Dernière modification 2 heures ago by Chrétien en ce temps
« Celui qui donnera à boire, même un simple verre d’eau fraîche, à l’un de ces petits en sa qualité de disciple, amen, je vous le dis : non, il ne perdra pas sa récompense », avons-nous entendu à la fin de l’Évangile (Mt 10, 37-42) de ce 13e dimanche ordinaire. En ces jours de canicule, comment ne pas rendre grâce pour celui qui nous donnera ce « simple verre d’eau fraîche » ? C’est un avant-goût du Royaume.
Qu’est-ce que le Royaume de Dieu ?
Au-delà de la plaisanterie, nous comprenons que le Royaume de Dieu n’est pas une question de quantités, de somme de choses à faire. Nous avons souvent tendance à chercher une rentabilité apostolique, ou même dans la vie ordinaire, un nombre de choses que nous avons accomplies ou à accomplir. Pourtant, ce qui importe, c’est la qualité de ce que nous apportons au monde.
Devenir témoin du Ressuscité
Comment, par notre présence, nos paroles, nos gestes, sommes-nous témoins de la présence consolatrice du Christ ? Cette consolation n’est pas seulement pour les jours de peine ou de tristesse. Elle est le témoignage de la tendresse, de la miséricorde de Dieu qui nous envoie en plein monde pour partager cette proximité. La récompense dont nous parle l’Évangile n’est sans doute pas à comprendre comme une sorte de bonification. Nous n’aurons pas un bon point supplémentaire ou un accès facilité au Paradis parce que nous aurons donné un simple verre d’eau fraîche.
Récompense et service
Notre récompense se trouve dans notre désir de faire la volonté de Dieu, dans cette présence à l’autre pour l’autre. N’œuvrons pas pour obtenir quelque chose, ce serait pervers, malsain et malhonnête. Mais cherchons à œuvrer pour faire avancer le monde vers davantage d’amour, de paix, de fraternité. Ainsi, nous pourrons offrir le salut qui vient de la part du Seigneur.
Une foi qui engage
C’est important d’avoir conscience que notre foi nous engage à l’action, en faveur non seulement de nos contemporains, mais aussi des générations futures.
Faire avancer le Royaume
C’est lorsque nous faisons preuve de solidarité, de compassion, de sollicitude les uns envers les autres que nous nous témoignons du Christ. Ce que nous demande Jésus, c’est avant tout d’être capable de nous laisser renouveler par son appel, de nous laisser entraîner par la nouveauté de l’Évangile qui ne cesse de naître jour après jour.
Ne rien préférer à l’Amour du Christ
Il s’agit vraiment de ne rien préférer à l’amour du Christ, comme le dit saint Benoît. Cet amour doit être le premier car c’est lui qui dynamise l’amour que nous manifestons à nos père, mère, fils et fille. C’est cela que nous dit Jésus dans l’Évangile de ce dimanche. Être digne du Christ, c’est être capable de se laisser entraîner par lui dans son amour qui dépasse tout entendement. C’est en cela que nous serons ses disciples.
Vivre dans la dynamique de l’Amour
Si nous nous cantonnons à un amour particulier – ce qui est déjà bien et difficile – il manquera quelque chose à notre foi. L’amour que le Seigneur réclame de nous est celui par lequel lui et le Père sont unis par la dynamique de l’Esprit saint. C’est un amour circulaire qui ne cesse de se renouveler chaque jour. C’est dans cette source d’amour que nous sommes plongés depuis notre baptême et notre confirmation.
Trouver la force d’aimer
Aussi, nous pouvons demander d’avoir la mémoire de cette grâce, de ce don que le Seigneur nous fait pour vivre en plein monde. Le Seigneur nous invite vraiment à rejoindre son corps en nous laissant conduire par cet amour qui est plus grand que le nôtre. Le préférer, ce n’est pas abandonner et délaisser ceux qui nous sont confiés ; c’est au contraire trouver dans l’amour de Dieu la force de les aimer davantage, à la manière de Dieu. Parce que nous n’avons jamais fini de comprendre la force de cet amour.
Dieu en toutes choses
Pourtant, il est présent dans cette main tendue, dans ce sourire, dans ce merci. Toutes ces petites choses qui font du bien, qui nous entraînent à ne pas nous enfermer dans l’égoïsme et l’égocentrisme, sont signes de l’amour de Dieu. C’est ce même mouvement qui habite la bienfaitrice d’Élisée. Ce prophète lui fait du bien par ses conversions et elle veut donc l’aider en lui offrant le gîte en plus du couvert. Cette femme fait cela par grandeur d’âme, par souci pour le ministère d’Élisée, sans rien attendre en retour.
Découvrir Dieu dans notre désir profond
Pourtant, Élisée lui prophétise un fils. C’est bien plus qu’un verre d’eau, mais c’est le désir profond de cette femme de Shunem. Ainsi, nous voyons comment Dieu, par ses prophètes et les signes des temps, vient à notre rencontre dans l’imprévu d’une rencontre. Nous pouvons y voir un appel à être attentifs aux rencontres que nous avons au quotidien. Elles sont sans doute des jalons de la présence de Dieu dans notre vie, une occasion de manifester sa tendresse aux femmes et aux hommes de ce temps.
Bâtir le Royaume par la louange
Nous pouvons alors laisser monter sur nos lèvres les versets du psaume de ce dimanche (88(89)), notamment la première strophe : « L’amour du Seigneur, sans fin je le chante ; ta fidélité, je l’annonce d’âge en âge. Je le dis : C’est un amour bâti pour toujours ; ta fidélité est plus stable que les cieux. »
Faire mémoire
Souvenons-nous de tout ce que Dieu fait pour nous, de ces verres d’eau – plus nombreux que les annonces de postérité – qui nous ont été offerts pour continuer la route. Chantons cette fidélité, cette proximité de Dieu et ce qu’il ne cesse de faire de bien, de bon pour notre cœur, notre corps et notre âme. Il est vraiment important de prendre le temps de relire notre vie pour y trouver cette présence bénéfique et bienfaisante de Dieu.
Au service de sa majesté
Il est dans ce quotidien qui nous semble banal, répétitif et parfois ennuyant. Mais, si nous faisons l’effort de tendre l’oreille – celle de notre cœur – et d’ouvrir les yeux, nous trouverons Dieu qui se dit au cœur du monde, au cœur de nos vies. Ainsi, c’est la louange de Dieu qui deviendrait notre pain quotidien. Vivre dans cette louange, ce n’est pas se laisser porter par Dieu et regarder le monde se dérouler devant nous. C’est avoir la conviction que Dieu nous prend pour son service afin de changer le monde sous l’impulsion de son amour et de sa tendre miséricorde.
Ainsi, nous devenons davantage ces disciples missionnaires au cœur de cette vie que nous sommes appelés à transformer pour aimer et servir davantage Dieu et le monde.

