Vivre du désir de Dieu

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Vivre du désir de DieuNous voici entrés, depuis mercredi, dans ce joyeux temps du Carême. C’est un temps de conversion qui nous invite à choisir ce qui nous fait vivre davantage. Nous pouvons prendre le temps de peser et de creuser notre désir. Désir de Dieu, bien sûr, mais surtout celui du service de l’autre pour Dieu. Notre cœur doit être tourné vers la vie, vers ce qui est dimensionnant, ce qui a du prix.

Séduction

La première lecture nous permet de bien saisir cet appel. Il y a la séduction du serpent, ses arguments bien affûtés, sibyllins. Ce qui est le plus grave ce n’est pas d’avoir cédé à ces derniers mais de s’être laissé entraîner par la jalousie et l’envie. Il a insinué que Dieu était en quelque sorte un égoïste. Qu’il soumettait Adam et Eve en esclavage. À  vrai dire, nul ne connaît les profondeurs de la pensée de Dieu, mais nous pouvons facilement comprendre qu’il n’est pas Celui que nous présente le serpent. Sinon, quel aurait été le but de la Création ?

Bonheur

Dieu ne joue pas avec nous. Il n’est pas un démiurge, mais un Dieu qui a désiré patiemment partager son bonheur. Prenons le temps de nous interroger sur toutes ces occasions où nous sommes aigris, jaloux, envieux. Sommes-nous alors fidèles au désir de Dieu ? Que se passe-t-il en nous dans ces moments ? Ce sont là de bons indicateurs qui témoignent de la vérité de notre vocation. Les mouvements de notre cœur témoignent de notre proximité plus ou moins grande avec le désir de Dieu. Même lorsque nous sommes loin de Dieu, nous en sommes proches. C’est le paradoxe de la miséricorde.

Amour

Il n’y a pas de condamnation définitive puisque l’amour de Dieu, son désir de nous prendre dans son projet de Dieu, est toujours plus grand. Ne craignons pas alors de revenir vers Lui. Le temps du Carême nous propose d’intensifier notre prière, de pratiquer un jeûne qui plaît à Dieu et de partager davantage. Pourquoi ne pas alors rechercher la compagnie d’autres qui cherchent Dieu ? Pourquoi ne pas faire table commune et faire le jeûne de la solitude ? Que nous nous privions de repas, de cigarettes, d’internet ou d’autres choses ne prend son sens que si cela nous rapproche de Dieu et de nos frères et sœurs en humanité. Vivre une tradition, un enseignement qui n’a pas le sens du partage c’est rendre l’Évangile inerte.

Incarnation

Dans le récit des tentations du Christ qui nous est proposé de ce dimanche, Jésus met en garde le tentateur contre l’égoïsme et la solitude du pouvoir. Il lui propose d’exercer son pouvoir de manière totalement désincarnée, sans perspective autre que celle de montrer qu’il en est capable. Dans sa vie publique, Jésus passe son temps à mettre les personnes en relation ou à restaurer leur lien avec la communauté. Tel est son désir de rendre à la personne humaine sa pleine place dans la création. L’occasion pour nous de nous laisser rejoindre par la tendresse du regard de Dieu. De quelle manière entrons-nous en relation avec les autres? Souhaitons-nous les manipuler, les rendre dépendants de notre pouvoir ou portons-nous le désir qu’ils découvrent leur propre dignité, leur propre vocation ?

Grâce

Profitons donc de ce temps du Carême pour en faire devenir une terre de désir. N’en faisons pas un temps terne, triste comme nous pourrions en avoir la tentation. C’est une grande grâce que d’être invité à repartir du Christ, à chercher la manière la plus juste de le faire devenir notre maître et ami. Demandons au Seigneur de nous aider tout au long déjà de cette semaine à faire de nos vies une occasion de désir de communion. Puissions-nous toujours rechercher ce qui la fait vivre et grandir. Nous trouverons alors la présence de Dieu dans notre monde et pourrons en être des témoins fidèles et justes.