Envoyés par le Ressuscité

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Christ est ressuscité, Christ est vraiment ressuscité ! Alleluia, Alleluia !

Nous voici arrivés aux fêtes de Pâques qui marquent la fin du Carême et surtout ces jours de la Passion. Notre cœur devrait pouvoir résonner à l’unisson de la joie qui émerge de la Terre. Jésus, Christ Fils de Dieu s’est relevé d’entre les morts. Il est ressuscité, il est vraiment ressuscité. Telle est notre foi, telle est la foi de l’Église. Toutefois, il se peut que notre cœur, habité de tant de préoccupations, soit resté au tombeau. Demandons alors la grâce d’entrer dans l’espérance, brûlons au feu pascal et plongeons dans l’eau baptismale tout ce qui est en nous puissance de désespérance, tentation, et pulsions de vaine gloire. Renouvelés par la foi de notre baptême nous pourrons ainsi entrer dans ce mystère de la résurrection. Cette assurance que la joie, la vraie, celle qui transcende prend le temps sur tout ce qui peut nous faire cheminer comme en un pays d’errance, où il est impossible de trouver le repos, une épaule sur qui se reposer, une oreille à qui se confier.
Cette marche que nous entreprenons en cette nuit sainte, la nuit la plus sainte de l’année chrétienne, nous montre le chemin du salut. A la suite des témoins de foi et d’espérance nous avons marché vers l’aube de la résurrection. Avec le Christ, ce soir nous sommes invités nous aussi à sortir de nos tombeaux. Non comme des morts-vivants mais que des femmes et des hommes debout, prêts à rendre compte de l’espérance que fait jaillir en eux le Christ Ressuscité. Pour autant, ce n’est pas la fin du chemin mais son commencement. Ce commencement par lequel nous allons va de commencement en commencement vers des commencements qui n’ont jamais de fin comme le dit Grégoire de Nysse. Commencer sans cesse à suivre le Christ, malgré fatigues et contradictions, c’est aller vers un chemin de fécondité. Le Christ nous appelle jours après jours à être les uns pour les autres des porteurs des bons et beaux fruits de sa grâce. Cet enfantement consiste particulièrement à s’atteler à devenir juste les uns envers les autres. Cherchons, habités par la grâce de Dieu, à porter le Christ au monde par toute notre vie. Cherchons à sauver et comprendre la proposition du prochain avant de la condamner, comme nous l’enseigne, Ignace de Loyola,. Puissions-nous être pleinement habités de la charité du Christ. Il a cherché au long de sa vie terrestre à nous indiquer que seule la qualité de cœur compte. Ne cherchons donc pas autre chose que ce qui fait résonance en nous au cœur miséricordieux du Christ. Entraînés dans la joie du Ressuscité demandons la grâce d’être pleinement attentifs à ce qui germe, à ce qui luit, même modestement, au cœur des ténèbres de notre vie et de celles du monde.
Chercher. Ce verbe parcourt toutes les rencontres de Jésus. Les premiers disciples comme les soldats venus l’arrêter sont interrogés par Jésus qui leur demande : « qui cherchez-vous ? Que cherchez-nous » ? Et nous chrétiens du XXIe siècle que cherchez-nous et qui cherchons-nous vraiment ? Chacun peut se poser ces questions dans le silence intérieur de son cœur, dans sa prière intime avec Dieu, Père, Fils, Esprit Saint. En même temps, ces questions doivent être portées par la communauté chrétienne qui doit supporter chacun personnellement dans son chemin de foi à la rencontre du Ressuscité.
Ressuscités avec le Christ nous sommes consolés de toutes tristesses afin d’être constamment envoyés sur les routes de nos frères et sœurs en humanité et en Christ afin de pouvoir leur apporter la joie de le connaître et la capacité de pouvoir le reconnaître au cœur de leur existence. Christ est ressuscité, Christ est vraiment ressuscité ! Alleluia, Alleluia !