Dernière modification 11 heures ago by Chrétien en ce temps
Nous sommes toujours dans la joie de Pâques, qui va nous accompagner jusqu’à la fête de la Pentecôte. L’Évangile que nous méditions ce dimanche de la miséricorde est celui qui nous montre la réaction de saint Thomas. C’est un saint qui est bien connu, même au-delà de nos communautés ecclésiales. Il est plus souvent évoqué qu’invoqué !
La miséricorde : c’est Dieu qui vient à notre rencontre
Ce que l’Évangile nous apprend, c’est que Jésus est apparu à ses disciples alors qu’ils étaient enfermés et avaient peur. C’est bien normal, après tout, d’avoir peur vu le châtiment qui a été réservé à leur maître et ami ! Mais ils étaient ensemble. Ils auraient pu se disperser, reprendre une activité normale. Là, ils sont ensemble pour prier et célébrer ensemble, comme nous le dit la première lecture. Jésus vient alors à leur rencontre et vient les consoler, les conforter dans leur mission de disciples et les envoyer. Le don de l’Esprit Saint leur est donné pour offrir la miséricorde de Dieu.
Dieu nous laisse libre
Une fois encore, Dieu n’impose pas son pardon, il n’exige pas que nous le suivions. Il propose et nous sommes libres de rester loin de lui parce que nous ne l’avons pas encore découvert ou que nous refusons de nous laisser aimer. Cette liberté est première mais elle n’entrave en rien le fait que Jésus est venu nous apporter cette vie en abondance de la part du Père. Une vie qui nous libère de nos tombeaux, de nos jugements et de tout ce qui nous enferme. Nous pouvons résumer cela par tous ces sentiments de peur qui peuvent nous habiter. Alors, il nous faut recevoir la Paix, celle du Seigneur.
La Paix conduit à la confiance
La Paix que Jésus nous offre nous conduit à la confiance envers lui, mais aussi et peut-être d’abord envers nous. Nous ne pouvons pas avoir confiance dans la miséricorde de Dieu, dans son fol amour, si nous n’entendons pas sa promesse de vie pour chacun et chacune de nous.
Osons vivre de la miséricorde
Si Dieu nous aime et qu’il nous fait confiance, alors osons vivre de la vie que Dieu nous offre. Il vient aussi, chez nous, dans les lieux clos de notre cœur pour que nous puissions croire au bel amour de Dieu et partir l’annoncer sur les routes humaines.
Le Christ nous conduit vers sa Paix
Le but de la résurrection du Christ n’est pas la victoire du Père pour faire plaisir au Fils ; c’est bien l’assurance que nous sommes conduits plus loin que ce qui nous retient. Dieu nous prend la main pour nous conduire avec son Fils dans la liberté que donne l’Esprit. Cette liberté consiste à vivre en ressuscités à la suite du Christ. C’est lui que nous cherchons à suivre dans le service de nos frères et sœurs. Dans ce chemin, nous sommes porteurs de la consolation de l’Esprit donnée ce jour aux apôtres pour être levain dans la pâte, sources de la Bonne Nouvelle de Dieu pour notre monde.
À la suite du Christ, devenir témoins
Nous n’avons pas à être seuls sur ce chemin, et le fait que le Seigneur se manifeste aux disciples rassemblés nous le fait saisir. Nous sommes appelés à devenir chaque jour davantage un peuple de témoins qui sait lutter ensemble contre ce qui peut le diviser.
Servir
Ainsi, il est important que nous cultivions à la fois individuellement et communautairement notre lien avec le Christ. Chacun de nous est appelé à le rejoindre de manière singulière mais pour servir la communauté tout entière.
Thomas, la confiance et nous
Regardons Thomas qui fait pourtant partie du collège des disciples. Il a du mal à faire confiance à ses pairs et réclame des preuves. Nous pouvons le comprendre facilement. Difficile de croire l’incroyable.
Passer du doute à la foi
Pourtant, Jésus se manifeste à lui, devant témoins, pour l’inviter à passer du doute à la foi. Nous aimerions, sans doute, être comme Thomas. Avoir des preuves tangibles de la présence du Ressuscité. Mais, à l’évidence, le Ressuscité n’est plus factuellement présent au cœur de notre monde. Même si l’Esprit Saint atteste de cette force et de la réalité de sa présence qui nous donne d’espérer contre toute espérance. C’est cela, en fait, croire sans voir. Il s’agit bien de mettre tout notre désir dans l’espérance, dans la force et l’amour du Christ.
La force de l’absence de Dieu
L’absence tangible du Christ à nos yeux nous donne la force pour bâtir en ce monde et en ce temps son Royaume et sa justice. C’est-à-dire que nous avons à tout mettre en œuvre, en son nom et avec tout ce que nous sommes, des conditions pour que le règne du Christ s’établisse. Son amour, sa force de vie nous sont donnés une fois pour toutes, mais il nous revient de les installer dans ce monde. Nous ne vivons pas sous tutelle.
Des femmes et des hommes debout
La résurrection du Christ nous fait devenir des femmes, des hommes debout, responsables et capables. Aidés de la force de l’Esprit, nous pouvons œuvrer pour que la générosité prenne le pas sur l’égoïsme, que le « chacun pour tous » remplace le « chacun pour soi ».
Baptisés dans l’espérance
L’espérance à laquelle nous sommes appelés en ce temps de Pâques nous invite à ouvrir les yeux et les oreilles. Si nous voulons vivre de et dans la miséricorde de Dieu, nous avons à voir et à vivre toutes choses nouvelles.
Reprendre souffle
Pâques, c’est l’ère du renouveau, de ce qui permet de reprendre vie et souffle dans la dynamique de notre baptême. Nous avons renouvelé ces promesses lors de la nuit de la Pâques pour que nous puissions faire davantage de place au Christ ressuscité dans nos vies. Pour cela, nous avons besoin d’accueillir la grâce de Dieu. C’est elle qui nous donne d’espérer contre toute espérance.
Prières et louanges
Alors, une fois encore, prions les uns pour les autres, les uns avec les autres pour garder au cœur l’indispensable louange qui nous tient dans la proximité avec l’Éternel Seigneur de toutes choses. Elle nous permet de reconnaître que le Seigneur nous rejoint dans les Galilée de notre vie. Il nous y accompagne pour nous conduire vers une vie qui est tournée vers l’avenir plutôt que vers les blessures du passé.
Dans la joie de Pâques
Que le feu nouveau de Pâques vienne réchauffer en nous notre foi parfois tiède et éclaire notre route à la suite et en compagnie du Christ ressuscité.
Avec confiance et espérance
Gardons l’espérance et avançons avec confiance sur le chemin qui nous conduit vers la vie, celle que le Seigneur ne cesse de nous promettre. Ainsi, nos lèvres, nos chants et notre voix pourront proclamer comme le psalmiste de ce dimanche : « Ma force et mon chant, c’est le Seigneur ; il est pour moi le salut. »
