La joie d’être avec Dieu

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La joie d’être avec DieuPour la seconde fois, il nous est impossible de nous rendre dans nos assemblées pour célébrer l’Eucharistie. Pour autant, l’accès au Seigneur ne nous est pas impossible. Sa Parole nous est accessible par l’Écriture. Elle nous révèle la proximité de Dieu, son souci de nous faire comprendre, par son Fils, qu’il nous aime et veut adoucir nos cœurs endurcis. Ce 4e dimanche de Carême, celui du Laetare, nous entraîne dans cette dynamique. Dieu veut nous aider à quitter nos ténèbres, nos opinions toutes faites, pour nous tourner vers la lumière de Sa Joie. Notre marche vers la Joie de Pâques, même et surtout en cette période particulière de confinement, peut nous la faire sentir.

Libération

Dans l’Évangile de ce dimanche, nous contemplons la rencontre du Christ avec un aveugle-né. La question initiale des disciples de Jésus, sur la responsabilité du handicap, peut rencontrer la nôtre. Ce dernier n’est pas la conséquence d’un pêché, d’une offense qui aurait été faite à Dieu. Notre Dieu ne distribue pas les châtiments, les punitions. Il n’enferme pas les personnes dans une fatalité, mais offre la possibilité de faire fructifier, de manière souvent inédite, ces fatalités. Dans l’Évangile, c’est une allégorie de notre aveuglement sur le don de Dieu. Douter de l’Amour de Dieu, le chercher à temps et à contretemps est une chose. Le contrer dans ses œuvres, faire de la casuistique, pour le plaisir d’être en position de supériorité, est un pêché. C’est faire obstacle à sa puissance de résurrection, à cet amour qui remplit nos cœurs de la lumière de sa joie. C’est cette œuvre du Père que le Christ est venue accomplir par son incarnation.

Action

Dieu agit, c’est une certitude, mais nous sommes souvent aveugles à son action. Elle demande notre coopération et notre mobilisation. Il a choisi d’être avec nous, en nous et par nous. Le récit de l’aveugle-né nous le montre bien. Le Christ lui enduit de boue ses yeux et l’invite à se laver à la fontaine de Siloë. Le Christ par son geste guérit l’aveugle, mais sa guérison devient possible par son consentement à ses enseignements. Cette manière de procéder, nous la rencontrons dans notre vie d’Église. Il nous appelle et nous, nous lui répondons. Cela demande une démarche en nous, un déplacement, un consentement.

Don

Dieu se donne à la condition que nous acceptions de le recevoir. Son don, gratuit, n’est pas réservé à quelques-uns, à une sorte d’élite. Nous n’avons pas à valider le don de Dieu. Ne nous comportons pas comme les pharisiens de l’Évangile qui excluent l’aveugle parce qu’il n’est pas conforme à leur théologie. L’Église que le Seigneur construit doit être ouverte au vent de l’Esprit pour que sa joie habite en nous. Trop souvent nous avons pour réflexe de placer des barrières, parce que cela n’est pas conforme à notre manière de penser.

Convocation

Souvenons-nous que nous ne sommes pas Dieu, que son appel résonne souvent comme une provocation comme pour mieux nous mettre en route. Souvenons-nous de cette phrase tirée de la première lecture de ce dimanche : « Dieu ne regarde pas comme les hommes : les hommes regardent l’apparence, mais le Seigneur regarde le cœur ». Ce temps de confinement est pour nous l’occasion de renouveler notre manière d’être avec les autres. C’est une occasion favorable pour la prière d’intercession et la manifestation de notre intérêt réel pour les autres.

Guérison

Que le Seigneur vienne nous guérir de tout ce qui nous aveugle dans notre quotidien. Que la boue de notre suffisance soit lavée à la source de son amour. Ainsi, nous pourrons nous laisser rejoindre par la grâce de la joie donnée lors de notre baptême. Cette joie, qui nous fait devenir le prochain de l’autre, doit nous entraîner à en prendre soin.

Que le Seigneur nous aide, tout au long de ce Carême, de cette semaine, à marcher vers la joie de sa lumière. Nous pourrons ainsi être pour les autres des aveugles devenus voyants. Nous pourrons ainsi les conduire vers la joie de la connaissance intérieure du Christ.

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