côtés, pour nous conduire vers une vie qui puisse être tournée davantage vers les autres que vers soi. Il nous revient de choisir si nous désirons être du côté de cette vie.

Les combats de la vie baptismale

C’est là tout le défi de notre vie baptismale qui nous pousse à résister, aidés de la grâce, à lutter contre toutes les puissances de mort qui nous guettent. La résurrection du Christ nous invite à croire que ces puissances n’auront jamais le dernier mot. Le Christ est sorti du tombeau pour que nous ayons la vie, et la vie en abondance. Toutefois, la haine, le mépris, l’égoïsme, le pouvoir… sont encore bien vivants. Même si nous luttons contre ces tentations « l’ennemi de la nature humaine » les utilise pour exacerber la division de notre monde.

Des commandements pour se laisser aimer

La seule parade est de se confier à l’Amour de Dieu. Á le laisser me rejoindre dans mes blessures, dans toutes les fêlures et autres fissures que ma vie peut rencontrer. C’est ainsi que nous pourrons davantage connaître Dieu, dans l’exposition humble et confiante de notre humanité blessée. Il nous revient ainsi d’apprendre que la seule manière de grandir en humanité est de se reconnaître comme des êtres blessées et fragiles.

Contempler le Ressuscité

Regardons le Ressuscité, il porte encore les blessures qui lui ont été infligées lors de sa crucifixion. Ainsi, nous comprenons davantage que la force de Dieu se manifeste dans la fragilité, dans le refus de la surpuissance. Si Dieu choisit de se conduire ainsi, de se déposséder c’est pour que son Amour puisse pleinement se déployer au cœur du monde par le don de l’Esprit. Cet Esprit porte des fruits mais de manière beaucoup moins évidente que ce que nous relate la première lecture. Rare – reconnaissons-le sont « les possédés délivrés des esprits impurs, qui sortent en poussant de grands cris » et les « paralysés et les boiteux guéris ».

S’enraciner dans l’espérance

L’Esprit demeure à l’œuvre en ce monde et en ce temps. Pour le découvrir il faut chausser les yeux de la foi et être capable de lire les signes des temps. L’Esprit nous invite à toujours rendre compte de l’Espérance qui est en tout. Cette espérance qui prend sa source dans le tombeau vide du matin de Pâques nous invite à œuvrer en faveur de la paix, de la réconciliation et de la concorde.

Découvrir la lumière de l’espérance

Même au cœur d’une situation complexe, qui semble inextricable, il y a toujours un chemin lumineux qui est possible. La lumière n’est jamais complètement éteinte et la force de Dieu nous invite à véritablement « espérer contre toute espérance ». C’est ce qui donne l’énergie de poursuivre la route à la rencontre de nos frères et sœurs en humanité, d’être un appui, un soutien, une présence à celui ou celle dont la marche est fragile. C’est ainsi par cette proximité avec l’autre que nous pourrons mieux servir et aimer « le tout autre ».

Passer de la production à la fécondité

Cette espérance est véritablement ce qui nous permet de faire advenir toutes choses nouvelles en Christ. Il ne s’agit pas de performance, mais de rendre fécond un chemin de vie. Jésus ne nous choisit par pour devenir ses disciples parce que nous serions meilleurs que les autres. Les Apôtres ne brillaient pas par leur compréhension du mystère, ni par leur lucidité apostolique. Mais, ils se sont laissés saisir, ils se sont laissés façonner par cette force tranquille de Jésus.

La toute puissance de l’Amour

Le Christ n’est pas venu pour asseoir une quelconque volonté de puissance mais pour montrer le Père. Jésus était en mission pour que nous puissions découvrir la puissance de l’Amour de Dieu et la force de l’Esprit. Aussi, c’est pour nous l’occasion de nous interroger sur notre vocation de disciples-missionnaires. De quelles manières entendons-nous cet appel de Jésus à accueillir l’Esprit pour devenir davantage des témoins de l’Espérance ?

Mieux vivre notre baptême

Ce sont là des questions qui peuvent nous guider pour mieux vivre notre baptême dans une dynamique missionnaire afin d’aimer et de servir, au nom du Seigneur, toute l’humanité. Prions donc les uns pour les autres, les uns avec les autres, afin de nous laisser guider par l’Esprit. Qu’Il nous guide et nous révèle que la tendresse du Père nous rejoint, et qu’Il nous envoie pour annoncer ses merveilles en plein monde.

Retour en haut