La Transfiguration : la montagne de la joie


Méditations au coeur du monde / vendredi, février 27th, 2026
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Dernière modification 6 heures ago by Chrétien en ce temps

Nous poursuivons notre route vers Pâques avec ce deuxième dimanche de Carême. Après le désert de la semaine dernière, c’est sur la montagne, le lieu de Dieu, que nous sommes conduits.

Avec Dieu, déplacer des montagnes

Durant ce Carême, à l’image d’Abram dans la première lecture, nous sommes invités à quitter ce que nous connaissons pour entrer dans la proposition de Dieu. C’est une proposition qui doit provoquer notre écoute, celle du cœur où Dieu vient nous murmurer qu’il a une promesse à accomplir. Cette promesse est celle de son Amour qui se déploie dans la force de sa Parole. Un amour qui déplace les montagnes, « change le rocher en source et la pierre en fontaine » comme le dit le psaume 113 A.

Laisser Jésus nous déplacer

Donc, c’est bien à un déplacement intérieur que le Carême nous expose. Il nous invite à croire que la foi en Jésus déplace les montagnes. Mais nous devons d’abord apprendre à compter sur Lui. Dieu nous donne la force de Sa Parole, de Son Amour pour annoncer au monde la Bonne Nouvelle. Nous en sommes les porteurs – certes dans des vases d’argile, messagers d’une Parole qui nous dépasse, nous déborde et nous déplace.

Avancer vers la montagne de Dieu

Comme Abram, il nous faut accepter le risque de quitter le connu pour nous aventurer un peu plus sur le chemin de Dieu, le chemin qui conduit à l’autre. Ainsi, nous pourrons avancer davantage vers la montagne de Dieu. Nous serons, d’ailleurs, peut-être surpris par sa taille.

Dieu est avec nous

Ne faisons pas une montagne de notre chemin de croissance spirituelle ; Dieu s’occupe de nous pour que nous nous occupions de nos frères et sœurs en humanité. Elle est notre terre promise, le lieu où Dieu nous veut vivants. Nous attachons parfois de l’importance aux lenteurs qui nous ralentissent dans notre croissance, dans notre conversion, mais elles nous permettent de découvrir le chemin parcouru.

Nourrir notre espérance

Ce qui importe le plus, c’est l’espérance que nous mettons dans le don de Dieu. Notre prière peut s’en nourrir et nous pouvons demander au Seigneur de ne pas nous laisser nous désespérer. Nous cheminons toujours en terre promise, Dieu ne nous abandonne pas, « il veille sur ceux qui le craignent, qui mettent leur espoir en son amour » (psaume 32).

La promesse de la Parole de Dieu

C’est cette promesse que Sa Parole nous révèle, qui nous fait grandir et nous conduit à annoncer son Amour et sa Grâce sur les routes des femmes et des hommes de ce temps. C’est un processus lent mais assuré de transfiguration de notre cœur, de notre vie. Si nous faisons confiance à Dieu, si nous mettons nos pas dans les siens, alors nous pourrons changer le monde.

Se mettre en route

En fait, ce qui importe le plus c’est de pouvoir se mettre en route. C’est choisir le Christ pour compagnon de route et marcher à sa suite vers la splendeur du Père. Ce n’est pas un chemin facile pour autant car la marche est longue et les sentiers tortueux. Mais ce qui importe, c’est cette confiance, le fait d’être des compagnons de Jésus marchant ensemble vers la montagne du Seigneur.

Souvenons-nous, et la lecture de la deuxième lettre de saint Paul apôtre à Timothée, lue ce dimanche, nous le rappelle : nous sommes sauvés par grâce. C’est-à-dire que l’Amour que Dieu nous porte est premier. Il n’y a aucun sacrifice, aucun effort, aucune démarche à effectuer pour cela. Dieu nous a aimés le premier et cet amour continue de toujours à toujours.

Sauvés par Grâce

C’est ce que nous révèle l’Évangile de la Transfiguration de ce dimanche. Au-delà de la théophanie qui nous montre une nuée lumineuse, nous entendons le Père proclamer son amour pour son Fils : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie : écoutez-le ! » Cette voix du Père nous rappelle celle prononcée lors du baptême de Jésus.

Écouter la voix du Père

Nous sommes invités à écouter la joie du Père en son Fils. Ainsi, croire en l’Évangile, c’est croire en la joie du Père. C’est donc une proposition pour chercher à être des chrétiens habités de la joie de Dieu.

Chercher la joie du Père

Pourquoi ne pas réfléchir à cela durant notre temps de Carême ? Cherchons de quelles manières la joie de Dieu se manifeste dans notre quotidien. Prenons le temps de lire les signes des temps pour contempler le sourire du Ressuscité qui se donne au fil du temps qui passe. Au travers de ce petit exercice, nous serons sans nul doute surpris de toutes ces occasions de joie que le Seigneur nous propose.

Le Dieu de la joie

Le Dieu et Père de Jésus-Christ est le Dieu de la joie. Il s’approche de nous, il se fait proche de nous pour que nous annoncions, par notre joie, la douceur de son amour. Ainsi, porter l’Évangile, c’est apporter la joie de Dieu, dans cette proximité d’un ami qui chemine à nos côtés. Il faut donc accepter de se laisser habiter par la joie de Dieu ; « avec Jésus Christ la joie naît et renaît toujours » disait le pape François au début d’Evangelii Gaudium. Gardons au cœur cette joie de la proximité de Dieu car il n’est pas un Dieu lointain. Dieu se fait proche de nous dans le prochain, et ce prochain, c’est nous.

Libres dans la joie

Certes, Dieu peut intervenir dans des théophanies, déplacer des montagnes… mais c’est très souvent dans notre vie habituelle qu’il vient à notre rencontre. La Loi, les prophètes préfigurés par Moïse et Élie sur la montagne de la Transfiguration sont des balises pour le chemin mais ne doivent pas nous enfermer dans un rigorisme. Nous avons à apprendre de Jésus l’art du discernement, comprendre ce qui est essentiel, de ce qui est accessoire. Dans tous les lieux où nous sommes, nous sommes invités à chercher davantage ce qui conduit à faire croître la joie du Royaume pour que la Justesse de Dieu soit manifestée. C’est notre mission de chrétiens, baptisés, disciples-missionnaires.

Laisser Dieu nous conduire

Trop souvent nous aimons nous enfermer dans des assurances, dans des schémas confortables, rassurants. Mais il faut laisser Dieu nous dérouter, nous conduire sur le chemin qui mène à la vraie joie. Celle qui ne passe pas, même au cœur des obstacles.

Chercher le visage de Dieu

Alors, comme nous y invite l’antienne d’ouverture de ce 2e dimanche de Carême, cherchons le visage du Seigneur au cœur de nos jours, de nos actions. Demandons de recevoir la grâce de savoir le reconnaître dans l’humble quotidien de nos vies, et nous découvrirons alors que nos cœurs sont habités d’une joie simple mais radieuse.