Dernière modification 4 heures ago by Chrétien en ce temps
Il y a 50 jours, nous célébrions Pâques, lumière de la vie du Christ pour le monde. Aujourd’hui, nous recevons, avec joie, la plénitude de la vie de Dieu par le don de l’Esprit. Nous sommes ainsi invités à nous ressaisir du don reçu lors de notre baptême et – pour certains et certaines d’entre nous – lors de notre confirmation.
Don de l’Esprit, don de la Joie
Le don de l’Esprit nous appelle à témoigner de la grâce reçue de devenir enfants d’un même Père, appelés à témoigner de la vie même de Dieu. Une vie qui est pleinement tournée vers le don du fol amour de Dieu pour chacun et chacune d’entre nous en vue d’une plus grande joie.
Séquence de Pentecôte
La dernière strophe de la séquence de Pentecôte fait cette prière à l’Esprit : « Donne la joie éternelle. » La joie est sans doute ce qui nous manque le plus, au côté de l’espérance. Elle est ce qui nous permet d’être en plénitude là où nous sommes. Ne la confondons pas avec le bonheur, le plaisir. La joie est plus qu’un sentiment, elle est la certitude intérieure que nous sommes ajustés, aussi possible que cela le soit, à la vie même de Dieu.
Communier à la vie de Dieu
Ainsi, la joie éternelle, c’est communier à la plénitude de la vie même de Dieu, c’est entrer dans son dynamisme, sans peur, sans crainte, sans appréhension. C’est ce que les apôtres semblent avoir découvert le jour de la Pentecôte en s’exprimant selon le don de l’Esprit et compris de tous.
Apprendre à se comprendre
Aujourd’hui encore, malgré tous les outils technologiques, il est difficile de se comprendre. Tant de maux viennent par les mots. Aussi, il faut prendre le temps de se créer un vocabulaire commun, de bien se comprendre sur les mots pour entrer en dialogue avec nos frères et sœurs en humanité. Ainsi, il ne suffit pas de parler la langue de l’autre, de savoir l’interpréter ; il est important de parler le même langage, la même grammaire, le même dialecte même. Sinon, nous n’en finirons pas de créer des conflits, des désaccords et, au final, des frustrations.
Chercher à mieux comprendre et à mieux aimer l’autre
Vivre la Pentecôte, c’est entrer dans un chemin de rencontre avec l’autre pour mieux le comprendre et ainsi mieux l’aimer. L’Esprit nous aide dans cette œuvre de joie qui peut être toutefois difficile. Mais le but final que demande cet effort est tout de même dynamisant : que chacun entende parler en sa langue des merveilles de Dieu, de la joie de l’Évangile.
Aux carrefours du monde
C’est l’appel que la Parole de Dieu ne cesse de nous faire : aller aux carrefours du monde, témoigner par ce que nous vivons que le Christ est au cœur de nos vies. Cela ne nous rend pas particulièrement plus parfaits que les autres, plus vertueux… mais cela réclame de nous une exigence, une bienheureuse vigilance qui nous tient en éveil.
La joie de suivre le Christ
Si nous mettons notre foi dans le Seigneur, si nous choisissons jour après jour, malgré fatigues et contradictions, de le suivre de plus près, nous ne pouvons pas être spectateurs de ce monde, des chrétiens au balcon du monde. Notre appel est de vraiment nous engager en plein monde pour être puissance de vie et force de transformation grâce à l’Esprit qui nous est donné.
Retrouver le charisme de notre baptême
Chacun et chacune d’entre nous porte, au titre de son baptême et de sa confirmation, d’être promesse de choses nouvelles réalisées au nom du Christ. Souvenons-nous que nous sommes au service du Royaume pour la plus grande gloire de Dieu. C’est-à-dire que nous avons à déployer pleinement les grâces de l’Esprit.
Laisser une empreinte
Nous sommes venus, comme le disait le pape François, pour laisser une empreinte, pour vivre et appeler à vivre librement. Cette invitation à la liberté permet de trouver la créativité nécessaire pour contribuer à changer ce monde et lui apporter la joie de la foi. Ce qui nuit à cela, ce sont nos fermetures intérieures, toutes ces voix – qui font le plaisir de l’Ennemi de la nature humaine – qui nous laissent croire que nous ne sommes pas capables. Dans ces moments de doutes, de défiances intérieures, apprenons à compter sur l’Esprit saint : c’est lui qui vient nous aider à faire toutes choses nouvelles, à ouvrir ces portes fermées qui entravent notre liberté et notre marche à la suite du Christ.
La joie des énergies nouvelles
Notre monde a besoin de toutes les énergies, de toutes les femmes et de tous les hommes de bonne volonté, disponibles pour transformer le monde. C’est une mission pour chaque membre du corps du Christ que nous formons.
L’urgence de l’accueil
Aussi, il y a une urgence quant à savoir accueillir celui ou celle qui vient chercher le Christ, celui ou celle qui vient « déranger » nos habitudes, nos traditions, nos « on a toujours fait comme ça ; pourquoi changer ». Nous le voyons dans la première lecture de cette fête de la Pentecôte : Jésus vient « déranger ses disciples » non pour les troubler, mais pour leur apporter la Paix.
Qu’est-ce que la Paix de Dieu ?
La Paix de Jésus n’est pas une paix tranquille, qui évite tous tracas et toutes contrariétés. Elle est même complètement l’inverse : elle vient répandre le feu de l’Amour de Dieu, bousculer l’ordre établi pour que nous allions et portions du fruit. La Paix de Jésus est une paix missionnaire, une paix qui est en envoi. « Je vous donne la Paix », dit Jésus ; il ne dit pas : « Je vous fiche la Paix. » Ce don de la Paix est celui de l’assurance que Dieu sera toujours à nos côtés si nous le choisissons « pour maître et pour ami ». Aussi, cela demande de notre part de la disponibilité intérieure, bien sûr, mais aussi effective.
Sommes-nous toujours disponibles ?
Nous pouvons nous demander, en ce jour de Pentecôte où nous célébrons l’inattendu de Dieu, quelle place faisons-nous à l’imprévu dans nos vies personnelles ou professionnelles ? Sommes-nous disponibles à cet Esprit qui nous invite à faire toutes choses nouvelles ? C’est une question d’audace évangélique pour être en mesure d’annoncer le Christ, Celui qui nous donne de nous réjouir de la joie du Père. Il s’agit, en fait, de l’essentiel de notre vocation baptismale : faire des disciples, conduire des femmes et des hommes à Dieu, pour leur faire découvrir la joie de le connaître. Ce n’est pas une question de rentabilité, mais de fécondité.
Alors, en ce jour de Pentecôte, laissons nos cœurs se dilater dans et par la joie de l’Esprit. Prions aussi pour avoir l’audace de vivre et de annoncer le Seigneur par et dans toute notre vie.

