Dernière modification 2 heures ago by Chrétien en ce temps
« Car beaucoup sont appelés, mais peu sont élus. » Cette phrase termine le passage de l’Évangile de Matthieu entendu en ce 28e dimanche. Si nous la sortons de son contexte, nous entendons là comme une perspective d’une élite qui pourrait être choisie par le Christ pour le suivre. Cette phrase de Jésus n’est pas une sentence, elle est une invitation à une prise de conscience. Tous nous sommes invités au repas des noces de l’Agneau, le Seigneur ne fait pas de sélection. Mais, parce que le Seigneur nous aime et nous veut libres, cela réclame de notre part une décision éclairée.
Une invitation à la tendresse
Dieu nous offre la foi, il nous invite à découvrir, jour après jour, sa tendresse, sa miséricorde et sa paix. Sa main se tend vers nous, pour que nous prenions la route avec Lui. La foi est toujours de l’ordre de la proposition, jamais de l’imposition.
Devenir compagnons de Jésus
C’est dans le compagnonnage que le Seigneur se révèle et non dans la violence et la contrainte. La vie que nous propose le Seigneur n’est pas une vie stérile, repliée sur soi. Il nous invite à porter du fruit et à élargir l’espace de la tente de la rencontre.
Pourquoi nous refusons cette invitation ?
Oui, le Seigneur appelle, invite, propose largement et abondamment. Mais beaucoup refusent de se rendre aux noces. Ne nous pressons pas pour juger et condamner les autres. Il nous arrive aussi, plus souvent qu’à notre tour, de refuser l’invitation du Seigneur. Nous, chrétiens de longue date, nous sommes parfois sourds à ses appels. Nous préférons d’autres dieux, d’autres tables, d’autres invitations. Comme le dit l’Évangile de ce dimanche, nous sommes « l’un à son champ, l’autre à son commerce ».
La violence des hommes
Pour autant, l’Évangile nous montre des serviteurs zélés, violents même. Ceux qui subissent ce châtiment ne sont pas ceux qui sont « occupés » mais ceux qui veulent nuire à l’appel de Dieu. Cette violence n’est pas la violence de Dieu mais celle des hommes qui se détruisent en volant la liberté de leurs contemporains.
La liberté des enfants de Dieu
Car Dieu ne nous enferme pas dans le refus de son amour, c’est l’homme qui s’enferme dans son refus de Dieu. Ce dernier continue d’appeler d’autres pour entrer dans sa joie. Et qui sait, peut-être que nous serons séduits par cet appel.
La constance de l’appel
La force de Dieu consiste dans la persistance de son appel. Même si nous ne répondons pas la première fois, il vient de nouveau frapper à notre porte. Cette insistance n’est pas du harcèlement, mais une promesse de plénitude dans la liberté. Elle doit toujours être première, car l’appel de Dieu n’enferme jamais. Il nous « conduit par le juste chemin », comme nous le rappelle le psaume de ce 28e dimanche. C’est un chemin, pas une autoroute ou une voie rapide. Ce qui signifie qu’il peut y avoir quelques aspérités dans notre cheminement. Elles sont aussi le lieu où nous pouvons sentir de manière plus pressante l’invitation de Dieu à le suivre de plus près.
Entendre, malgré tout
Même s’il faut parfois tendre l’oreille, au milieu du vacarme du monde, la voix de Dieu est persistante. Alors, il nous revient de rester en éveil si nous voulons que cet appel s’épanouisse en nos vies, en nos cœurs.
Difficile disponibilité
Mais c’est parfois difficile de rester disponible pour accueillir et transmettre la parole et ainsi être les serviteurs de Dieu. Tant de sollicitations nous sont faites, tant de choses nous retiennent captifs et nous empêchent d’être pleinement disponibles aux appels du Seigneur. Nous avons pourtant ce désir qui sommeille en nos cœurs. Mais, nous, nous résistons à ce désir, nous demeurons sur le port à regarder les bateaux au lieu de naviguer.
Difficile réponse
Qu’attendons-nous pour répondre à l’invitation du Seigneur ? Un signe ? Un miracle ? Que le Seigneur déchire les cieux et vienne nous prendre par la main ? Hélas, l’Évangile vient nous révéler toute cette action de Dieu et nous continuons pourtant à ne pas vouloir rentrer nous habiller le cœur dans la salle des noces ou, pire encore, à ne pas répondre à l’invitation de Dieu à participer à ces noces.
Sommes-nous des imposteurs de l’amour de Dieu
Pourquoi sommes-nous si lents à croire, si résistants au bonheur ? C’est sans doute une question de foi, non pas en Dieu mais en nous. Nous ne nous pensons pas capables de mériter une telle joie. Pourtant, la promesse de Dieu demeure. Ne restons pas sur nos infidélités, nos imperfections, nos péchés. Ce sont des excuses qui nous empêchent d’entendre l’appel du Seigneur à célébrer, avec Lui, les noces de la joie.
Mettre sa confiance en Dieu
Si nous mettons notre confiance en Dieu, si nous nous apprêtons le cœur dans cette invitation qu’il nous fait à rejoindre son peuple, alors nous ne manquerons de rien. Cela ne signifie pas que nous deviendrons rentiers jusqu’à la fin de nos jours. Mais que le Seigneur nous soutiendra par sa grâce et son Esprit pour travailler à sa vigne et créer avec Lui le vin des noces de l’Agneau. C’est ainsi que nous deviendrons attentifs à faire le bien, comme nous y invite la prière d’ouverture de ce dimanche.
Travailler au cœur du monde
Il est de notre responsabilité d’œuvrer dans ce monde, au nom du Seigneur, pour qu’adviennent la justice et la paix. Pour cela, engageons-nous pleinement dans le service de nos frères et sœurs. Ne craignons pas de mettre les mains dans la pâte pour faire du monde une vivante offrande à la louange de sa gloire. La force de Dieu est avec nous, et c’est dans la rencontre aux carrefours du monde que nous découvrirons les signes des temps.
Force et espérance
Puisons dans notre cœur la force et l’espérance que le Seigneur nous a confiées à notre baptême. Ainsi, nous entendrons ce que l’Esprit nous donne, nous pourrons devenir, pour nos frères et sœurs en humanité, des relais de la grâce de Dieu. Ne craignons donc pas ses appels, ne nous laissons pas entraîner par des prophètes de malheur qui nous invitent à la désespérance. Cherchons et cultivons l’audace évangélique pour proposer à nos contemporains des havres de paix, d’espérance et de charité.
Va, vers mes frères et sœurs
Ainsi, nous pourrons, nous aussi, à notre tour, inviter largement nos frères et sœurs aux noces de l’Agneau. Nous avons revêtu le Christ lors de notre baptême, ne laissons pas cette robe nuptiale au vestiaire. Allons contre vents et marées à la rencontre de nos frères et sœurs en humanité pour leur proposer un chemin de rencontre avec le Christ.

