Dernière modification 8 heures ago by Chrétien en ce temps
« Heureux », entendons-nous dans l’évangile des Béatitudes, proclamé en ce jour de la Toussaint. Nous pourrions aussi chanter, en ce jour de fête, la chanson de Baloo dans le dessin animé du Livre de la jungle : « Il en faut peu pour être heureux. » Même si elle n’est pas dans nos recueils de cantiques, cette chanson peut nous rapprocher de Dieu et de ce que nous célébrons en ce jour de fête. La simplicité des choses de la vie, de goûter le jour présent comme un cadeau de Dieu, de savourer et célébrer l’amour au quotidien.
Heureux les saints de la porte d’à côté
Tous ceux et toutes celles qui sont proclamés « heureux » dans l’évangile de ce jour, ce sont des gens ordinaires, les « saints de la porte d’à côté », comme disait le pape François.
« Être » plus que « faire »
Pour vivre de cette vie de Dieu qui nous est promise par la fidélité de Dieu, il n’est pas nécessaire de chercher à réaliser de grandes choses. D’ailleurs, pour vivre l’Évangile en plein monde, il ne s’agit pas de faire, mais d’être.
Les Béatitudes : chemin vers le cœur de Dieu
Les Béatitudes sont une suite de situations de vie qui nous montrent le chemin de l’Évangile pour nous rapprocher de Dieu. Elles ne sont pas une liste de situations ou de choses à faire, telle une check-list pour le bon chrétien. Être heureux selon le cœur de Dieu, c’est se laisser porter par l’Esprit pour témoigner de la joie de connaître le Christ. C’est aussi s’enraciner dans l’amour de Dieu qui nous convie à espérer contre toute espérance.
Chercher l’espérance
L’espérance, c’est chercher le visage de Dieu au cœur du temps et nous laisser rejoindre par sa tendresse en ce monde et en ce temps. C’est un véritable défi alors que tant de choses peuvent nous révolter face à des situations d’injustice, de mépris, de manque de sens. Pour autant, nous ne devons pas baisser les bras si nous choisissons de prendre au sérieux la dignité de notre baptême.
Sœurs et Frères en humanité
La marche du monde est le lieu où nous avons à être semence d’Évangile, promesse de fraternité. Notre filiation divine nous place dans ce monde pour être signe de contradiction. C’est-à-dire qu’en habitant pleinement notre monde, nous devons œuvrer pour le transformer. Cela réclame de notre part un véritable travail de conversion intérieure. C’est une invitation à discerner la manière la plus juste d’agir pour être des témoins agissants de la force d’amour de Dieu. Voilà la grande épreuve dont nous parle la première lecture de la Toussaint. C’est une épreuve, car ce n’est jamais facile de tenir l’Évangile pour feuille de route, pour la boussole qui nous conduit à bon port. Il est plus aisé de se laisser aller aux vils comportements de notre monde, à déclarer la guerre qu’à marcher vers la paix.
Heureux témoins de l’Évangile
Si nous voulons être des témoins heureux et crédibles de l’Évangile du Christ, nous ne devons pas oublier que nous sommes envoyés pour être serviteurs les uns des autres.
Tablier de service
Ceindre le tablier de service, c’est estimer que nous pouvons, humblement, apporter à ce monde la joie de l’Évangile. Nous pouvons alors chercher à devenir davantage disponibles pour aimer et changer le monde. Gardons l’espérance que cela est possible, que tout est en notre pouvoir pour apporter au monde davantage de concorde, de douceur et de paix.
Vivre l’appel à la sainteté
C’est ainsi que nous pourrons vivre cet appel à la sainteté qui nous est fait chaque jour depuis le jour de notre baptême. Cet appel consiste à marcher vers la perfection de l’Évangile. Elle ne consiste pas à être sans aspérité, sans reproche, sans désir… C’est avoir au cœur le désir de ressembler au Christ doux et humble mais exigeant. Pour cela, il est important de fréquenter le Christ pour mieux le connaître. Il est difficile de marcher à la suite de quelqu’un dont nous ne savons rien.
À la suite du Christ
Suivre le Christ, c’est chercher à faire resplendir son visage au cœur du monde, au cœur du temps. Ce n’est pas une idole, une star que nous cherchons à suivre sur les réseaux sociaux. Le Christ n’est pas à la mode. D’ailleurs, son message est tellement disruptif qu’il nécessite un réel engagement de toute notre personne.
Devant le Christ en croix
Nous ne pouvons pas suivre le Christ sans nous remettre chaque jour devant sa croix et nous demander, à la suite d’Ignace de Loyola, « ce que j’ai fait pour le Christ, ce que je fais pour le Christ, ce que je dois faire pour le Christ » (Exercices spirituels, n° 53). C’est au travers de cette relation privilégiée avec le Christ que nous pourrons envisager notre vocation baptismale. C’est elle qui nous fait entrer dans l’appel à la sainteté qui nous est rappelé en ce dimanche de la Toussaint.
Sollicitude
Cet appel est une béatitude dans laquelle le Seigneur veut nous conduire pour que nous soyons les uns et les autres dans une mutuelle sollicitude. Cela va plus loin que juste le fait de se supporter mutuellement, ce qui est déjà beaucoup. Il s’agit de s’entre-porter au bien, comme le disait François de Sales, se laisser entraîner au nom de l’amour du Christ. C’est ainsi que nous pourrons devenir « saints » dans une relation saine avec les autres. La perversité dans nos relations, dans notre rapport aux autres, porte atteinte à la dignité et à la sainteté du corps du Christ et de son Église. Ce n’est pas avec de la rancœur et de la rivalité que nous réussirons à établir en ce monde et en ce temps la civilisation de l’amour.
La charité du Christ nous presse
Il est donc important de nous laisser entraîner par la charité du Christ dans tout ce que nous vivons. Pour y parvenir, nous avons besoin du don de l’Esprit qui vient élargir l’espace de notre tente et nous convier à entrer dans une dynamique de conversion toujours plus intense.
Disponibilité apostolique
Nous n’avons jamais fini d’entendre cet appel à laisser la tendresse du Christ faire sa demeure en nous. C’est là une des sources pour entrer vers une plus grande disponibilité apostolique et diffuser dans et par toute notre vie la sainteté de Dieu. Plus nous vivrons de la force de Dieu, plus nous mettrons d’abord notre confiance en lui, plus nous pourrons entrer dans la joie de l’Évangile.
Suivre le Christ de plus près
Alors, en cette fête des « heureux » et des « heureuses », de ceux et celles qui nous ont précédés sur le chemin de l’Évangile avec un réel désir de suivre le Christ de plus près, louons et bénissons le Seigneur. À leur suite, nous parviendrons alors « à la sainteté dans la plénitude de l’amour et passerons de la table des pèlerins au banquet de la patrie du ciel ».

