Dernière modification 7 heures ago by Chrétien en ce temps
Jésus nous promet le repos
Pourtant, nous ne pouvons pas rester là, interdits par la fatigue, la lassitude, voire l’acédie. L’immobilisme n’est bon ni pour notre corps, ni pour notre âme. Alors, comment profiter de cette promesse de repos que nous fait Jésus ? D’ailleurs, il est rare de le voir se reposer dans l’Évangile ; il est toujours en chemin, en rencontre.
Devenir disciples
Jésus nous invite à prendre du repos, mais à sa suite, en prenant son joug et son fardeau léger parce que nous devenons ses disciples. Vu comme ça, la vie à la suite de Jésus semble plus facile. Hélas, ce n’est pas parce que nous avons la foi, le désir de vivre à la suite du Christ, que nous bénéficions d’un repos absolu et réparateur. Jésus n’est ni une crème de jouvence ni un remède pour les insomniaques.
Porter le joug du Christ
Il nous invite à être avec lui. C’est cela porter son joug. Il faut être deux pour cela : lui et moi. C’est une histoire d’alliance qui nous est proposée une fois encore. Jésus nous propose de marcher avec lui, à son rythme, à son pas. Il ne s’agit pas de courir, mais de marcher et de converser avec Jésus en contemplant ce que la vie nous offre.
D’une vie active à une vie de repos
Nous savons que nous aimons une vie débordée et débordante, qu’il nous semble que le prix de la vie soit dans l’avalanche plus que dans l’abondance, que la recherche du « plus » prenne le pas sur le « davantage ».
Contempler davantage le Christ
Peut-être que nous trouverons ce repos auquel nous aspirons le plus dans la contemplation de l’Évangile, dans l’agir du Christ qui se fait tout à tous, proche de tous et à la fois attentif à chacun. Cela nous est difficile, tant la vie nous aspire et tout déborde. Pourtant, que gagnons-nous à ce déploiement d’énergie qui — parfois — nous consume et consomme notre énergie vitale ? Jésus nous appelle dans cet Évangile à revenir à l’essentiel : à la relation entre lui et le Père.
Accéder à la connaissance de Dieu
Dans cette contemplation, nous découvrirons que l’énergie vitale, c’est la connaissance du Père par le Fils. Il ne s’agit pas d’une connaissance scolaire ou livresque, mais d’une connaissance intérieure qui nous fait devenir davantage des amis dans le Seigneur, des intimes du Seigneur. C’est quelque chose de simple, nous dit Jésus, qui a été caché « aux sages et aux savants » et « révélé aux tout-petits ».
Avec cœur
Ainsi, la révélation, l’alliance entre Dieu et les hommes, n’est pas une question d’intellect, mais de cœur. C’est ce cœur que nous avons tendance à oublier d’écouter. Nous raisonnons bien plus souvent avec notre tête, notre connaissance, mais pas avec ce qui nous met en dynamisme : le cœur. C’est lui qui nous donne d’entendre l’Amour de Dieu frapper à la porte de notre vie ; libre à nous de le laisser entrer ou non.
Louange et témoignage
Dieu est capable de se faire connaître de bien des manières. Mais il est important que notre cœur rencontre et découvre le fol amour de Dieu. Alors, nous pourrons nous laisser aller à la louange, parcourir le monde et témoigner de la joie de connaître le Seigneur.
Vers une plus grande communion
Le sensible, nos émotions, nos motions intérieures nous guident sur le chemin de l’amour de Dieu. Il y a toujours le risque d’instrumentaliser Dieu et la foi, de l’enfermer dans des rites et dans des rythmes. Ces derniers ne sont utiles que s’ils conduisent à un accroissement d’amour et de service envers notre prochain.
Vers un repos spirituel pour mieux servir et aimer
La foi, l’amour de Dieu sont au service de la communion, de la croissance humaine et spirituelle. Nos lieux d’Église sont là pour faire vivre cette croissance, pour éduquer au repos spirituel qui consiste à se laisser aimer par Jésus pour aimer et servir en toutes choses. Cela n’enlèvera pas notre fatigue physique ou le poids du jour, mais donnera une coloration, une orientation bien différente à notre vie.
Être avec Jésus avant de faire pour lui
Toutefois, soyons prudents, car il ne s’agit pas de faire, mais d’être. Prendre le joug du Seigneur ne consiste pas à se surmener, à se surpasser pour Dieu. Il n’a pas besoin de héros, mais de disciples qui rayonnent de la joie de l’Évangile.
Discerner les signes des temps
Laissons vraiment l’Esprit guider notre vie en étant attentifs aux signes des temps, sans forcer, mais en discernant. Par une relecture de nos journées, de nos joies, de nos peines, nous découvrions petit à petit comment l’Esprit a voulu que nous servions. Même l’aridité de nos journées, nos fatigues et agacements méritent d’être relus et présentés au Seigneur. C’est dans ce qui nous semble parfois insignifiant que se glisse le souffle de l’Esprit. Ainsi, petit à petit, se dessine comment nous pouvons mieux servir pour mieux aimer. Mais c’est une question de temps, car nous avons vraiment à laisser le Seigneur façonner notre cœur.
Prière pour les fatigués et les surmenés
Dans cette intimité avec le Seigneur, nous goûterons le repos que le Seigneur veut nous offrir, nous qui sommes « les fatigués, les surmenés », comme le dit Chouraqui dans la traduction d’un des versets de cet Évangile. C’est donc la voie de la prière que nous avons à emprunter.
Offrande de nos vies
Nous pourrons alors offrir au Seigneur cette vie où le repos nous fait tant défaut et recevoir de lui la paix pour annoncer au monde les merveilles de Dieu. Si nous voulons que l’annonce de l’Évangile progresse, cherchons de quelles manières il est possible de faire triompher la paix. Ce n’est pas un exercice facile, tant les « déclarations de guerre » peuvent être faciles au quotidien. Pourtant, sans paix, il n’est pas possible de trouver le repos.
Alors, prions les uns pour les autres, les uns avec les autres, pour que nous soyons davantage des disciples-missionnaires, facilitateurs de repos et témoins de la joie de l’Évangile.

