Notre vocation est avant tout mission

Notre vocation est avant tout mission
Le Bon Berger

La semaine dernière, l’Évangile nous amenait à nous laisser conduire avec confiance par le Ressuscité. Il confiait à Pierre la responsabilité de faire paître son troupeau, d’en être le berger. Pierre n’en devenait pas le propriétaire mais le garant ; Celui qui a la charge de prendre la suite du Maître, du Pasteur par excellence. Ce dimanche nous retrouvons chez l’évangéliste Jean cette référence aux brebis. Jésus vient préciser sa mission et la mettre en cohérence avec son Père. Jésus n’est pas là à son propre compte, il est l’envoyé du Père. Il a reçu sa mission de Lui.

Envoyés

Cela change radicalement la manière dont nous pouvons comprendre l’Évangile. Il n’est pas l’histoire d’un homme valeureux, sympathique et charismatique qui aurait fait du bien sur son passage. Il est le messie de Dieu, son envoyé, son élu et surtout son Fils. Et parce que le lien entre le Père et le Fils est l’amour incommensurable que donne l’Esprit, il y a une profonde unité entre eux. C’est ce qui fait dire qu’ils sont un. C’est-à-dire qu’il n’y a pas de distension entre eux. C’est pourquoi les brebis du Père ont été données au Fils.

Héritage

Cet héritage est en vue de construire entre les hommes et avec Dieu la même unité. Le but du Père et du Fils est que l’Esprit soit accueilli dans les cœurs des hommes pour que l’Amour y fasse sa demeure. Cette bienveillance de Dieu n’est pas condescendance. Il a choisi de nous créer à son image, donc pleinement libre. Et cette liberté est tellement grande qu’elle nous conduit à passer aux côtés de tant d’occasions de rencontre avec le Christ.

Amour

Le psaume de ce dimanche nous dit « Le Seigneur est bon, éternel est son amour, sa fidélité demeure d’âge en âge ». En entendant cette conviction, cette confession de foi, nous sommes conduits à aimer Dieu davantage. Pour mieux l’aimer et le servir nous avons la responsabilité de l’annoncer. Cette annonce doit non seulement nous remplir de joie mais surtout en être semence pour ceux et celles que nous sommes amenés à rencontrer. Voilà la mission à laquelle nous sommes invités.

Vocation

Ce dimanche est celui également où notre prière doit se faire plus fervente pour les vocations. Spontanément nous pensons aux prêtres, religieux ou religieuses. Ne restreignons pas la vocation à ces derniers. La seule et unique vocation est celle de vivre dans l’Évangile au cœur du monde. Chaque membre de l’Église est appelé à faire fructifier cette vocation reçue lors de son baptême. Ensuite, elle pourra se décliner dans différents états de vie ou engagements à la suite du Christ. La vocation chrétienne est celle de la sainteté, c’est-à-dire à être pour les autres un visage, un témoignage du Christ-Ressuscité.

Fraternité

Il ne suffit pas seulement de faire le bien – ce qui est déjà beaucoup. Notre mission est celle de bâtir la fraternité, de faire que chaque homme, chaque femme se reconnaisse comme digne d’intérêt, comme aimé passionnément par Dieu. Nous avons à porter ce message avec humilité mais gravité. Cela demande de la conversion, de retrouver le sens profond de l’Évangile dans nos diverses communautés d’appartenance.

Conversion

Se convertir c’est entrer dans la reconnaissance de nos insuffisances, c’est être – parfois – un obstacle au passage de l’Amour. Cette radicalité de l’Évangile doit toujours être devant nos yeux. Notre vocation ne pourra se vivre que si l’Évangile est notre nourriture, notre carburant pour notre quotidien.

Profitons donc de cette journée mondiale de prière pour les vocations pour renouveler les promesses de notre baptême. Demandons au Seigneur de nous rendre davantage disponible intérieurement pour mieux le connaître et ainsi le servir librement et joyeusement. Il pourra ainsi nous conduire jusqu’au « bonheur du ciel » comme le dit si bien la prière d’ouverture de ce dimanche.