Devenir témoins du Miséricordieux

Temps de lecture : 3 minutes

Traditionnellement le second dimanche de Pâques est le dimanche de la miséricorde. La miséricorde est cette tendresse bienveillante, attentive du Seigneur à l’égard de ses enfants. C’est cet amour qui est mû par les entrailles à l’image de celui de parents à l’égard de leur enfant. C’est une attitude qui ne juge pas, qui accueille et qui ne cesse de se réjouir des progrès de l’aimé et de partager en tâchant des les consoler au mieux ses tristesses, angoisses et déceptions. Nous sommes donc invités ce dimanche à demander la grâce de devenir, à la suite du Christ, des miséricordieux.Dans l’Evangile de ce dimanche, Jésus se comporte en miséricordieux à l’égard de Thomas. Il ne lui reproche rien, ne lui fait pas de leçon. Il accueille son incrédulité, comme il ne cesse pas d’accueillir les nôtres. Le Seigneur vient transformer ces incrédulités, nos doutes, nos craintes en nous invitant à la confiance et à la Paix.
Dans l’Évangile de ce jour, par trois fois, avant de s’adresser à ses apôtres, Jésus leur dit : « La Paix soit avec vous ». Cette formule est la manière de se saluer chez les Juifs mais elle prend un sens tout particulier dans le contexte de la ressurection et de la venue du Christ Ressucité auprès de ses disciples. Aujourd’hui encore, le Christ veut que sa Paix demeure dans nos coeurs pour que nous soyons aussi témoins de sa réssurection. La Paix est plus du ressort d’une tranquilité inquiète, d’une vigilante bienveillance, que d’une mer d’huile. La Paix est tout sauf l’indifférence et l’ennui. C’est une motion intérieure qui nous met en route avec certitude que le chemin que nous prenons est le bon. Ce chemin est celui où le Seigneur veut que nous devenions ses témoins tels que nous sommes malgré nos détresses, fatigues et contradictions. C’est cette Paix que recherchait, sans doute, Thomas. Il cherchait à avoir confirmation de ce que son coeur inquiet lui murmurait : « Sois sans crainte, le Seigneur est ressucité ». C’est cette Paix qu’il nous faut sans cesse rechercher et en même temps promouvoir. Elle est à la clef d’un témoignage crédible du Ressucité puisque si nous sommes des femmes et des hommes habité.e.s de la Paix de Dieu nous pourrons parcourir le monde en annonçant la Parole de Dieu par et dans toute notre vie.
Témoigner du Ressucité est une exigence personnelle et communautaire.

Nous ne sommes pas des mercenaires de l’amour de Dieu mais ses coopérateurs.

C’est ce que nous fait saisir la lecture des Actes de Apôtres de ce dimanche. Si nous reconnaissons que Jésus le Christ, fils de Dieu, est mort et ressucité nous appartenons à la communauté chrétienne. Cela exige de nous une part d’abnégation plus spirituelle que temporelle tant sa diversité est grande. Le récit des Actes des Apôtres apparaît idyllique et fait rêver sur leur manière unanime de vivre ensemble. Nos communautés du XXIème sont loin d’être aussi fraternelles, inclusives et solidaires… Pourtant c’est là un enjeu essentiel pour qui veut suivre le Christ et en témoigner. Il est nécessaire de pouvoir s’appuyer les uns sur les autres pour que la grâce de Dieu porte davantage de fruit. Nos communautés devraient pouvoir ressembler à celles décrites par les Actes des Apôtres mais malheureusment c’est souvent loin d’être la cas.
Demandons la grâce au Seigneur, tout au long de ce temps pascal, de savoir et de pouvoir nous accueillir, dans notre diversité et nos différences, Sachons faire fi de notre égoïsme, apprenons à sortir de notre confort pour se risquer à la rencontre de l’autre, pour essayer, aidé de la grâce, à accepter ses infirmités et ce qui nous insupporte chez lui. Alors, nous serons une véritable commuanuté des coopérateurs de la grâce de Dieu, témoins du Ressucité, apôtres de la Paix de Dieu dont notre monde et ses habitants ont tant besoin.