Sel de la terre et lumière du monde


Méditations au coeur du monde / vendredi, février 6th, 2026
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Dernière modification 2 heures ago by Chrétien en ce temps

Ce 5e dimanche ordinaire nous sommes appelés à être sel de la terre et porteur de la lumière pour le monde. C’est un appel très ambitieux que nous fait l’Évangile. Il nous faut donc le faire avec sérieux – sans pour autant nous angoisser et nous mettre la pression – pour entrer dans cette dynamique de notre vocation baptismale.

Sel de la terre et lumière du monde ou serviteur de la mission du Christ

Tout d’abord, commençons par nous réjouir. Dieu nous appelle à devenir serviteurs de la mission du Christ, compagnons de Jésus. Cette invitation est à accueillir comme un appel individuel. Nous avons à mettre notre énergie, notre bonne volonté, ce que nous sommes au service de l’annonce de la Bonne Nouvelle, de manière personnelle.

Porter l’Évangile au monde

C’est-à-dire qu’au nom de son baptême, chacun est personnellement responsable de porter l’Évangile au monde. Comme Dieu ne fait pas de nous des mercenaires, mais des compagnons, cette proposition nous concerne tous, comme membres du Peuple de Dieu. Si, tous et toutes nous portons la lumière de Dieu au monde, nous le verrons éclairé de la splendeur de l’amour de Dieu.

Bénir le monde

Dieu nous confie ce monde pour que nous en prenions soin, que nous lui apportions le bien de sa part. Autrement dit, nous avons à être pour ce monde une bénédiction. Hélas, il suffit de regarder un peu autour de nous et aussi en nous, pour voir que ce n’est pas toujours le cas. Nous pouvons aussi faire mémoire de cette phrase de Paul aux Romains : « Je ne fais pas le bien que je voudrais, mais je commets le mal que je ne voudrais pas. » Toutefois, n’entrons pas tout de suite en désespérance et en désolation. Si le Christ nous fait cet appel c’est qu’Il doit – à minima – croire en nous. Son Esprit est à l’œuvre en cet âge pour nous conduire vers des sources de vie où nous pourrons renaître à l’Espérance.

Le monde est sauvé

Il ne nous est pas demandé de sauver le monde – il l’est déjà, mais d’apporter au monde le don de Dieu, la force de l’amour de Dieu. Ni plus, ni moins. Aussi, recherchons ce qui, dans nos vies, peut nous conduire vers davantage de lumière et apporter du sel à nos jours et à ceux des femmes et des hommes de ce temps. Devenir et être disciple de Jésus c’est vivre au cœur du temps, au cœur du monde l’espérance de Dieu pour sa création. C’est-à-dire apporter la Paix, la concorde, la réconciliation de la part du Seigneur.

Sel et lumière dans l’ordinaire du temps

Nous passons trop de temps à chercher ailleurs ce qui sommeille dans la simplicité du temps. Nous cherchons à tort l’extraordinaire, le sensationnel, le merveilleux alors qu’il est là dans l’ordinaire du temps. Dieu se dit toujours dans le « commencement d’une fin d’une brise légère ». Il est cet élan qui nous donne le courage, la volonté et l’audace d’aller vers l’autre. Cet autre dans lequel je suis appelé à reconnaître le visage du Christ. C’est là aussi un appel vers lequel nous avons à marcher aidés de la grâce de Dieu, de sa miséricorde et du compagnonnage de nos frères et sœurs en humanité.

Marcher au cœur de l’ordinaire

C’est dans ce chemin de simplicité, d’humilité, de sagesse que le Seigneur nous demande de marcher pour annoncer son Royaume et sa Justice en plein monde. Nous cherchons souvent – trop souvent – des choses à faire, des projets à réaliser pour faire avancer le Royaume et l’Évangile.

« Être » plus que « paraître »

Mais, nous oublions souvent l’essentiel, qui est d’être avec les autres dans la vérité et la simplicité d’une rencontre. Cette fraternité, cette sororité nous conduit à découvrir le visage de Dieu, les traces de Dieu, en plein monde. Le Seigneur se révèle dans les signes des temps, dans l’ordinaire du temps et non dans la pompe et la gloire.

Servir la mission du Christ

C’est ce que nous pouvons comprendre dans la seconde lecture. Paul nous appelle à compter davantage sur l’Esprit saint que sur nos propres capacités. Certes, elles ne sont pas complètement inutiles, mais Dieu passe surtout au travers de ce que nous sommes profondément, même et peut-être surtout dans notre faiblesse.

Dieu se dit dans la faiblesse

C’est un marqueur important de notre foi, qui proclame que la force de Dieu se tient dans sa faiblesse. N’oublions pas que nous proclamons un messie humilié et crucifié. La force de Dieu tient dans cette fragilité, cette proximité d’un Dieu qui s’est fait homme par amour pour nous. L’incarnation de Jésus, pleinement homme, pleinement Dieu, vient nous le rappeler.

Une attention renouvelée aux plus vulnérables

Elle doit aussi nous inviter à être attentifs à ceux qui sont les plus fragiles, les plus vulnérables. C’est ce que nous entendons dans la première lecture. La solidarité est l’autre nom de la fraternité. Se faire proche de ceux qui sont fragiles ce n’est pas faire œuvre de miséricorde ou faire un acte charitable. Non, c’est simplement être juste dans le sens d’être ajusté à la Parole de Dieu. Nous ne pouvons affirmer avoir la foi si nous ne sommes pas attentifs à ceux qui sont les plus fragiles, les plus vulnérables. Ce serait faire offense à Dieu et surtout à notre humanité.

Nous sommes fragiles

Tous et toutes, nous sommes fragiles, tous nous connaissons des moments de faiblesse physique, morale, spirituelle. Dans ces périodes, nous sommes heureux d’avoir une main qui se tend, qui prend soin de nous. C’est une manière très concrète de louer et de servir le Seigneur à condition que nous le fassions de bon cœur. Nous pouvons demander au Seigneur d’élargir notre cœur et de nous rendre davantage présents aux personnes qui réclament notre proximité. Agir ainsi c’est aussi faire grandir l’Église. Elle est toujours incomplète lorsque des femmes, des hommes, des enfants souffrent dans la solitude ou le mépris.

L’Eucharistie nous rapproche les uns des autres

Être sel de la Terre, lumière du monde c’est aussi et surtout se faire le prochain de chacun. C’est aussi ce que nous célébrons dans l’Eucharistie. Nous rassemblons dans le corps du Christ le corps de ceux qui font l’Église. Lorsque nous communions au Pain de Vie et à la Coupe du Salut, nous rassemblons en une seule prière tous les hommes et les femmes de bonne volonté. Nous demandons alors au Seigneur de nous donner la force d’aller vers nos frères et sœurs en humanité pour annoncer l’insondable amour du Père pour chacun et chacune d’entre eux.

Prions donc pour que notre vie porte du fruit et devienne une vivante offrande à la louange de la Gloire de Dieu.