La gloire de Dieu c’est accueillir la vie en plénitude

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Dernière modification 2 heures ago by Chrétien en ce temps

Nous voici entre l’Ascension et la Pentecôte, que nous célébrons dimanche 24 mai. Pourquoi ne pas profiter de cet entre-deux fêtes pour nous préparer à accueillir, dans la gloire, l’Esprit Saint qui nous sera donné en plénitude ? C’est Lui qui vient nous inviter à faire toutes choses nouvelles en Jésus, le Fils de Dieu. Mais, avant d’agir, il faut que nous veillions à être avec Jésus, à recevoir sa mission, comme lui-même l’a reçue de son Père. Pour cela, nous pouvons prendre le temps de contempler la première lecture de ce 7ᵉ dimanche ordinaire.

Unis pour le Seigneur

Les proches de Jésus se rassemblent dans la chambre haute, l’Église primitive, pour prier avec leurs amis dans le Seigneur, familiers de Jésus. Le texte des Actes des apôtres nous dit que tous ceux qui étaient réunis étaient « d’un même cœur, assidus à la prière. » Nous pouvons nous réjouir de voir une telle unité, une telle communion et une telle diversité dès le début de l’Église. Ils étaient variés, les familiers de Jésus : des femmes, les apôtres et la famille de Jésus.

Prions ensemble pour la gloire de Dieu

Nous pouvons, comme eux, prier d’un seul cœur pour que le Seigneur dispose nos cœurs à accueillir la plénitude de l’Esprit. Souvent – trop souvent même – nous nous laissons absorber par le quotidien, par les tâches à accomplir. Elles ne doivent pas accaparer toute notre vie. N’oublions pas que notre baptême nous appelle à « habiter la maison du Seigneur », comme nous le dit le psaume de ce 7ᵉ dimanche de Pâques.

Redécouvrir l’Amour de Dieu

Il s’agit, en fait, de nous laisser d’abord rejoindre, inviter par la tendresse et la miséricorde du Père. Le premier mouvement est celui de l’Amour de Dieu. Il est au cœur de l’acte créateur et de l’incarnation de Dieu en Jésus. Dieu choisit alors de faire alliance avec nous, de nous conduire à rechercher sa face en ce monde et en ce temps, de tout notre cœur.

Vivre la conversion perpétuelle

C’est là une invitation à la conversion perpétuelle, qui n’est pas la recherche d’une correction de nos écarts, mais la recherche de la manière de devenir davantage témoin de Dieu en ce monde et en ce temps. Pour cela, il nous faut être en relation avec Dieu, donc soigner nos relations avec la création tout entière. Prendre soin des personnes et des choses est un chemin qui peut nous guider vers la conversion perpétuelle.

Chercher la gloire de Dieu dans notre quotidien

Chercher la face de Dieu dans notre quotidien, c’est chercher à « aimer et servir » en toutes choses. C’est la difficulté à laquelle nous sommes toutes et tous confrontés. Comment laisser le Christ déployer, diffuser en notre cœur la force de son amour ? Là devrait être notre recherche quotidienne.

Jésus, présent au cœur du monde

Le Seigneur est toujours présent sur le seuil de nos vies pour nous conduire vers nos frères et sœurs et devenir signe de consolation au nom du Christ. C’est peut-être cela la gloire dont parle Jésus dans l’Évangile de ce dimanche. Il ne s’agit pas de la gloire des autels, des statues et des bâtiments publics. C’est celle de se laisser rejoindre par l’appel de Dieu à devenir pleinement son peuple, fils ou fille dans l’Amour du Père.

Envoyés en mission par le Père

Jésus, dans l’Évangile de ce dimanche, demande au Père de manifester, en Lui, son Amour pour le manifester à son tour. Ainsi, Jésus ne se justifie pas par lui-même ; il remet sa mission entre les mains du Père pour que ce dernier en atteste. Le Fils a été envoyé en mission par le Père, dans la dynamique de l’Esprit, pour « sauver le genre humain » et nous inviter à vivre de ce même élan. C’est, pour nous, répondre à l’appel à devenir davantage ressemblance du Fils pour mieux l’aimer, le suivre et l’imiter davantage.

Porteur des grâces du Royaume

C’est ainsi que nous pourrons accueillir la Gloire que le Seigneur demande au Père pour nous. Comme toute chose qui nous vient du Seigneur, ce don est avant tout une responsabilité, un envoi en mission. Cette Gloire qui nous vient du Père, par le Fils, dans l’Esprit est là pour nous inviter à porter du fruit, à devenir davantage féconds pour construire, en ce monde et en ce temps, le Royaume et Sa Justice.

Porter du fruit

Nous avons à devenir davantage des porteurs de sens, attentifs à tout ce qui germe dans le monde et vient relever, accompagner, soutenir ceux qui ploient sous le poids du jour. Il s’agit bien d’être aux côtés des femmes et des hommes de ce temps, porteurs des grâces du Royaume. Cherchons, avant d’agir, ce qui fait sens, ce qui peut être un levier pour changer le monde et le rendre davantage ressemblant au projet de Dieu. C’est cela être fécond.

Être et non faire

C’est, sans nul doute, se positionner à contre-courant dans notre société où ce qui importe, c’est ce qui est fait et non pas ce qui est. En effet, il ne s’agit pas de chercher à être utile mais à servir, à être pleinement présent aux mouvements du monde, à nos frères et sœurs en humanité, qui cherchent une vie en abondance, la plénitude de l’humanité.

Porter la gloire de Dieu

C’est ainsi que nous pourrons porter, au cœur de ce que nous sommes, le nom de Dieu, Père-Fils-Esprit Saint. C’est dans ce nom que nous avons reçu ce baptême qui nous invite à porter le Christ au monde.

Prier pour mieux aimer

Cela exige de nous que nous nous laissions saisir par l’impératif de la prière, qui doit être le préalable à toutes nos actions. Prier, c’est entrer dans une relation avec Dieu. Cela nous dessaisit de tout impératif productiviste. Nous sommes là tel un « ami qui parle à un ami et se tait pour l’écouter », selon la belle formule d’Ignace de Loyola. Prier n’est pas une perte de temps ; c’est accéder à la plénitude de l’amitié, au fol amour que Dieu porte. C’est aussi prendre le chemin du Christ, que nous voyons tant de fois prier son Père.

En communion

La prière nous met aussi en relation les uns avec les autres et avec ceux et celles qui nous ont précédés. Il s’agit, bien sûr, des saints et saintes du calendrier, portés sur la gloire des autels, mais aussi ceux et celles de la « porte à côté », qui se sont efforcés de pratiquer l’Évangile dans le quotidien de leur vie (François, Angélus de la Toussaint 2015).

Devenir signe et ressemblance du Christ

Alors, en ces temps où nous attendons la plénitude du don de Dieu, n’oublions pas de prier les uns pour les autres, les uns avec les autres. C’est par ce moyen très simple que notre vie pourra devenir signe et ressemblance et que notre cœur pourra ressembler à celui du Christ.

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