Faire croître l’Évangile de la joie

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Dernière modification 4 heures ago by Chrétien en ce temps

Nous poursuivons, ce 27e dimanche ordinaire, nos réflexions autour de la vigne du Seigneur. La question que l’Évangile de ce dimanche nous pose est : que faisons-nous de la vigne que le Seigneur nous confie ? De quelles manières prenons-nous soin de ce trésor ? Il ne s’agit pas seulement de garder la vigne, de l’entourer de hauts murs pour empêcher les intrusions. Il faut aussi en prendre soin pour la faire croître et qu’elle donne de bons et beaux fruits. C’est en substance ce que nous fait comprendre Jésus dans l’Évangile de ce dimanche.

Faire croître l’Évangile

Nous qui avons reçu le don de la foi, nous avons la responsabilité de faire croître l’Évangile. Nous avons à être et devenir chaque jour davantage de fidèles intendants, bons et loyaux, du Royaume.

Entendre l’appel

Cet appel, cette responsabilité s’adresse à chacun de nous dans la singularité de sa personnalité. Elle est une dynamique dans laquelle nous avons à nous installer si nous voulons faire croître le Royaume et sa justice. Toutefois, ayons à l’esprit qu’il ne s’agit pas d’une entreprise à faire croître, mais d’un don à offrir au plus grand nombre. C’est pour cela qu’il est important de prendre le temps d’entendre ce que le Seigneur désire que nous fassions.

Témoins de l’Évangile

Nous ne soulagerons pas toute la misère du monde, ni ne conduirons au baptême toute l’humanité. L’essentiel n’est pas là. Ce qui compte, c’est la manière dont nous manifesterons au monde la tendresse de Dieu. Il s’agit bien d’être d’abord témoin et disciple de Jésus avant de se lancer dans l’action. L’action est utile à la condition qu’elle soit subordonnée à un but précis. Ici, c’est révéler l’Amour de Dieu ou, pour reprendre la parabole de la vigne de ce dimanche : permettre d’avoir de beaux et bons raisins pour qu’ils deviennent ce succulent vin pour les noces de l’Agneau.

Comment faire croître l’Évangile ?

Alors, que faut-il faire ? Garder secrètement le don de la foi et le réserver à certains, choisis pour leur sainteté et leur pureté ? Ou bien sortir de notre confort pour trouver des occasions d’être avec les femmes et les hommes de ce temps ?

Qu’est-ce que la communauté chrétienne ?

Dans son récent voyage à Paris, Léon XIV nous a rappelé, lors des vêpres à la cathédrale Notre-Dame de Paris, que « la communauté chrétienne ne constitue pas un refuge dans lequel on se replierait pour se protéger de son époque. » Il nous a aussi rappelé quelle était la force d’une Église vivante : accueillir la périphérie qui se trouve déjà en son cœur, accueillir celui qui est éloigné mais en réalité déjà proche, accueillir l’étranger en qui le Christ frappe déjà à la porte. Laissons-nous habiter par les mots de ce pèlerin de la paix venu encourager ses frères et sœurs dans la foi. Nous saisirons ainsi davantage quelle est notre mission, celle de l’Église, communauté de croyants.

Devenir des phares pour nos frères et sœurs

Nous ne sommes pas les gardiens d’un musée, mais plutôt ceux du phare, lumière du Christ, qui invite chaque femme et chaque homme à grandir en humanité dans l’Amour. C’est ainsi que nous serons les plus à même de servir le Seigneur et nos frères et sœurs en humanité. Tâchons de demeurer cette « Église en sortie » chère au pape François. Ne faisons pas de nos communautés, de nos mouvements, de nos paroisses des enclaves aux hauts murs où seuls quelques initiés pourraient comprendre ce qui se passe.

« todos, todos, todos »

L’Évangile et l’Église sont « para todos, todos, todos » ; pour tous, tous, tous. Ces mots simples et forts du pape François sont un guide précieux pour nous qui essayons de vivre l’Évangile en plein monde. Si nous nous enfermons, nous risquons de prendre de mauvaises décisions, de ne pas entendre « Jésus qui frappe de l’intérieur de l’Église pour qu’on le laisse sortir. » Agir en ce sens, c’est prendre le risque de la rencontre, d’être sans doute déstabilisé dans ses certitudes, ses habitudes. Pour autant, cela nous invite à sortir du « nous avons toujours fait comme ça. »

Faire croître l’Église

Si nous voulons être cette Église en sortie, une Église disponible à la rencontre aux carrefours du monde, il nous faut de l’audace.

Avoir confiance en Dieu

C’est là que nous pouvons entendre l’appel de Paul dans la seconde lecture. Il nous invite à mettre résolument notre confiance en Dieu, à le mettre en premier dans nos activités pour que nous soyons guidés par la force de l’Esprit. Cette force nous donne de résister à tout ce qui est de l’ordre de la désespérance dans notre monde. Elle nous permet de tenir lorsque le bateau tangue et que la mer se déchaîne. La force de Dieu nous propose de tenir vraiment dans l’espérance que nous promet le Seigneur. Elle n’est pas une promesse sans fondement, une gageure. Elle est l’assurance qu’ensemble nous pourrons éclairer l’obscurité et cheminer entre femmes et hommes de bonne volonté pour construire la paix.

Bâtir la Paix

Cette paix, elle commence d’abord dans les cœurs, avec un désir de réconciliation avec nous-mêmes, puis avec les autres. Bâtir la paix, c’est entendre aussi la voix de Dieu qui nous invite à trouver des chemins de traverse et à construire des consensus. Ce qui importe, ce n’est pas de vouloir avoir raison à tout prix, mais d’écouter ce que l’autre peut nous dire de sa vérité. C’est ainsi que nous pourrons être et devenir davantage des bâtisseurs de paix. Chercher cette voie, c’est aussi se comporter en fidèle disciple du Seigneur.

Faire croître l’œuvre de Dieu

Cette paix, il nous faut la construire à chaque instant, dans nos familles, nos sphères professionnelles, amicales. Elle est une collaboration à l’œuvre de Dieu, à cette vigne du Seigneur qu’il nous revient de faire croître. Cette paix n’est pas juste l’absence de guerres, de bombes qui viennent frapper plus ou moins aveuglément les populations. Elle est aussi et avant tout un combat en faveur de la dignité des femmes et des hommes de ce temps, s’ils n’ont pas de quoi se vêtir, manger, habiter et vivre dignement de leur travail.

Œuvrer à la vigne du Seigneur

Nous pouvons donc demander au Seigneur la grâce d’œuvrer dans sa vigne pour servir et promouvoir cette dignité. Enracinés dans cette espérance, nous pourrons avoir la force, le courage, la conviction d’aller aux carrefours du monde à la rencontre de nos frères et sœurs en humanité et ainsi élargir l’espace de notre tente.

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