La force du Pardon

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La force du PardonLes textes de ce 24e dimanche ordinaire nous amènent à réfléchir sur le pardon. Comment, le pardon que Dieu me donne, dynamise le pardon que je peux donner aux autres ? Ce n’est pas facile de pardonner. Il faut d’abord reconnaître la blessure que l’autre m’a fait. Ensuite, il faut passer de ces « choses abominables que sont rancunes et colères » (Si 27, 30 – 28, 7), comme nous le dit la première lecture, à la force de la miséricorde. Il s’agit d’entrer dans un mouvement de renaissance, qui nous fait replonger dans le bain de notre baptême. C’est lui qui nous donne la force d’aimer davantage en demeurant greffé sur le Christ. C’est de Lui, qui incarne l’Amour fou de Dieu, que nous pouvons tenir la force de pardonner. Seuls, cela ne nous est guère possible car notre blessure est trop vive.

Guérison

Nous avons besoin d’un baume pour la guérir, pour l’adoucir, et reconnaître que seul Dieu peut conférer le pardon et la paix. Lorsque quelqu’un nous a blessé, bien sûr que nous sommes tristes et souvent en colère. Mais, quand bien même ces sentiments seraient justifiés, nous pouvons penser à ceux que nous blessons. Le plus souvent c’est involontaire, mais c’est le fruit, peut-être, de notre orgueil, de notre désir de posséder. Là aussi, il nous faut revenir à la source de l’Amour.

Pardon

Regardons le comportement de Jésus, de sa vie terrestre jusqu’à sa mort. Certes, nous le voyons parfois en colère ou prononcer des paroles dures. Mais, elles ne sont jamais là pour humilier ou blesser. Jésus, qui est le Maître de la Vie, tient à la communiquer. Ses Paroles sont là pour nous réveiller, nous éveiller à la puissance de la vie, de la joie qui émane de la force du pardon. Ses mots forts, sur la croix, « Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font », en sont le parfait exemple.

Amitiés

Dans l’Évangile de ce dimanche (Mt 18, 21-35), Jésus nous demande d’être justes, patients et miséricordieux. En fait, il nous invite à avoir, dans notre cœur, la même manière d’être que dans le sien. Nous sommes tous et toutes des amis dans le Seigneur (Jn 15, 15). Cette amitié doit nous aider à marcher dans la bonté et la miséricorde. Cette route nous conduira à faire l’expérience du pardon ou au moins à demander au Seigneur la grâce d’avoir le « désir du désir de pardonner ».

Reconnaissance

Si nous sommes habités de cette puissance de vie, donc nous serons vraiment les amis de Dieu mais aussi les amis des uns et des autres. Nous reconnaîtrons alors que nous sommes vraiment appelés à vivre en communion les uns avec les autres. C’est par cette reconnaissance que nous pourrons pouvoir recevoir, pour en vivre, la force du pardon. Cela nous aide à reconnaître que si nous ne pardonnons pas, nous ne pouvons pas collaborer à la construction du Royaume de Dieu. Il ne consiste pas en une société parfaite aseptisée mais par une prise de conscience que nous sommes des femmes et des hommes blessés qui ont besoin de pardon et de pardonner pour avancer.

Rénovation

C’est dans cette reconnaissance et dans cet acte d’humilité que nous pourrons, alors, être reconnus dignes du Christ. Nous pouvons aussi, pour entrer davantage dans la rénovation de cette alliance, reprendre calmement ce passage de la prière du Notre Père : « Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés ». Laissons-la résonner dans notre cœur pour entendre ce que Dieu peut nous dire à travers cette demande. Nous prendrons alors, peut-être, conscience que nous ne savons pas comment pardonner ou qu’il est trop difficile de pardonner telle ou telle chose. N’en faisons pas pour autant une obsession, ne nous crispons pas sur cette incapacité temporaire mais demandons-en la grâce au Seigneur.

Enfin, n’oublions pas que, comme le dit François Varillon, à la fin de L’Humilité de Dieu : « L’homme a plus besoin de pardon que de pain ». Puissions-nous alors accueillir le pardon que Dieu ne cesse de nous donner pour entrer dans cette vie promise en abondance.

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