Dernière modification 2 heures ago by Chrétien en ce temps
Nous lisons, en ce 4e dimanche de Carême, le récit de la guérison de l’aveugle né. La première chose qui peut nous marquer, à la lecture de cet Évangile, c’est la capacité des contemporains de Jésus à se couper les cheveux en quatre. Certes, ils veulent respecter la loi et tiennent à ce que les autres, et en premier lieu Jésus, la respectent. Bon, pourquoi pas ! Mais, à quel prix ? À quel sens ?
Aveugle, mais pourquoi ?
Nous pouvons prendre le temps de nous poser la question de notre rapport à la loi. Bien sûr que la loi civile doit être respectée, le chrétien est un citoyen responsable.
Respecter les commandements ?
En revanche, les commandements de Dieu et ceux de l’Église, de quelles manières je les conçois et les appréhende ? Ils peuvent très bien être un alibi pour ne pas me poser de question et me sentir en règle. Mais, est-ce vraiment le cas et surtout de quelles manières cela sert ma foi, mon prochain et la communauté ? La loi, les règlements, les consignes ne sont là que pour faire vivre, pour conduire vers une croissance humaine et spirituelle.
Pourquoi chercher la contradiction ?
L’attitude des contradicteurs dans l’Évangile de la guérison de l’aveugle né est strictement opposée. Ils passent le plus clair de leur temps à essayer de trouver ce qui pourrait nuire à Jésus et par conséquent ce qui lui interdit de faire le bien. Aussi, entendons cet appel de Jésus dans l’Évangile à travailler aux œuvres du Père. C’est cela qui est plus important que d’ergoter sur un iota de la loi. Ce qui importe c’est d’être du côté de la vie, de ce qui apporte de la lumière au monde et à ceux et celles qui nous entourent.
D’aveugle à création nouvelle
Jésus en imposant de la boue sur les yeux de cet aveugle fait, en lui, une création nouvelle. Cet homme renaît ; il passe de la nuit, de l’obscurité à la lumière. Quel changement. Et ce que nous en dit Jésus est important.
Dieu nous veut du bien
La cécité de cet homme n’est pas la faute de son péché, comme les disciples de Jésus et les juifs le laissent penser. Ainsi, nos tourments, nos handicaps ne sont pas des châtiments de Dieu. Il ne jette pas sur nous des mauvais sorts pour que nous nous repentions ou pour mettre à l’épreuve notre foi. Il n’est pas un Dieu sadique, mais un Dieu juste qui veut pour nous le bonheur.
Vers le juste chemin
Il est important de nous souvenir de la bonté, de l’amour de Dieu pour nous. Ainsi nous résistons contre la tentation d’une foi aveugle qui verrait en Dieu une idole qu’il faudrait satisfaire pour être bénis et goûter le bonheur en cette vie et celle d’après. Souvenons-nous de la proximité de Dieu, c’est elle qui nous guide vers le juste chemin, comme nous l’entendons dans le psaume de ce dimanche.
Devenir une terre fertile
Toutefois, si nous choisissons le Christ pour maître et pour ami, c’est pour le laisser porter du fruit, porter son fruit en nous. Ne devons-nous pas devenir et rester une terre fertile pour apporter à nos frères et sœurs en humanité la paix qui nous vient de Dieu ? Voilà un bon critère de discernement pour la durée de nos jours et spécialement le Carême.
« Seigneur, j’ai confiance en toi »
Aussi, laissons-nous interroger sur notre lien avec le Seigneur. Avons-nous suffisamment confiance dans le Seigneur pour qu’il nous aide à faire, avec Lui, toutes choses nouvelles ? Voulons-nous prendre la barque avec Jésus et le laisser laver nos yeux pour voir la lumière du monde ?
Changer nos cœurs
Oser choisir le Christ c’est prendre le risque de devoir changer nos façons de penser. Nous aurons à cultiver l’espérance, la confiance et l’audace évangélique. Ainsi, nous aurons à nous faire confiance, comme Dieu nous fait confiance. Il dépasse tout ce que nous pouvons penser de Lui comme des autres.
Faire un seul cœur avec le cœur du Christ
Comme nous le lisons dans la première lecture : « Dieu ne regarde pas comme les hommes : les hommes regardent l’apparence, mais le Seigneur regarde le cœur. » C’est bien ce lieu-là, le siège de nos sentiments, de tout ce qui nous anime, que nous avons à faire grandir. Si ce cœur cherche à s’approcher avec sagesse de la bonté, de la grandeur, de la proximité du cœur du Christ, alors nous marchons vers la splendeur de l’Amour de Dieu.
Avec le souffle de l’Esprit
Ainsi, nous vivrons du souffle de l’Esprit qui nous invite à chasser toutes les cécités qui nous habitent et nous rendent aveugles.
Porter la lumière de Dieu
C’est la lumière de l’Amour de Dieu que nous sommes appelés à faire resplendir par notre témoignage et notre proximité à nos contemporains. Elle nous invite toujours davantage à la conversion, à une croissance humaine et spirituelle qui nous pousse à risquer une parole, une attitude qui nous fait devenir un compagnon de Jésus, compagnon de cette humanité en marche dans la foi et l’espérance.
Oser la confiance
Il s’agit là de lutter contre tout ce qui nous sclérose, nous entrave, cette arthrose spirituelle qui rend le cœur lent à croire. Mais, nous le savons, c’est un long chemin qui s’ouvre à nous. Car il faut du temps pour que notre cœur se dilate, s’harmonise avec le souffle de l’Esprit et avoir du courage pour quitter le connu pour l’inconnu.
Marcher à la suite du Christ
Pourtant, le Chrétien est cette personne qui marche dans les déserts du monde pour proposer l’oasis de la source de l’Amour. Nous ne devons pas être seuls sur le chemin, car un chrétien seul est un chrétien en danger. D’ailleurs, Jésus envoyait ses disciples deux par deux pour pouvoir se soutenir et s’encourager, voire se laisser interroger dans leurs certitudes, parfois fausses.
S’émerveiller du chemin
Aussi, il est important de se laisser interpeler par les rencontres du chemin ; elles nous révèlent ces « signes des temps » auxquels nous devons être attentifs. Ces lumières d’en haut viennent éclairer notre chemin de foi et d’humanité et nous provoquent dans notre marche à la suite du Christ. Jésus lui-même s’est laissé interpeler, provoquer par des rencontres. Souvenons-nous notamment de la Samaritaine la semaine dernière. Ces rencontres ont fait grandir sa foi, sa confiance en l’Amour de Dieu qui vient nous sauver de nos étroitesses d’esprit.
La grâce d’être guéris de tout ce qui nous aveugle
Alors, en ce 4e dimanche de Carême, demandons la grâce – pour nous et tous nos frères et sœurs en humanité –, de nous laisser bousculer par les rencontres. Puissent-elles être pour nous et notre monde une manière d’être guéris de tout ce qui nous aveugle. Ainsi, nous pourrons porter au monde la joie de l’Amour de Dieu.
